Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, tptg, 12 mars 2026, n° 25/11692 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/11692 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 23 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITE DE TOURCOING
N° RG 25/11692 – N° Portalis DBZS-W-B7J-2BZX
JUGEMENT
DU : 12 Mars 2026
Syndic. de copro. [Adresse 1]
C/
[W] [P]
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 12 Mars 2026
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR
Syndic. de copro. [Adresse 1], dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Me Julien BRIOUT, avocat au barreau de LILLE
ET :
DÉFENDEUR
M. [W] [P], demeurant [Adresse 3]
comparant en personne ;
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 14 Janvier 2026
Catherine DEREGNAUCOURT, Juge, assisté(e) de Saïda SELLATNIA, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 12 Mars 2026, date indiquée à l’issue des débats par Catherine DEREGNAUCOURT, Juge, assisté(e) de Kelly PIETIN, Greffier
EXPOSE DU LITIGE :
M. [W] [P] est copropriétaire des lots 15 et 125, situés dans l’ensemble immobilier [Adresse 1], [Adresse 4] à [Localité 1].
Faisant valoir que des charges de copropriété sont impayées, le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] (ci-après désigné le syndicat des copropriétaires), pris en la personne de son syndic la SAS [Adresse 5], a fait assigner, par exploit du 01er octobre 2025, M. [P] devant le tribunal de proximité de Tourcoing aux fins de condamnation à lui payer les sommes de :
4040,99 euros au titre des charges de copropriété au 3 septembre 2025, somme à parfaire au jour de l’audience, avec intérêts judiciaires à compter du 06 août 2025 ;1000 euros à titre de dommages-intérêts1200 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens en ce compris le coût du commandement de payer.
A l’audience du 14 janvier 2026, le syndicat des copropriétaires, régulièrement représenté par son conseil, maintient ses demandes initiales fondées sur les articles 10 et suivants de la loi du 10 juillet 1965 sauf à actualiser le montant de la dette à la somme de 4191,82 euros. Il s’en remet à l’appréciation du tribunal sur la demande de délais de paiement adverse.
M. [P] demande le bénéfice de délais de paiement. Il explique qu’il va effectuer un paiement prochainement ayant mis l’immeuble en vente et qu’il a fait des démarches pour une procédure de surendettement. Il propose de s’acquitter à hauteur de 500 euros par mois.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 12 mars 2026.
MOTIFS DE LA DECISION :
Sur la demande en paiement des charges de copropriété et provisions :
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux, la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5.
Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges.
Lorsque le règlement de copropriété met à la seule charge de certains copropriétaires les dépenses d’entretien et de fonctionnement entraînées par certains services collectifs ou éléments d’équipements, il peut prévoir que ces copropriétaires prennent seul part au vote sur les décisions qui concernent ces dépenses. Chacun d’eux dispose d’un nombre de voix proportionnel à sa participation auxdites dépenses.
L’article 10-1 de cette même loi et dans la même version dispose que : « Par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné :
a) Les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur ;
b) Les frais et honoraires du syndic afférents aux prestations effectuées au profit de ce copropriétaire. Les honoraires et frais perçus par le syndic au titre des prestations qu’il doit effectuer pour l’établissement de l’état daté à l’occasion de la mutation à titre onéreux d’un lot, ou de plusieurs lots objets de la même mutation, ne peuvent excéder un montant fixé par décret ;
c) Les dépenses pour travaux d’intérêt collectif réalisés sur les parties privatives en application du c du II de l’article 24 et du f de l’article 25 ;
d) Les astreintes, fixées par lot, relatives à des mesures ou travaux prescrits par l’autorité administrative compétente ayant fait l’objet d’un vote en assemblée générale et qui n’ont pu être réalisés en raison de la défaillance du copropriétaire.
Le copropriétaire qui, à l’issue d’une instance judiciaire l’opposant au syndicat, voit sa prétention déclarée fondée par le juge, est dispensé, même en l’absence de demande de sa part, de toute participation à la dépense commune des frais de procédure, dont la charge est répartie entre les autres copropriétaires.
Le juge peut toutefois en décider autrement en considération de l’équité ou de la situation économique des parties au litige. ».
L’obligation de paiement s’applique aux sommes dues en vertu des comptes définitifs approuvés par l’assemblée générale mais aussi aux provisions qui doivent servir au financement des dépenses du syndicat.
A l’appui de sa demande, le syndicat des copropriétaires verse aux débats :
un relevé de propriété ;le contrat de syndic du 6 juin 2023les procès-verbaux d’assemblée générale ;les appels de provisions ;le décompte en date du 03 septembre 2025.
Il résulte de ces pièces que s’agissant des charges, provisions sur charges et cotisations au fonds travaux, la créance du syndicat des copropriétaires est justifiée en principal.
S’agissant des frais de l’article 10-1, ceux-ci sont justifiés concernant la mise en demeure du 31mai 2024 (60 euros) et la relance du 28 juin 2024 (30 euros). Les honoraires du syndic et les frais d’envoi du dossier à l’avocat seront réduits à la somme de 150 euros. Ainsi le total de ces frais doit être fixé à la somme de 240 euros, auxquels s’ajouteront les dépens de l’instance et l’indemnité de procédure.
En conséquence, M. [P] sera condamné au paiement de la somme de 3885,82 euros avec intérêts au taux légal à compter du 06 août 2025.
Sur la demande de dommages-intérêts :
Selon l’article 1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
En l’espèce, M. [P] ne s’acquitte pas régulièrement des charges de copropriété. Toutefois, le défaut de paiement répété ne suffit pas, en l’espèce, à caractériser sa mauvaise foi.
Par ailleurs, le syndicat des copropriétaires n’établit pas l’existence d’un préjudice distinct de celui réparé par les intérêts moratoires.
La demande de dommages-intérêts sera rejetée.
Sur les délais de paiement :
Selon l’article 1343-5 du code civil, le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues.
En l’espèce, compte tenu de la relative modicité de la dette restant due, des efforts de paiement de M. [P] et de sa situation financière actuellement obérée, il y a lieu de l’autoriser à s’acquitter de sa dette dans les conditions fixées au présent dispositif.
Sur les demandes accessoires :
Succombant à l’instance, M. [P] sera condamné aux dépens, lesquels n’incluent pas les frais du commandement de payer.
L’équité commande de condamner M. [P] à payer au syndicat des copropriétaires une somme de 800 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, incluant les frais du commandement de payer.
PAR CES MOTIFS :
Le Tribunal, statuant publiquement, par jugement contradictoire et en premier ressort,
Condamne M. [W] [P] à payer au syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1], représenté par son syndic la SAS [Adresse 6] [Adresse 7], la somme de 3885,82 euros au titre des charges et provisions sur charges, appelées du 21 décembre 2023 au 03 septembre 2025 avec intérêts au taux légal à compter du 06 août 2025 ;
Autorise M. [W] [P] à se libérer de sa dette en 7 mensualités de 500 euros, la dernière mensualité étant majorée du solde de la dette, le 5 de chaque mois et pour la première fois le 5 du mois suivant la signification de la présence décision ;
DIT que faute pour M. [W] [P] de payer la mensualité ainsi fixée à bonne date, dès le premier impayé et 15 jours après l’envoi par lettre recommandée avec accusé de réception par d’une mise en demeure de payer demeurée infructueuse, l’intégralité du solde de la dette deviendra immédiatement exigible ;
Déboute le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1], représenté par son syndic la SAS Square Habitat Nord de France, de sa demande de dommages-intérêts ;
Condamne M. [W] [P] à payer au syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1], représenté par son syndic la SAS [Adresse 5], la somme de 800 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
Condamne M. [W] [P] aux dépens ;
Rappelle que le présent jugement est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
Ainsi, jugé et prononcé par mise à disposition au greffe le 12 mars 2026
Le Greffier Le Juge
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Garde à vue ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Électronique ·
- Mali ·
- Interprète ·
- Liberté ·
- Personne concernée ·
- Notification
- Créanciers ·
- Saisie immobilière ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Caducité ·
- Commandement de payer ·
- Conditions de vente ·
- Publicité foncière ·
- Résidence
- Syndicat de copropriétaires ·
- Procédure accélérée ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Charges de copropriété ·
- Immeuble ·
- Mise en demeure ·
- Commissaire de justice ·
- Titre ·
- Approbation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Consorts ·
- Astreinte ·
- Enlèvement ·
- Trouble manifestement illicite ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ouvrage ·
- Délai ·
- Rétablissement ·
- Matériel de télécommunication ·
- Veuve
- Délais ·
- Exécution ·
- Expulsion ·
- Commissaire de justice ·
- Logement ·
- Habitation ·
- Aide juridictionnelle ·
- Clause resolutoire ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Épouse
- Médiateur ·
- Médiation ·
- Accord ·
- Partie ·
- Mise en état ·
- Mission ·
- Durée ·
- Désignation ·
- Homologation ·
- Juge
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Résiliation ·
- Bail ·
- Loyer ·
- Adresses ·
- Expulsion ·
- Assurances ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commandement de payer ·
- Contentieux ·
- Exécution
- Nom de domaine ·
- Phonogramme ·
- Producteur ·
- Site ·
- Mesure de blocage ·
- Fournisseur d'accès ·
- Accès à internet ·
- Orange ·
- Droits d'auteur ·
- Internet
- Tribunal judiciaire ·
- Défense au fond ·
- Désistement d'instance ·
- Fins de non-recevoir ·
- Dessaisissement ·
- Acceptation ·
- Juridiction ·
- Ordonnance ·
- Lettre ·
- Pouvoir du juge
Sur les mêmes thèmes • 3
- Enfant ·
- Divorce ·
- Vacances ·
- Autorité parentale ·
- Education ·
- Tribunal judiciaire ·
- Père ·
- Commissaire de justice ·
- Eures ·
- Droit de visite
- Lésion ·
- Employeur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Certificat médical ·
- Assesseur ·
- Médecin ·
- Sécurité ·
- Accident du travail ·
- Recours ·
- Port
- Tribunal judiciaire ·
- Manche ·
- Veuve ·
- Etat civil ·
- Adresses ·
- Matière gracieuse ·
- République ·
- Code civil ·
- Sexe ·
- Diligences
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.