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Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, ps ctx technique, 31 oct. 2024, n° 19/01399 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 19/01399 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 24 septembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE PARIS [1]
[1] 2 Expéditions exécutoires délivrées aux parties en LRAR le :
1 Copie certifiée conforme délivrée à Me PRADEL par LS le :
■
PS ctx technique
N° RG 19/01399 – N° Portalis 352J-W-B7D-COZNW
N° MINUTE :
Déclaration orale ou écrite formée au greffe de la juridiction
13 Juillet 2018
JUGEMENT
rendu le 31 Octobre 2024
DEMANDERESSE
Société [5]
[Adresse 1]
[Localité 2]
Représentée par Maître Michel PRADEL, avocat au barreau de PARIS, , substitué par Maître Rachid ABDERREZAK, avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant
DÉFENDERESSE
CPAM DU VAL DE MARNE
[Adresse 3]
[Localité 4]
Représentée par Madame [C] [Z], muni d’un pouvoir spécial
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Franck DOUDET, 1er Vice-président
Alain TURUS, Assesseur
Jean-Michel BUREAU, Assesseur
assistés de Marie LEFEVRE, Greffière lors des débats et de Fettoum BAQAL, Greffière lors de la mise à disposition
Décision du 31 Octobre 2024
PS ctx technique
N° RG 19/01399 – N° Portalis 352J-W-B7D-COZNW
DEBATS
A l’audience du 19 Septembre 2024, tenue en audience publique avis a été donné aux parties que le jugement serait rendu par mise à disposition au greffe le 31 Octobre 2024.
JUGEMENT
Rendu par mise à disposition au greffe
Réputé contradictoire
en premier ressort
EXPOSÉ DU LITIGE
La Caisse primaire d’assurance-maladie du Val de Marne a imputé au compte employeur de la société [6] une décision du 25 mai 2018 d’attribution d’un taux d’incapacité permanente partielle de 20 % au bénéfice de sa salariée Madame [J] [K] qui a été victime d’une maladie professionnelle déclarée le 12 décembre 2014.
Par lettre recommandée enregistrée le 13 juillet la société [6] a saisi le tribunal du contentieux de l’incapacité de Paris afin de contester cette décision.
Le 1er janvier 2019, le dossier a été transféré au pôle social du tribunal de grande instance de Paris en raison de la fusion du tribunal du contentieux de l’incapacité avec les juridictions de droit commun. Le 1er janvier 2020, l’instance s’est poursuivie devant le pôle social du tribunal judiciaire de Paris.
L’affaire a été appelée à l’audience du 19 Septembre 2024.
Oralement à l’audience, la société [6] représentée par son avocat, soutient pour l’essentiel, au visa des articles L 143-10, R 143-8 et R 143-33 du code de la sécurité sociale applicables au litige, que sous l’égide de l’ancienne législation, la caisse avait 10 jours pour communiquer le rapport d’évaluation des séquelles mais que ce dernier ne lui a pas été transmis ni à son médecin conseil, y compris lors de l’introduction du recours en 2018.Elle demande au tribunal,à titre principal, de lui déclarer inopposable la décision de la caisse du 25 mai 2018 d’attribution d’un taux d’incapacité permanente partielle de 20 % au bénéfice de sa salariée Madame [J] [K] consécutif à la maladie professionnelle déclarée le 12 décembre 2014 et à titre subsidiaire d’ordonner une expertise médicale.
La CPAM du Val de Marne demande au tribunal de rejeter la demande d’inopposabilité de sa décision formée par l’employeur au motif que les nouvelles dispositions prévues par l’article R 142-16-3 du code de la sécurité sociale s’appliquent aux instances en cours, que la communication du rapport d’évaluation des séquelles est désormais subordonnée à la désignation d’un médecin expert ou consultant. La caisse demande également au tribunal de confirmer le taux d’IPP de 20 % reconnu à Madame [J] [K] au motif qu’il a été justement apprécié et subsidiairement, elle ne s’oppose pas à une expertise médicale.
MOTIFS DE LA DECISION
L’article R,143-8 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable au présent litige, dispose :
« Dans les dix jours suivant la réception de la déclaration, le secrétariat du tribunal en adresse copie à la caisse intéressée et l’invite à présenter ses observations écrites, en trois exemplaires, dans un délai de dix jours.
Dans ce même délai, la caisse est tenue de transmettre au secrétariat les documents médicaux concernant l’affaire et d’en adresser copie au requérant ou, le cas échéant, au médecin qu’il a désigné ».
L’article R.441-13 du Code de la Sécurité Sociale, alors en vigueur, dispose quant à lui que :
« Le dossier constitué par la caisse primaire doit comprendre :
1°) la déclaration d’accident et l’attestation de salaire
2°) les divers certificats médicaux ;
3°) les constats faits par la caisse primaire ;
4°) les informations parvenues à la caisse de chacune des parties ;
5°) les éléments communiqués par la caisse régionale ;
6°) éventuellement, le rapport de l’expert technique.
Il peut, à leur demande, être communiqué à l’assuré, ses ayants- droit et à l’employeur ou à leurs mandataires.
Ce dossier ne peut être communiqué à un tiers que sur demande de l’autorité judiciaire. ».
L’article R 143-2 alinéa 2 du code de la sécurité sociale dans sa version applicable au présent litige dispose que : « Le praticien-conseil est tenu de transmettre copie de ce rapport (ayant contribué à la fixation du taux d’IPP) en double exemplaire au secrétariat de la juridiction dans un délai de 10 jours à compter de la réception de la demande. Chaque exemplaire est transmis sous pli fermé avec la mention « confidentielle apposée sur l’enveloppe».
Ces formalités devaient donc être accomplies impérativement avant l’ouverture des débats devant le tribunal. Par conséquent, bien que les nouvelles dispositions de l’article R 142-16-3 du code de la sécurité sociale, applicables aux instances en cours, prévoient que le rapport d’évaluation des séquelles serait désormais subordonné selon la caisse à la désignation d’un médecin expert ou consultant, il convient d’apprécier le manquement de l’organisme à l’expiration du délai de 10 jours suivant l’avis de recours, rappelant les dispositions de l’article R 142-10 de la sécurité sociale applicable au litige adressé le 30 septembre 2020 à la caisse par le greffe du tribunal.
En l’espèce, la juridiction, saisie par l’employeur d’un recours en vue, notamment d’une expertise, a donc enjoint à la caisse de respecter le principe du contradictoire ce qui impliquait notamment la communication des éléments médicaux qu’elle détenait au médecin-conseil désigné par l’employeur. Or, force est de constater que ni le tribunal, ni l’employeur, ni a fortiori le médecin-consultant désigné par lui, n’ont été destinataires de ces pièces, et notamment du rapport d’évaluation des séquelles et qu’ainsi, l’employeur n’a pu vérifier l’adéquation entre le taux fixé par la caisse et les séquelles de la victime, la caisse s’étant limitée à produire uniquement les pièces administratives afférentes à l’accident du travail.
La caisse n’a donc pas permis un réel débat contradictoire qui pouvait intervenir dans le respect du secret médical sur la fixation du taux d’IPP, l’employeur ayant désigné un médecin-conseil dès l’introduction de son recours. La société [7] n’a donc pas été en mesure d’exercer son droit de recours de manière effective conformément aux principes directeurs régissant tout procès civil.
Il convient dans ces conditions de déclarer inopposable à la société [6] la décision du 25 mai 2018 d’attribution d’un taux d’incapacité permanente partielle de 20 % au bénéfice de sa salariée Madame [J] [K] qui a été victime d’une maladie professionnelle déclarée le 12 décembre 2014.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après en avoir délibéré conformément à la loi, statuant publiquement, par jugement contradictoire, en premier ressort, mis à disposition au greffe ;
Déclare la société [6] recevable en son recours ;
Déclare inopposable à la société [6] la décision de la caisse primaire d’assurance-maladie du Val de Marne du 25 mai 2018 d’attribution d’un taux d’incapacité permanente partielle de 20 % au bénéfice de sa salariée Madame [J] [K] consécutif à la maladie professionnelle déclarée le 12 décembre 2014 ;
Dit que les dépens sont laissés à la charge de la CPAM du Val de Marne.
Fait et jugé à Paris le 31 Octobre 2024
La Greffière Le Président
N° RG 19/01399 – N° Portalis 352J-W-B7D-COZNW
EXPÉDITION exécutoire dans l’affaire :
Demandeur : Société [5]
Défendeur : CPAM DU VAL DE MARNE
EN CONSÉQUENCE, LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE mande et ordonne :
A tous les huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ladite décision à exécution,
Aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main,
A tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi la présente a été signée et délivrée par nous, Directeur de greffe soussigné au greffe du Tribunal judiciaire de Paris.
P/Le Directeur de Greffe
6 ème page et dernière
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