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Sur la décision
| Référence : | TJ Grasse, réf. jcp, 4 nov. 2025, n° 25/01028 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01028 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 29 décembre 2025 |
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Texte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRASSE
Juge des contentieux de la protection
Référé
[Adresse 5]
[Localité 1]
[Y] [X], [E] [W] [Z] [D]
ORDONNANCE DE REFERE DU 04 Novembre 2025
DÉCISION N° : 25/00167
N° RG 25/01028 – N° Portalis DBWQ-W-B7J-QKPS
DEMANDEURS
Monsieur [Y] [X]
né le 01 Décembre 1940 à [Localité 7]
[Adresse 4]
[Localité 3]
représenté par Me Isabelle SILVANO, avocat au barreau de GRASSE, avocat plaidant
Madame [E] [X]
née le 29 Décembre 1946 à [Localité 9]
[Adresse 4]
[Localité 3]
représentée par Me Isabelle SILVANO, avocat au barreau de GRASSE, avocat plaidant
DEFENDERESSE
Madame [Z] [D]
née le 10 Septembre 1977 à [Localité 11]
[Adresse 6]
[Adresse 8]
[Localité 2]
non comparante, non représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Madame CHASSAIN Caroline, siégeant en qualité de Juge des contentieux de la protection
Greffier : Madame BOYER Laurence
A l’audience publique du 04 Septembre 2025, après débats, l’affaire a été mise en délibéré, avis a été donné aux parties par le tribunal que la décision sera prononcée par la mise à disposition au greffe à la date du 04 Novembre 2025.
Expéditions et copies exécutoires délivrées aux parties le : 04 Novembre 2025.
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X] ont donné à bail à Madame [Z] [D] un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 6] à [Localité 10] par contrat en date du 30 novembre 2023.
Des loyers demeurant impayés, Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X] ont fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail le 7 mars 2025 puis, les causes du commandement n’ayant pas été apurées, ont assigné Madame [Z] [D] devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal Judiciaire de GRASSE statuant en référé pour obtenir la résiliation du contrat de bail, son expulsion et sa condamnation au paiement de l’arriéré locatif.
A l’audience du 4 septembre 2025, Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X], représentés par leur conseil, demandent au tribunal de :
— constater l’acquisition de la clause résolutoire ;
— ordonner l’expulsion de Madame [Z] [D] ;
— ordonner le transport et la séquestration des biens et objets personnels à ses frais et risques ;
— la condamner au paiement de la somme provisionnelle actualisée de 7.850 euros correspondant à l’arriéré locatif arrêté au 4 septembre 2025 ;
— la condamner au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation jusqu’à la libération effective des lieux correspondant au montant actuel du loyer et des charges ;
— la condamner au paiement de la somme de 2.000 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens, en ce compris le coût du commandement de payer.
Madame [Z] [D], citée à étude, n’est ni présente ni représentée.
SUR QUOI
L’ordonnance est réputée contradictoire en application de l’article 472 du code de procédure civile, du seul fait qu’elle est susceptible d’appel.
Sur la résiliation
— sur la recevabilité de l’action
Une copie de l’assignation a été notifiée à la Préfecture des Alpes Maritimes par la voie électronique le 20 juin 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
— sur l’acquisition des effets la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, dans sa rédaction applicable au présent litige, prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux » .
Le bail conclu le 30 novembre 2023 contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 7 mars 2025 pour la somme en principal de 3.350 euros. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 7 mai 2025.
L’expulsion de Madame [Z] [D] sera donc ordonnée.
Le sort des meubles éventuellement laissés dans les lieux est spécifiquement organisé aux articles R.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution au titre des opérations d’expulsion de sorte qu’il n’y a pas lieu d’ordonner leur enlèvement, leur transport ni leur séquestration, qui demeurent à ce stade purement hypothétiques.
Sur la demande de condamnation au paiement de l’arriéré locatif
Aux termes de l’article 835 du code de procédure civile, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Le montant de la provision allouée en référé n’a d’autre limite que le montant non sérieusement contestable de la dette alléguée.
Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X] produisent un décompte démontrant que Madame [Z] [D] reste leur devoir la somme de 7.850 euros à la date du 4 septembre 2025.
Madame [Z] [D], non comparante, n’apporte aucun élément de nature à contester le principe et le montant de cette dette.
Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X] ayant sollicité la condamnation de Madame [Z] [D] au paiement d’une indemnité d’occupation comme si le bail s’était poursuivi normalement, l’actualisation de leur demande arrêtée au 4 septembre 2025 peut être prise en compte par la juridiction.
Madame [Z] [D] sera par conséquent condamnée à titre provisionnel au paiement de la somme de 7.850 euros correspondant à l’arriéré locatif arrêté au 4 septembre 2025.
Madame [Z] [D] sera par ailleurs condamnée au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle pour la période courant du 7 mai 2025 à la date de la libération effective et définitive des lieux prenant effet à la remise des clés. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée à la somme de 750 euros (représentant le montant du loyer actuel et des charges).
Sur les demandes accessoires
Madame [Z] [D] supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de sa notification à la Préfecture.
Compte tenu des démarches judiciaires que Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X] a dû accomplir, Madame [Z] [D] sera condamnée à leur verser la somme de 1.000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Il est rappelé que la présente décision est exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS,
Statuant en référé, en qualité de juge des contentieux de la protection, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort, mise à disposition au greffe,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 30 novembre 2023 entre d’une part Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X] et d’autre part Madame [Z] [D] concernant l’appartement à usage d’habitation situé [Adresse 6] à [Localité 10] sont réunies à la date du 7 mai 2025.
ORDONNE en conséquence à Madame [Z] [D] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente ordonnance.
DIT qu’à défaut pour Madame [Z] [D] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Monsieur [Y] [X] et Madame [E] [X] pourront, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique.
DIT n’y avoir lieu à ordonner l’enlèvement, le transport et la séquestration des meubles éventuellement laissés sur place.
CONDAMNE Madame [Z] [D] à payer à Monsieur [Y] [X] et à Madame [E] [X], à titre provisionnel, la somme de 7.850 euros correspondant à l’arriéré locatif arrêté au 4 septembre 2025 (loyer de septembre 2025 inclus).
CONDAMNE Madame [Z] [D] à payer à Monsieur [Y] [X] et à Madame [E] [X], à titre provisionnel, une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 7 mai 2025 jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés.
FIXE cette indemnité mensuelle d’occupation à la somme de 750 euros.
CONDAMNE Madame [Z] [D] à verser Monsieur [Y] [X] et à Madame [E] [X] la somme de 1.000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
CONDAMNE Madame [Z] [D] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de sa notification à la Préfecture.
RAPPELLE que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
AINSI FAIT ET JUGE LES JOUR, MOIS ET AN INDIQUES CI-DESSUS.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
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