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Sur la décision
| Référence : | TJ Lyon, tprox service civil, 20 avr. 2026, n° 25/03361 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03361 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 27 mai 2026 |
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Texte intégral
Tribunal judiciaire de LYON
Tribunal de proximité de VILLEURBANNE
[Adresse 1]
[Localité 1]
SA
N° RG 25/03361 – N° Portalis DB2H-W-B7J-3FPF
Minute : 26/
du : 20/04/2026
JUGEMENT
S.A. SVU SOCIETE VILLEURBANNAISE D’URBANISME
C/
[M] [P]
PIÈCES DÉLIVRÉES :
Grosse, copie, dossier
à……………………………….
Grosse, copie, dossier
à……………………………….
Délivré le ……………………
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
A l’audience publique du juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Lyon, Tribunal de proximité de Villeurbanne tenue le 20 Avril 2026, sous la présidence de FLEURDEPINE Anand, Président, assisté de AROUI Sabrina, Greffier,
Après débats à l’audience du 29 janvier 2026, le jugement suivant a été rendu :
ENTRE :
DEMANDERESSE
S.A. SOCIETE VILLEURBANNAISE D’URBANISME (SVU),
[Adresse 2]
représentée par Me Cédric GREFFET, avocat au barreau de LYON, vestiaire : 502
D’UNE PART,
ET :
DEFENDEUR
Monsieur [M] [P],
[Adresse 3]
non comparant, ni représenté
D’AUTRE PART.
RG 25/03361 SVU / [P]
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte en date du 4 février 2013, la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME a donné à bail à Monsieur [M] [P] un logement à usage d’habitation situé [Adresse 4], moyennant le versement d’un loyer de 222,02 euros, outre une provision sur charges.
Par acte de commissaire de justice en date du 7 mars 2025, dénoncé à la CCAPEX, la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME a fait délivrer à Monsieur [M] [P] un commandement d’avoir à lui payer la somme de 1 487,37 euros correspondant notamment au montant des loyers dus au 28 février 2025.
Par acte de commissaire de justice en date du 1er août 2025, notifié au représentant de l’Etat dans le département par voie électronique le 4 août 2025, la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME a fait citer Monsieur [M] [P] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection de ce tribunal afin d’obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire:
— le constat, et à défaut le prononcé, de la résiliation du bail établi entre les parties pour défaut de paiement des loyers,
— l’expulsion de Monsieur [M] [P] des lieux loués,
— sa condamnation au paiement de la somme de 3 544,07 euros correspondant aux loyers et charges impayés arrêtés au 15 juillet 2025, outre les loyers et charges dus au jour de l’audience,
— sa condamnation au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant des loyers et charges contractuels, outre indexation, jusqu’au départ effectif des lieux,
— le maintien de l’obligation pour Monsieur [M] [P] d’avoir à assurer les lieux occupés contre les risques de dégâts des eaux, explosion et incendie à compter de la signification du jugement à intervenir jusqu’à la date de son départ effectif,
— sa condamnation au paiement de la somme de 457,35 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens qui comprendront le coût du commandement de payer.
A l’audience du 29 janvier 2026, la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME actualise sa demande à la somme de 6581,50 euros, arrêtée au 27 janvier 2026, échéance de décembre 2025 incluse et maintient les demandes dans les termes de l’assignation.
Cité par dépôt d’une copie de l’assignation en l’étude de commissaire de justice, Monsieur [M] [P] n’a pas comparu.
Initialement fixé au 31 mars 2026, le délibéré a été prorogé au 20 avril 2026.
Le jugement étant susceptible d’appel, il sera statué par décision réputée contradictoire.
MOTIVATION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien-fondée.
* Sur la résiliation du bail et l’expulsion
La clause résolutoire insérée au bail ne produit effet, en application de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, ainsi que de l’avis rendu par la Cour de cassation le 13 juin 2004 et des dispositions contractuelles, que deux mois après un commandement de payer resté infructueux.
En l’espèce, le commandement délivré par la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME respecte les dispositions de l’article 24 précité et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement dont l’adresse est précisée.
Il ressort des pièces versées aux débats que les loyers n’ont pas été réglés dans les deux mois du commandement.
Il convient en conséquence de constater le jeu de la clause résolutoire et d’autoriser la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME à faire procéder à l’expulsion de Monsieur [M] [P] ainsi qu’à celle de tout occupant de son chef.
* Sur l’indemnité d’occupation et l’arriéré locatif
Aux termes de l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
Le principe et le montant de la créance sont établis par la production d’une copie du contrat de bail, de l’assignation et du relevé de compte.
La société VILLEURBANNAISE D’URBANISME est fondée, en outre, à réclamer, au titre de la réparation du préjudice causé par le maintien de Monsieur [M] [P] dans les lieux, une indemnité d’occupation équivalente au loyer et charges courants, outre indexation prévue par le contrat, jusqu’à la libération effective des lieux loués.
Il convient dès lors de condamner Monsieur [M] [P] à payer à la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME :
— la somme de 6581,50 euros, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 27 janvier 2026, échéance de décembre 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2025 sur la somme de 1487,37 euros et à compter du prononcé du présent jugement sur le surplus,
— une indemnité d’occupation mensuelle à compter du 1er janvier 2026.
* Sur l’obligation d’assurance après la résiliation du bail
L’article 7 g) de la loi du 6 juillet 1989, qui prévoit l’obligation pour le preneur de s’assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire, ne s’applique pas à la personne qui se maintient dans les lieux après la résiliation du bail.
En l’espèce, le bail étant résilié, il appartiendra à la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME de rechercher la responsabilité éventuelle de l’occupant sur les fondements du droit commun en cas de dommage.
La demande de la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME au titre de l’obligation d’assurance est donc rejetée.
* Sur les autres demandes
Monsieur [M] [P], partie perdante, sera condamné aux dépens de l’instance et à payer à la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME la somme de 300 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
L’exécution provisoire est de droit.
RG 25/03361 SVU / [P]
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire rendu en premier ressort, prononcé par mise à disposition au greffe,
CONSTATE la résiliation judiciaire du bail ayant lié les parties à la date du 8 mai 2025,
AUTORISE la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME à faire procéder à l’expulsion de Monsieur [M] [P] et à celle de tout occupant de son chef, au besoin avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier, à défaut pour Monsieur [M] [P] d’avoir libéré les lieux dans les deux mois de la signification du commandement d’avoir à quitter les lieux,
CONDAMNE Monsieur [M] [P] à payer à la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME :
— la somme de 6581,50 euros, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 27 janvier 2026, échéance de décembre 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2025 sur la somme de 1487,37 euros et à compter du prononcé du présent jugement sur le surplus,
— une indemnité mensuelle d’occupation équivalente au loyer et charges courants, outre indexation prévue par le contrat, à compter du 1er janvier 2025 et jusqu’à la libération effective des lieux loués,
CONDAMNE Monsieur [M] [P] à payer à la société VILLEURBANNAISE D’URBANISME la somme de 300 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
REJETTE toutes autres demandes contraires ou plus amples des parties,
CONDAMNE Monsieur [M] [P] aux dépens de l’instance, qui comprendront le coût du commandement de payer et de l’assignation,
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Ainsi jugé et prononcé à la date indiquée au chapeau.
LE GREFFIER LE JUGE
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