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Sur la décision
| Référence : | TJ Angers, controle hsc ic, 10 mars 2026, n° 26/00206 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00206 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 18 mars 2026 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL D’ANGERS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
D’ [Localité 1]
Dossier : N° RG 26/00206 – N° Portalis DBY2-W-B7K-IISS
Minute : 26/00206
ORDONNANCE EN PROCEDURE
D’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
M. LE DIRECTEUR DU CESAME
Non comparant, ayant fait ses observations par écrit
DÉFENDEUR :
M. [J] [I]
Comparant, assisté de Me Mélanie CHATELAIS
Mme [G] [I]
Comparante
Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d’ANGERS, assistée de Virginie SCIEUX, greffier,
Vu l’article L3212-1 du code de la santé publique,
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par le directeur de l’hôpital de le 28 février 2026, concernant :
M. [J] [I]
né le 02 Décembre 1987 à [Localité 2]
Vu la saisine en date du 6 mars du directeur de l’hôpital et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de M. [I] [J] .
Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 9 mars 2026,
Vu les débats tenus en audience publique le 10 mars 2026.
M. [I] [J] a comparu et indiqué qu’il n’avait arrêté son traitement que depuis 3 mois. Il demande la main levée de la mesure pour pouvoir gérer sa sitation financière et administrative. Il conteste les avis médicaux ayant conduit à son hospitalisation.
Le tiers a été entendu à l’audience
Maitre Mélanie CHATELAIS a indiqué ne pas avoir d’observation sur la régularité de la procédure
MOTIFS DE L’ORDONNANCE:
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
— ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
— son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2 du I de l’article L. 3211-2-1 ;
Le directeur de l’établissement prononce la décision d’admission :
1° Soit lorsqu’il a été saisi d’une demande présentée par un membre de la famille du malade ou par une personne justifiant de l’existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celui-ci, à l’exclusion des personnels soignants exerçant dans l’établissement prenant en charge la personne malade. Lorsqu’il remplit les conditions prévues au présent alinéa, le tuteur ou le curateur d’un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci.
La décision d’admission est accompagnée de deux certificats médicaux circonstanciés datant de moins de 15 jours, attestant que les conditions prévues aux 1° et 2° du I de l’article L 3212-1 sont réunies.
Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge du Tribunal Judiciaire , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre.
M. [I] [J] né le 2 décembre 1987 a été admis le 28 février à 04h57 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète sur décision du directeur du CESAME en date du 28 février , à la demande d’un tiers, en l’espèce de Mme [I] [Z]orine sa soeur , au vu des conclusions d’un premier certificat médical en date du 28 fevrier à 04h57 émanant du docteur [V] [E] et d’un second certificat médical en date du 28 février à 12h39 émanant du DR [L] [U] , lesquels indiquaient que le patient avait été adressé par la gendarmerie pour altération du comportement dans le cadre d’une rupture de prise en charge therapeutique et d’arrêt de son traitement; les médecins précisent que le patient présentait des troubles du comportement se caractérisant notamment par des propos délirants, une déréalisation, une tension psychique , un syndrome négatif avec isolement, des idées de référence, une majoration de la sthénicité et de l’irritabilité.
Le contenu détaillé de ces certificats médicaux caractérisent pleinement la nécessité de soins en hospitalisation complète en milieu hospitalier spécialisé de par la nature et la gravité des troubles constatés, et sous contrainte puisqu’il n’était pas possible d’obtenir le consentement de M. [I] [J] .
La demande du tiers et les justificatifs d’identité nécessaires, sont joints au dossier.
L’information légale prévue par l’article L 3211-3 portant sur les modalités de cette hospitalisation ainsi que sur les droits des patients a été délivrée à M. [I] [J] le 28 février .
Le juge du Tribunal Judiciaire a été saisi le 6 mars , soit avant l’expiration du délai de 8 jours à compter de l’admission intervenue le 28 février à 04h57 , conformément aux dispositions de l’article L 3211-12-1 du Code de la Santé Publique .
Les conditions légales ont donc été respectées.
Le certificat médical des 24 heures a été rédigé par le docteur [C] le 28 février à 18h58 et le certificat médical des 72 heures a été rédigé par le docteur [S] le 2 mars à 13h28 ; ils comportent les éléments de motivation requis pour justifier en fait et en droit la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte.
La décision de maintien de l’hospitalisation complète a été prise le 2 mars par le DIRECTEUR DE L’HOPITAL et portée le 3 « février 2026 » à la connaissance de M. [I] [J], celui-ci ayant porté manuscritement cette date erronnée par inversion manifeste du 2026/03/02 figurant à l’anglaise sur l’entête de l’acte .
L’ avis motivé en date du 6 MARS 2026 , dressé par le docteur [Y] conclut à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que le patient demeurait psychorigide , méfiant suspicieux, interprétatif sur un versant clairement persécutif, qu’il refusait la réalisation de certains examens somatiques dans une logique délirante, que l’acceptation des soins était fragile et sujette à négociations, que l’hospitalisation sans consentement devait se poursuivre le temps des adaptations thérapeutiques nécessaires.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d’une part, la procédure a été menée régulièrement et que d’autre part M. [I] [J] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de M. [J] [I],
Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.
Ainsi rendu le 10 mars 2026.
Le greffier, Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
Mentions de notification :
Copie de la présente ordonnance transmise à M. [J] [I] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital
Copie de la présente ordonnance transmise à M. le directeur de l’hôpital,
Copie de la présente ordonnance transmise à Me Mélanie CHATELAIS
Copie de la présente ordonnance transmise par lettre simple au tiers demandeur à l’hospitalisation
le
le greffier
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