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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, j l d hsc, 25 mars 2025, n° 25/02518 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02518 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 23 octobre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 4]
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
—
DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 25/02518 – N° Portalis DB3S-W-B7J-24KV
MINUTE: 25/579
Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Caroline ADOMO, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Madame [V] [X]
née le 10 Août 1998 à [Localité 5] (PORTUGAL)
[Adresse 3]
[Localité 2]
Etablissement d’hospitalisation: L'[Localité 6] VILLE-EVRARD
Présent (e) assisté (e) de Me François GUE, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Monsieur le directeur de L=[Localité 6] VILLE-EVRARD
Absent
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
: A fait parvenir ses observations par écrit le 24 mars 2025
Le 17 mars 2025, le directeur de L=[Localité 6] VILLE-EVRARD a prononcé la décision d=admission en soins psychiatriques de Madame [V] [X].
Depuis cette date, Madame [V] [X] fait l=objet d=une hospitalisation complète au sein de L=[Localité 6] VILLE-EVRARD.
Le 21 Mars 2025, le directeur de l=établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l=hospitalisation complète de Madame [V] [X].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 24 mars 2025.
A l=audience du 25 Mars 2025, Me François GUE, conseil de Madame [V] [X], a été entendu en ses observations.
L=affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Vu le certificat médical initial établi le 16 03 2025 par le Dr [B] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e) ;
Vu le relevé des démarches de recherche et d’information de tiers pour un patient admis en soins psychiatriques en cas de péril imminent ;
Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé de Ville Evrard en date du 17 03 2025 prononçant l’admission de [V] [X] en hospitalisation complète ;
Vu l’information donnée dans les 24H à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 16 03 2025 par le Dr [C];
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 18 03 2025 par le Dr [I];
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 18 03 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [V] [X];
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 21 03 2025;
Vu l’avis motivé établi le 24 03 2025 par le Dr [I];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 24 03 2025;
Vu le débat contradictoire en date du 25 03 2025;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
[V] [X] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé de Ville-Evrard sans son consentement dans les conditions rappelées ci-dessus.
Le certificat médical établi par le Dr [B] le 16 03 2025 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : patiente en rupture de suivi, qui se met en danger, sans domicile fixe, risque de passage à l’acte hétéroagressif, mauvaise conscience des troubles, alliance thérapeutique médiocre.
Etait constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e).
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment la persistance d’un contact étrange, d’un discours diffluent, d’un délire de persécution, d’une adhésion totale, d’une anosognosie profonde, d’un refus des soins et des traitements et concluaient que la prise en charge de [V] [X] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 24 03 2025 constatait que le contact demeurait étrange, que persistait un délire de persécution centré sur son père, qu’elle présentait une légère exaltation de l’humeur, une anosognosie profonde et un refus des soins.
L’avis précisait que l’état de santé de [V] [X] était compatible avec son audition par le juge des libertés et de la détention.
A l’audience, [V] [X] déclare que ça se passe bien. Elle dit avoir été hospitalisée, suite à un abus de pouvoir de son père, qui a prétendu qu’elle avait arrêté son traitement alors que c’était faux. Elle ajoute que ce n’est pas la première fois, que c’est un moyen pour lui de contrôler sa vie, qu’il la couve beaucoup, ne veut pas qu’elle ait des amis. Là elle voulait récupérer son passeport pour rejoindre sa mère au Portugal et comme il ne veut pas, il a appelé la police et les pompiers, et leur a menti. Elle évoque des choses qu’il lui a fait subir quand ils vivaient ensemble, précise qu’elle a fait des études de droit et découvert que c’était passible de prison, qu’elle lui avait dit qu’elle envisageait de déposer plainte et que c’est suite à cela, qu’il l’avait fait hospitaliser. Elle veut juste qu’il la laisse tranquille. Avec les médicaments, elle se fait du mal, donc les médecins vont essayer de la dispenser de médicaments pour voir si son cerveau se répare tout seul. Le traitement est trop lourd, elle perd l’équilibre, est ralentie et a l’impression de ne plus exister avec le traitement. Elle est d’accord pour rester à l’hôpital.
Le conseil de [V] [X] était entendu en ses observations.
Il résulte de l’ensemble des éléments joints à la requête et contradictoirement débattus à l’audience, que la procédure relative à l’admission de [V] [X] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [V] [X] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d=audience aménagée à l=établissement public de santé de Ville-Evrard, au centre Henri Duchêne situé [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d=appel,
Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Madame [V] [X]
Laisse les dépens à la charge de l=Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l=exécution provisoire,
Fait et jugé à [Localité 4], le 25 Mars 2025
Le Greffier
Caroline ADOMO
Le premier vice-président
Juge des libertés et de la détention
Raphaëlle AGENIE-FECAMP
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s=oppose :
Déclare faire appel :
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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