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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, j l d hsc, 21 janv. 2025, n° 25/00447 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00447 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 24 septembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 5]
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
—
DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N RG 25/00447 – N Portalis DB3S-W-B7J-2QLV
MINUTE: 25/141
Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [C] [R]
né le 07 Janvier 1998 à [Localité 6] (MAROC) (99)
[Adresse 4]
[Localité 3]
Etablissement d’hospitalisation : L'[Localité 7] VILLE-EVRARD, sis [Adresse 2]
présent assisté de Me Simon PAEZ, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice de L'[Localité 7] VILLE-EVRARD
Absente
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 20 janvier 2025
Le 12 Janvier 2025, la directrice de L'[Localité 7] VILLE-EVRARD a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [C] [R].
Depuis cette date, Monsieur [C] [R] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L'[Localité 7] VILLE-EVRARD.
Le 17 Janvier 2025, le directeur de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [C] [R].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 20 janvier 2025.
A l’audience du 21 Janvier 2025, Me Simon PAEZ, conseil de Monsieur [C] [R], a été entendu en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Vu le certificat médical initial établi le 12 01 2025 par le Dr [I] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e) ;
Vu le relevé des démarches de recherche et d’information de tiers pour un patient admis en soins psychiatriques en cas de péril imminent ;
Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé de Ville Evrard en date du 14 01 2025 à effet au 13 01 2025 prononçant l’admission de [C] [R] en hospitalisation complète ;
Vu l’information donnée dans les 24H à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 13 01 2025 par le Dr [K];
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 15 01 2025 par le Dr [N];
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 15 01 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [C] [R];
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 17 01 2025;
Vu l’avis motivé établi le 20 01 2025 par le Dr [V];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 20 01 2025;
Vu le débat contradictoire en date du 21 01 2025;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1 ses troubles rendent impossible son consentement ;
2 son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
Sur le moyen d’irrégularité tiré de l’absence d’avis médical motivé
Le conseil se désiste de son moyen d’irrégularité. Il convient de lui en donner acte.
Sur le fond
[C] [R] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé de Ville-Evrard le 13 01 2025 sans son consentement dans les conditions rappelées ci-dessus.
Le certificat médical établi par le Dr [I] le 12 01 2025 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : patient catatonique, anosognosique, acceptation très fragile et passive aux soins, risque imminent de mise en danger.
Etait constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e).
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment la persistance d’un syndrome catatonique sévère et d’une désorganisation psychique, de la banalisation des troubles, de l’acceptation passive des soins, et du risque de mise en danger et concluaient que la prise en charge de [C] [R] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 20 01 2025 constatait que le patient présentait un contact étrange, un discours flou et confus, que persistait un syndrome catatonique marqué par un ralentissement psychomoteur majeur, une catalepsie, un syndrome extrapyramidal, une anosognosie profonde.
L’avis précisait que l’état de santé de [C] [R] était compatible avec son audition par le juge des libertés et de la détention.
A l’audience, [C] [R] déclarait que ça se passe bien, qu’il a été hospitalisé parce qu’il est tombé malade. Il précise qu’il n’avait pas de traitement à prendre avant d’être hospitalisé et qu’il n’a pas consommé de toxiques. Il est SDF et reçoit des visites de sa belle-sœur. Il attend son passeport pour partir au MAROC. Il pense que c’est mieux s’il quitte l’hôpital.
Le conseil de [C] [R] était entendu en ses observations.
Il résulte de l’ensemble des éléments joints à la requête et contradictoirement débattus à l’audience, que la procédure relative à l’admission de [C] [R] en hospitalisation complète est régulière, et nonobstant les déclarations du patient et observations de son conseil, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [C] [R] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de Ville-Evrard, au centre Henri Duchêne situé [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Donnons acte au conseil de son désistement de ses conclusions d’irrégularité
Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Monsieur [C] [R]
Laisse les dépens à la charge de l’Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,
Fait et jugé à [Localité 5], le 21 Janvier 2025
Le Greffier
Lucie BEAUROY-EUSTACHE
Le premier vice-président
Juge des libertés et de la détention
Raphaëlle AGENIE-FECAMP
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s’oppose :
Déclare faire appel :
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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