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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, réf. cab. 1, 20 avr. 2026, n° 25/04518 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/04518 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autres mesures ordonnées en référé |
| Date de dernière mise à jour : | 28 avril 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
JUGEMENT
PROCEDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND
Référés Cabinet 1
JUGEMENT DU : 20 Avril 2026
Président : Madame HERRY, VP en charge des référés
Greffier : Madame LAFONT, lors des débats
Madame LEREBOURG, lors du prononcé
Débats en audience publique le : 09 Février 2026
Expédition délivrée le
À
—
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—
Grosse délivrée le 20/04/2026
À
— Maître Audrey BABIN
—
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—
N° RG 25/04518 – N° Portalis DBW3-W-B7J-67CU
PARTIES :
DEMANDERESSE
Le Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [T] VERGER sis [Adresse 1]
pris en la personne de son syndic en exercice le Cabinet GESPAC IMMOBILIER, dont le siège social est sis [Adresse 2]
pris en la personne de son représentant légal
représenté par Maître Audrey BABIN de la SELARL AUDREY BABIN, avocats au barreau de MARSEILLE
DEFENDERESSE
Madame [H] [U]
domiciliée chez [Adresse 3] [Adresse 4] [Localité 1]
non comparante
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS :
[H] [U] est copropriétaire des lots 335 et 247 de la copropriété [Adresse 5] située [Adresse 6] dont l’exercice comptable est fixé du 1er janvier au 31 décembre de chaque année.
Des charges sont impayées.
Le 08/01/2025 un commandement de payer la somme totale de 2 715,88 € au titre des charges et du coût de l’acte lui a été signifié.
Le 22/07/2025, une mise en demeure de payer la somme de 1 081,22 € au titre des charges de l’exercice en cours et visant l’article 19 de la loi du 10 juillet 1965 lui a été adressée par LRAR, AR signé.
Par assignations du 30/10/2025, le syndicat des copropriétaires de la copropriété [T] VERGER représenté par son syndic en exercice la SAS GESPAC IMMOBILIER, a fait citer [H] [U] en demandant au juge des référés statuant selon la procédure accélérée au fond, de :
« Condamner [H] [U] à lui payer la somme totale de 4 771,47 € avec intérêt au taux légal à compter de la décision qui sera rendue et décomposée comme suit :
3 322,12 € au titre des charges de copropriété arrêtées au 23/09/2025540,61 € au titre des provisions dues pour l’exercice en cours (échéance du 01/10/2025 au 31/12/2025) 909,74 € au titre des frais nécessaires Condamner [H] [U] à lui payer la somme de 2 000 € à titre de dommages-intérêts pour résistance abusive
Condamner [H] [U] à lui payer la somme de 1 500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux dépens ».
A l’audience du 09/02/2026, après deux renvois dans la perspective de parvenir à un accord, par l’intermédiaire de son conseil, faisant valoir ses moyens tels qu’exprimés dans son assignation à laquelle il convient de se reporter, le syndicat des copropriétaires a maintenu ses demandes dans les termes de son assignation.
Assignée à personne, [H] [U] n’a pas comparu.
L’affaire a été mise en délibéré au 20/04/2026.
SUR QUOI, NOUS, JUGE DES RÉFÉRÉS,
L’article 472 du code de procédure civile dispose que « si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ».
L’article 481-1 du code de procédure civile applicable aux procédures introduites à compter du 01.01.2020 dispose : « A moins qu’il en soit disposé autrement, lorsqu’il est prévu par la loi ou le règlement qu’il est statué selon la procédure accélérée au fond, la demande est formée, instruite et jugée dans les conditions suivantes :
1° La demande est portée par voie d’assignation à une audience tenue aux jour et heure prévus à cet effet ;
2° Le juge est saisi par la remise d’une copie de l’assignation au greffe avant la date fixée pour l’audience, sous peine de caducité de l’assignation constatée d’office par ordonnance du juge, ou, à défaut, à la requête d’une partie ;
3° Le jour de l’audience, le juge s’assure qu’il s’est écoulé un temps suffisant depuis l’assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense. La procédure est orale ;
4° Le juge a la faculté de renvoyer l’affaire devant la formation collégiale, à une audience dont il fixe la date, qui statuera selon la procédure accélérée au fond ;
5° A titre exceptionnel, en cas d’urgence manifeste à raison notamment d’un délai imposé par la loi ou le règlement, le président du tribunal, statuant sur requête, peut autoriser à assigner à une heure qu’il indique, même les jours fériés ou chômés ;
6° Le jugement est exécutoire de droit à titre provisoire dans les conditions prévues aux articles 514-1 à 514-6 ;
7° La décision du juge peut être frappée d’appel à moins qu’elle n’émane du premier président de la cour d’appel ou qu’elle n’ait été rendue en dernier ressort en raison du montant ou de l’objet de la demande.
Le délai d’appel ou d’opposition est de quinze jours. »
Sur la demande principale en paiement
Aux termes de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1 (budget prévisionnel), ou du I de l’article 14-2 (dépenses pour travaux), et après une mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des mêmes articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
A l’appui de sa demande, le syndicat des copropriétaires produit notamment :
— les procès-verbaux des assemblées générales ordinaires des copropriétaires de l’immeuble des 14/11/2023 et du 04/11/2024, comportant approbation des comptes de l’exercice clos, vote du budget prévisionnel et vote des travaux, non contestés dans le délai de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965,
— les décomptes de charges et appels de fonds concernant [H] [U] pour la période réclamée,
— les mises en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, dont la dernière datée du 22/07/2025, rappelant la possibilité pour le syndicat des copropriétaires d’exiger les provisions dues jusqu’à la fin de l’exercice à défaut de paiement dans les 30 jours,
— la sommation de payer délivrée le 08/01/2025,
— le relevé de compte arrêté au 23/09/2025 à la somme totale de 4 231,86 €, correspondant à 3 322,12 € dus au titre des charges et travaux et 909,74 € dus au titre des frais de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,
— le détail des provisions à échoir pour l’exercice en cours, pour un total de 540,61 €,
— le contrat de syndic.
Au vu de ces pièces, [H] [U] sera condamnée à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 3 322,12 € au titre des charges et travaux échus arrêtés à la date du 23/09/2025 et comprenant la provision trimestrielle du 01/07/2025 au 30/09/2025.
A défaut de paiement dans les 30 jours suivant la mise en demeure du 22/07/2025, les provisions non encore échues pour l’exercice en cours sont devenues immédiatement exigibles. Il convient donc de condamner [H] [U] au paiement de la somme de 540,61 € correspondant à la provision trimestrielle et la cotisation pour fonds de travaux du 01/10/2025 au 31/12/2025.
Conformément aux dispositions de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire.
Les frais réclamés conformes au contrat de syndic, et expurgés de tous les actes inutiles au recouvrement effectif de la créance (frais de relance avec ou sans lettre recommandée) et des honoraires d’avocats et frais d’huissiers, relevant des dépens et frais irrépétibles, seront retenus et [H] [U] sera condamnée au paiement de la somme de 287,23 € correspondant aux frais justifiés par les pièces produites engagés par le syndic pour le recouvrement de la créance du syndicat, étant précisé qu’une mise en demeure facturée est justifiée (37,23 €) une seule facture d’honoraires de constitution du dossier contentieux (250 €), la 2ème facturation pour ce motif à hauteur de 480 € cinq mois plus tard est abusif et ne saurait être considéré comme justifié. Les honoraires de l’huissier concernant la sommation de payer constituent des dépens.
Sur les dommages et intérêts
Le syndicat des copropriétaires ne justifie en rien d’un préjudice distinct de celui réparé par l’octroi d’intérêts moratoires, il sera donc débouté de sa demande de dommages et intérêts.
Sur les demandes accessoires
Il serait inéquitable de laisser à la charge du syndicat l’intégralité de ses frais de procédure non compris dans les dépens. A ce titre, [H] [U] sera condamnée à lui payer la somme de 1 000 € en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
[H] [U], qui succombe, sera condamnée aux dépens.
PAR CES MOTIFS, CONFORMEMENT A LA PROCEDURE ACCELEREE AU FOND, PAR JUGEMENT PRONONCÉ PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, REPUTE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,
Condamne [H] [U] à payer au syndicat des copropriétaires de la copropriété [T] VERGER représenté par son syndic en exercice la SAS GESPAC IMMOBILIER, les sommes suivantes :
— 3 322,12 € au titre des charges de copropriété exigibles au 23/09/2025 et comprenant la provision trimestrielle du 01/07/2025 au 30/09/2025,
— 540,61 € au titre des charges à échoir pour l’exercice en cours, devenues immédiatement exigibles, comprenant la provision trimestrielle et la cotisation pour fonds de travaux du 01/10/2025 au 31/12/2025,
— 287,23 € au titre des frais de recouvrement,
Avec intérêt au taux légal à compter de la présente décision,
Déboute le syndicat des copropriétaires de la copropriété [T] VERGER représenté par son syndic en exercice la SAS GESPAC IMMOBILIER, de sa demande de dommages et intérêts,
Condamne [H] [U] à payer au syndicat des copropriétaires de la copropriété [T] VERGER représenté par son syndic en exercice la SAS GESPAC IMMOBILIER, la somme de 1 000 € en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
Condamne [H] [U] aux dépens,
Rappelle que le présent jugement est de plein droit exécutoire par provision.
LE GREFFIER LE MAGISTRAT
LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS, MANDE ET ORDONNE à tous les Commissaires de justice sur ce requis, de mettre la présente décision à exécution, aux Procureurs Généraux près les [Localité 2] d’Appel et aux Procureurs de la République près les Tribunaux Judiciaires, d’y tenir la main, à tous Commandants et Officiers de la [Localité 3] Publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi la présente décision, certifiée conforme à la minute a été signée, scellée et délivrée par le greffier soussigné.
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