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Sur la décision
| Référence : | TJ Clermont-Ferrand, ch. 6 réf. pdt, 17 mars 2026, n° 25/00946 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00946 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 31 mars 2026 |
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Texte intégral
MEDM/MLP
Ordonnance N°
du 17 MARS 2026
Chambre 6
N° RG 25/00946 – N° Portalis DBZ5-W-B7J-KJXT
du rôle général
,
[X], [Q],
[A], [V] épouse, [Q]
c/
S.A.S. AUVERGNE MACONNERIE FACADE – AMF
et autres
la LANGLAIS BRUSTEL LEDOUX & ASSOCIES
GROSSES le
— la SELARL JURIDOME
— la SCP BLANC-BARBIER-VERT-REMEDEM & ASSOCIÉS
— la SCP LANGLAIS BRUSTEL LEDOUX & ASSOCIES
Copies électroniques :
— la SELARL JURIDOME
— la SCP BLANC-BARBIER-VERT-REMEDEM & ASSOCIÉS
— la SCP LANGLAIS BRUSTEL LEDOUX & ASSOCIES
Copies :
— Expert (ccc)
— Régie (ccc)
— Dossier
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE, [Localité 1]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
rendue le DIX SEPT MARS DEUX MIL VINGT SIX,
par Madame Marie-Elisabeth DE MOURA, Vice-Présidente faisant fonction de Présidente du Tribunal judiciaire de CLERMONT-FERRAND
assistée de Madame Charline SUCHEYRE, Greffière
dans le litige opposant :
DEMANDEURS
— Monsieur, [X], [Q],
[Adresse 1],
[Localité 2]
représenté par la SELARL JURIDOME, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
— Madame, [A], [V] épouse, [Q],
[Adresse 1],
[Localité 2]
représentée par la SELARL JURIDOME, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
ET :
DEFENDEURS
— La S.A.S. AUVERGNE MACONNERIE FACADE – AMF, prise en la personne de son représentant légal ,
[Adresse 2],
[Localité 3]
représentée par la SCP BLANC-BARBIER-VERT-REMEDEM & ASSOCIÉS, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
— La S.A. MIC INSURANCE COMPANY, ès qualités d’assureur responsabilité civile et décennale de la SAS AUVERGNE MACONNERIE ET FACADES (AMF), prise en la personne de son représentant légal ,
[Adresse 3],
[Localité 4]
représentée par la SCP LANGLAIS BRUSTEL LEDOUX & ASSOCIES, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
— Monsieur, [K], [U],
[Adresse 4],
[Localité 5]
non comparant, ni représenté
Après débats à l’audience publique du 10 Février 2026, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour, la décision étant rendue par mise à disposition au greffe.
~ ~ ~ ~ ~ ~
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte authentique de vente en date du 8 septembre 2023, reçu par Maître, [F], Madame, [A], [R], [V] épouse, [Q] et Monsieur, [X], [H], [Q] ont fait l’acquisition d’une maison d’habitation située, [Adresse 5] à, [Localité 6] auprès de Monsieur, [K], [U], pour un prix de 529 000 euros.
Monsieur, [K], [U] a déclaré dans l’acte authentique de vente que les travaux de maçonnerie et de ravalement de façades ont été réalisés par la SAS AUVERGNE MAÇONNERIE FACADE – AMF, les factures correspondantes ont été annexées à l’acte.
Madame et Monsieur, [Q] déplorent aujourd’hui des désordres affectant leur maison d’habitation.
Un procès-verbal de constat a été dressé par Maître, [E], [M] le 13 octobre 2025.
Par actes des 27 et 30 octobre, et 5 novembre 2025, Madame, [A], [R], [V] épouse, [Q] et Monsieur, [X], [H], [Q] ont fait assigner en référé la SAS AUVERGNE MAÇONNERIE FACADE – AMF, la SA MIC INSURANCE COMPANY, en qualité d’assureur responsabilité civile et décennale de la SAS AUVERGNE MAÇONNERIE FACADES (AMF) et Monsieur, [K], [U] afin d’obtenir, en application de l’article 145 du code de procédure civile, l’organisation d’une expertise judiciaire avec mission proposée.
Appelée à l’audience des référés du 13 janvier 2026, l’affaire a été renvoyée sur demande des parties à celle du 10 février 2026 à laquelle les débats se sont tenus.
Par des conclusions en défense, la SAS AUVERGNE MAÇONNERIE FACADE – AMF a conclu, à titre principal, au débouté de la demande d’expertise, et à titre subsidiaire, a formulé des protestations et réserves.
Par des conclusions en défense, la SA MIC INSURANCE COMPANY, en qualité d’assureur responsabilité civile et décennale de la SAS AUVERGNE MAÇONNERIE FACADES (AMF) a formulé des protestations et réserves.
Monsieur, [K], [U] n’a ni pas comparu, ni été régulièrement représenté.
Pour le surplus, il est renvoyé aux assignations et conclusions régulièrement déposées par les parties.
MOTIFS DE LA DÉCISION
À titre liminaire, il y a lieu de rappeler que les demandes des parties tendant à voir « dire et juger » ou « donner acte » ne constituent pas des prétentions, hors les cas prévus par la loi, au sens des dispositions de l’article 4 du code de procédure civile, mais des moyens ou arguments au soutien des véritables prétentions, et ne donneront pas lieu à mention au dispositif.
1/ Sur la demande d’expertise
L’article 145 du code de procédure civile dispose que “S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé”.
A l’appui de la demande, il est notamment versé aux débats :
Un acte authentique de vente du 8 septembre 2023 reçu par Maître, [F], et ses annexes Des photos Un procès-verbal de constat dressé par Maître, [E], [M] le 13 octobre 2025Des factures.
La SAS AUVERGNE MAÇONNERIE FACADE – AMF s’oppose à l’expertise en faisant notamment valoir que, d’une part, les tâches sur la façade sont purement esthétiques et par conséquent, les demandeurs ne pourraient pas fonder leur action au fond sur le fondement des dispositions de l’article 1792-3 du Code civil, et que, d’autre part, les désordres mis en évidence par le constat précité n’affectent ni la solidité de l’ouvrage ni le rendent impropre à sa destination, et par conséquent, les demandeurs ne pourraient pas fonder leur action au fond sur le fondement des dispositions des articles 1792 et 1792-2 du Code civil. Elle soulève aussi que les fissures existaient déjà au jour de la vente. Enfin, elle s’interroge sur l’absence à la cause de l’EURL LIMA, ayant été en charge des travaux de terrassement, et de son assureur.
En l’espèce, il est constant que Madame et Monsieur, [Q] ont fait l’acquisition auprès de Monsieur, [K], [U] d’une maison d’habitation située, [Adresse 5] à, [Localité 6] pour un prix de 529 000 euros.
Les informations contenues dans le procès-verbal de constat produit par les demandeurs mettent en évidence la présence des désordres allégués. En effet, le commissaire de Justice constate notamment :
Dans la salle de bain, « l’existence d’une fissure au sol entre les montants des portes des chambres coté Sud et l’angle de la cloison de douche »,
Que « la partie haute des deux piliers est éclatée au niveau des angles du coffre du volet roulant »,Que « le linteau du châssis présente différentes fissurations verticales avec ramifications sur toute sa longueur ainsi qu’un affaissement du coffre du volet roulant »,Que « la deuxième baie vitrée en partie Ouest comporte différentes fissures horizontales et obliques en angle Est et Ouest »,L’existence d'« une fissure verticale sous le zinc de finition de couverture »,Que « la première baie vitrée en partie Ouest comporte une fissure oblique en angle Ouest avec dégradation du crépi »,« L’existence d’une fissure à l’aplomb du robinet d’eau extérieur de la façade Ouest »,« Sur la façade Sud en partie Est, comprise entre la baie vitrée du salon et le volet roulant du garage comporte différentes fissures sur toute sa longueur »,La présence de tâches sur l’intégralité de la surface du crépi de façade.
Dès lors, il apparaît que le bien immobilier est affecté de désordres dont il convient de définir l’ancienneté.
En conséquence, l’examen des faits et des pièces produites amène à considérer que Madame et Monsieur, [Q] justifient d’un motif légitime pour voir ordonner une expertise judiciaire, à leurs frais avancés, selon les modalités précisées au dispositif de la présente décision.
2/ Sur les frais et les dépens
Les dépens de l’instance seront supportés par Madame et Monsieur, [Q].
PAR CES MOTIFS
Le juge des référés statuant après débats en audience publique, en premier ressort, par ordonnance réputée contradictoire, prononcée par mise à disposition au greffe,
ORDONNE une mesure d’expertise et commet pour y procéder :
Monsieur, [I], [C]
— expert près la cour d’appel de, [Localité 7] -
Demeurant, [Adresse 6] ,
[Localité 8]
OU, A DEFAUT,
Monsieur, [L], [S]
— expert près la cour d’appel de, [Localité 7] -
Demeurant, [Adresse 7] ,
[Localité 9]
Avec mission, en se conformant aux règles du code de procédure civile, de :
1°) Se rendre sur les lieux situés, [Adresse 5] à, [Localité 6], en présence des parties et de leurs conseils juridiques ou techniques ou ceux-ci ayant été dûment convoqués, pour y faire toutes constatations utiles sur l’existence des désordres allégués dans l’assignation, et se munir des outils, échelles, ou tous autres équipements permettant de réaliser les investigations nécessaires dès la première réunion sur site ;
2°) Recueillir et consigner les explications des parties, prendre connaissance des documents de la cause, se faire remettre par les parties ou par des tiers tous autres documents utiles, entendre tous sachants et effectuer d’initiative toutes diligences ou vérifications lui paraissant nécessaires à la solution du litige ;
3°) Etablir un historique succinct des éléments du litige en dressant l’inventaire des pièces contractuelles utiles à l’instruction du litige, notamment les polices d’assurances souscrites, et en recherchant les dates de déclaration d’ouverture du chantier, d’achèvement des travaux et de réception de l’ouvrage ;
4°) Indiquer avec précision, pour les travaux litigieux visés dans l’assignation, qui était chargé de les concevoir, de les réaliser, d’exercer le contrôle de leur exécution ou leur coordination ;
5°) S’il y a lieu, inviter les parties dès le début des opérations d’expertise à appeler en la cause les entreprises dont la responsabilité serait susceptible d’être engagée ;
6°) Dire si des travaux ayant pour but de camoufler ou masquer des désordres ont été entrepris préalablement à la vente ;
7°) Vérifier l’existence des désordres, malfaçons, non-façons ou non conformités allégués, notamment tels que listés dans le procès-verbal de constat dressé par Maître, [E], [M] le 13 octobre 2025, et les décrire ;
8°) Le cas échéant, fournir toutes indications utiles permettant de fixer judiciairement la date d’ouverture de chantier et la date de réception de l’ouvrage ;
9°) Pour chacun des désordres, préciser :
— leur date d’apparition, et s’ils étaient apparents ou non au moment des visites du bien, à la date du compromis, de la réception de l’ouvrage ou de la prise de possession ;
— si les désordres allégués étaient visibles et décelables par un non-professionnel de la construction ;
— si les désordres étaient connus ou auraient dû être connus par le vendeur ;
— s’ils ont fait l’objet de réserves et/ou de reprises, et dans l’affirmative à quelle date, en indiquant si les travaux de reprise sont satisfaisants ;
— plus précisément en matière de construction, s’ils sont apparus dans l’année qui a suivi la réception des travaux et s’ils ont été dénoncés dans l’année de parfait achèvement ;
— leurs conséquences quant à la solidité, et/ou l’habitabilité, et/ou l’esthétique du bâtiment, et, plus généralement quant à l’usage qui peut en être attendu ou quant à la conformité à sa destination ;
— si les travaux réalisés présentent un risque de dangerosité pour les personnes et/ou un risque d’effondrement ;
10°) Rechercher les causes et les origines des désordres, malfaçons ou non façons, sans omettre de préciser si les travaux litigieux ont été conduits conformément aux documents contractuels, aux règles de l’art habituelles et communément admises en la matière par les professionnels de la branche concernée ou à la réglementation technique spécifique en matière de DTU et si ces désordres proviennent d’erreurs de conception, de vices de construction, de vices des matériaux ou de malfaçons dans leur mise en œuvre ou s’ils présentent toutes les caractéristiques de vices cachés ;
11°) Décrire les travaux nécessaires pour remédier aux désordres, malfaçons ou non façons constatés, en évaluer le coût, la durée et les contraintes pouvant en résulter pour les occupants, au besoin en s’appuyant sur des devis fournis par les parties et en expliquant précisément les solutions possibles ;
12°) Préconiser en cas d’urgence et de péril imminent pour la sécurité des personnes ou la pérennité des biens toutes mesures et travaux conservatoires lui paraissant utiles, en diffusant dès lors une note sans attendre la formalisation du pré-rapport ou du rapport d’expertise ;
13°) Prescrire si besoin un relogement durant lesdits travaux dans des conditions similaires ;
14°) Donner tous éléments techniques et de fait permettant au tribunal :
— de déterminer les responsabilités éventuellement encourues, en proposant en cas de concours de responsabilité entre plusieurs intervenants à la construction des pourcentages de responsabilité ;
— d’apprécier les préjudices de toutes natures éventuellement subis, notamment les préjudices financier et moral, ainsi que les troubles de jouissance, et en proposer une évaluation chiffrée ;
15°) S’expliquer techniquement dans le cadre des chefs de mission ci-dessus énoncés sur les dires et observations des parties qu’il aura recueillis après le dépôt de son pré-rapport et, le cas échéant, compléter ses investigations ;
16°) Proposer, sur la base de ses conclusions et le cas échéant, un compte entre les parties ;
17°) Plus généralement, donner tous éléments pouvant apparaître utiles à la solution du litige.
DIT que l’expert pourra s’adjoindre tout spécialiste de son choix dans une spécialité autre que la sienne, à charge pour lui d’en informer préalablement les parties, le magistrat chargé du contrôle des expertises et de joindre l’avis du sapiteur à son rapport,
DIT que si le sapiteur n’a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis devra être immédiatement communiqué aux parties par l’expert,
DIT que l’expert fera connaître sans délai son acceptation, qu’en cas de refus ou d’empêchement légitime, il sera pourvu aussitôt à son remplacement,
DIT que l’expert commis pourra sur simple présentation de la présente ordonnance requérir la communication, soit par les parties, soit par des tiers de tous documents relatifs à cette affaire,
DIT que l’expert commis, saisi par le greffe, devra accomplir sa mission en présence des parties ou elles dûment convoquées, les entendre en leurs dires et explications, en leur impartissant un délai de rigueur pour déposer leurs dires écrits et fournir leurs pièces justificatives,
DIT que Madame, [A], [R], [V] épouse, [Q] et Monsieur, [X], [H], [Q] feront l’avance des frais d’expertise et devront consigner globalement au greffe une provision de TROIS MILLE CINQ CENTS EUROS (3.500,00 €) TTC avant le 31 mai 2026,
RAPPELLE qu’à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités imparties, la désignation de l’expert sera caduque à moins que le juge, à la demande d’une des parties se prévalant d’un motif légitime, ne décide une prorogation du délai ou un relevé de la caducité,
DIT que l’expert devra commencer ses opérations d’expertise dès qu’il sera averti que les parties ont consigné la provision mise à leur charge,
DIT que lors de la première réunion d’expertise laquelle devra se dérouler dans un délai de deux mois à compter de l’avis donné par le greffe de la consignation de la provision, l’expert devra, en concertation avec les parties, dresser un programme de ses investigations, et proposer d’une manière aussi précise que possible le montant prévisible de ses honoraires, de ses frais et débours, ainsi que la date de dépôt du rapport avant d’adresser ces informations au juge chargé du contrôle de l’expertise, à l’appui d’une demande d’ordonnance complémentaire fixant le montant de la provision complémentaire ainsi que le délai prévu pour le dépôt du rapport,
DIT que l’expert commis devra communiquer aux parties et à leur conseil respectif un pré-rapport contenant l’ensemble de ses appréciations littérales et chiffrées, ainsi que l’ensemble de ses conclusions, au moins un mois avant la date de dépôt du rapport d’expertise, en invitant les parties à présenter leurs observations,
DIT qu’après avoir répondu de façon appropriée aux éventuelles observations formulées par les parties, l’expert commis devra déposer au greffe un rapport définitif de ses opérations avant le 17 mars 2027, date de rigueur, sauf prorogation des opérations dûment autorisée par le juge sur demande de l’expert,
DÉSIGNE le magistrat chargé du contrôle des expertises pour suivre les opérations d’expertise et statuer sur tous incidents,
LAISSE les dépens à la charge de Madame, [A], [R], [V] épouse, [Q] et Monsieur, [X], [H], [Q],
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire à titre provisoire.
La greffière, La présidente,
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