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Sur la décision
| Référence : | TJ Privas, juge des libertes, 8 janv. 2026, n° 26/00024 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00024 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 16 janvier 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PRIVAS
DOSSIER : N° RG 26/00024 – N° Portalis DBWS-W-B7K-EQG7
AFFAIRE : M. [F] [C]
Exp : M. [F] [C]
Exp : M. P.
Exp : Tiers
Exp : Hôpital Ste [Localité 4]
Exp : Me Fleurine DURAND-BOUCAULT
ORDONNANCE
DU 08 Janvier 2026 RELATIVE A L’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
HOPITAL [Localité 8] [Adresse 1]
non comparante
PERSONNE HOSPITALISÉE :
Monsieur [F] [C]
né le 06 Juin 1984 à [Localité 5]
[Adresse 2]
comparant en personne, assisté de Me Fleurine DURAND-BOUCAULT, avocat au Barreau de l’Ardèche commis d’office,
Nous, Magali ROMERO, magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de liberté, statuant en application des dispositions des articles L.3211-1 et suivants du Code de la Santé publique, assisté de Tony RUBAGOTTI, Greffier;
Vu la demande d’admission en hospitalisation complète présentée par [J] [C] le 29 décembre 2025 en qualité de frère du patient ;
Vu le certificat médical initial établi le lundi 29 décembre 2025 par le Dr [S] établissant un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade ;
Vu la décision du directeur du centre hospitalier de [Localité 8] à [Localité 7] en date du 29 décembre 2025 prononçant l’admission de [F] [C] en hospitalisation complète ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 30 décembre 2025 par le Dr [B] ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 1er janvier 2026 par le Dr [D] [V] ;
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 1er janvier 2026 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [F] [C] ;
Vu la saisine du juge par le directeur de l’établissement en charge du contrôle des soins contraints reçue au greffe de la juridiction le 2 janvier 2026 ;
Vu l’avis motivé établi le 2 janvier 2026 par le Dr [M] ;
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du lundi 5 janvier 2026 ;
Vu le débat contradictoire en date du 8 janvier 2026;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
MOTIFS DE LA DECISION :
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
L’office du juge judiciaire implique un contrôle relatif à la fois à la régularité de la décision administrative d’admission en soins psychiatriques sans consentement et au bien-fondé de la mesure, en se fondant sur des certificats médicaux.
Il résulte de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique que l’irrégularité affectant une décision administrative de soins psychiatriques sans consentement n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en fait l’objet. Il appartient donc au juge de rechercher, d’abord, si l’irrégularité affectant la procédure est établie, puis, dans un second temps, si de cette irrégularité résulte une atteinte aux droits de l’intéressé.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
En cas d’urgence, lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade, l’article L. 3212-3 du code de la santé publique permet au directeur de l’établissement de santé, à titre exceptionnel, de prononcer à la demande d’un tiers, l’admission en soins psychiatriques d’une personne sur le fondement d’un seul certificat pouvant émaner d’un médecin exerçant dans l’établissement.
[F] [C] était hospitalisé (e) au centre hospitalier de [Localité 8] à [Localité 7] sans son consentement le 29 décembre 2025 dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.
Le certificat médical initial établi le 29 décembre 2025 par le Dr [S] décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : « Patient connu de l’établissement, suivi pour un trouble schizophrénique, ainsi que pour des troubles mentaux et du comportement dus à la consommation des toxiques. Ce jour on note une dégradation de son état psychologique, avec une recrudescence hallucinatoire, des idées suicidaires transitoires, ainsi qu’une tension interne importante. Il critique très peu ses troubles et l’alliance thérapeutique est fragile. Le patient est assez ambivalent quant à la poursuite de l’hospitalisation. Une mesure de contrainte aux soins est indispensable afin d’éviter une sortie prématurée, ainsi que tout risque de mise en danger de lui-même ou d’autrui. ». Était constaté le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment que le patient présentait une importante incurie et une anosognosie de son état de santé globale qui nécessitait des soins. La prise en charge de [F] [C] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 2 janvier 2026 constatait que le patient présentait une grande précarité physiologique et sociale, avec des habitudes toxiques avec dépendance aux drogues dures. Il se montrait plutôt coopérant mais peu accessible à la raison, ne pouvant argumenter ses conduites d’errances, de sorte que le système logique paraissait assez altéré. Il était évoqué un émoussement affectif et des attitudes interrogeant sur un vécu hallucinatoire psychosensoriel. L’obligation de soins devait être maintenue dans l’espoir d’une alliance thérapeutique à venir, le temps de l’observation et du traitement chez ce patient qui restait dans le déni total de sa problématique.
A l’audience, [F] [C] déclarait qu’il était d’accord pour rester hospitalisé comme sollicité. Il avait un domicile et aimerait malgré tout y retourner.
Le tiers demandeur à la mesure, absent à l’audience, ne formulait aucune observation.
Le représentant de l’établissement de santé, absent à l’audience, ne formulait aucune observation.
Le conseil de [F] [C] était entendu en ses observations. Il indiquait ne pas solliciter la mainlevée de l’hospitalisation complète.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de [F] [C] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental deKamel [C] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Nous, Vice-présidente,
AUTORISONS le maintien de la mesure d’hospitalisation complète sous contrainte de M. [F] [C].
INFORMONS les parties de la possibilité de relever APPEL de cette décision devant le premier président de la Cour d’Appel de [Localité 6] dans le délai de 10 JOURS de la notification de la présente. L’appel est formé auprès de la Cour d’Appel de [Localité 6], [Adresse 3] .
Fait à [Localité 7], le 08 Janvier 2026
Le Greffier, La vice-présidente
Tony RUBAGOTTI Magali ROMERO
Notification à :M. [F] [C] par l’intermédiaire du centre hospitalier
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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