Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Denis de la Réunion, civil tp saint denis, 17 nov. 2025, n° 25/00735 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00735 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 26 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | SOCIETE IMMOBILIERE DU DEPARTEMENT DE LA REUNION ( S.I.D.R. ) |
|---|
Texte intégral
RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
N° RG 25/00735 – N° Portalis DB3Z-W-B7J-HIIH
MINUTE N° :
Notification
Copie certifiée conforme
délivrée le :
à :
Copie exécutoire délivrée
le :
à :
COUR D’APPEL DE [Localité 5] DE [Localité 4]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT-DENIS
— -------------------
JUGEMENT
DU 17 NOVEMBRE 2025
—
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
PARTIES
DEMANDEUR(S) :
SOCIETE IMMOBILIERE DU DEPARTEMENT DE LA REUNION (S.I.D.R.)
[Adresse 1]
[Localité 3]
représentée par Mme [V] [U] (Chargée de contentieux) munie d’un pouvoir spécial
DÉFENDEUR(S) :
Madame [C] [L]
[Adresse 2]
[Adresse 7]
[Localité 3]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Présidente : Cécile VIGNAT,
Assistée de : Sophie RIVIERE, Greffière,
DÉBATS :
À l’audience publique du 13 Octobre 2025
DÉCISION :
Réputée contradictoire
EXPOSÉ DU LITIGE
La Société Immobilière du Département de [Localité 4] (SIDR) a donné à bail à Madame [C] [L] un appartement à usage d’habitation situé au [Adresse 6] selon contrat du 08 septembre 2016 moyennant un loyer mensuel dans son dernier état de 507,01 euros charges comprises.
La bailleresse a adressé à sa locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire, le 26 février 2025, pour la somme en principal de 631,95 euros correspondant aux loyers et charges impayés.
Par un acte de commissaire de justice du 29 juillet 2025, la SIDR a fait assigner Madame [C] [L] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Saint-Denis de la Réunion pour obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
— la constatation de la résiliation du bail conclu entre les parties du fait de l’acquisition de la clause résolutoire ;
— l’autorisation de faire procéder à l’expulsion de Madame [C] [L] ;
— la condamnation de Madame [C] [L] au paiement des loyers et charges impayés, soit la somme de 2.840,65 euros, augmentée des intérêts de droit à compter du jour de la demande sous réserve des loyers échus et à échoir jusqu’au prononcé du jugement ;
— sa condamnation au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle de 507,01euros révisable jusqu’à libération effective des lieux ;
— sa condamnation au paiement de la somme de 92,10 euros correspondant au coût du commandement de payer et les entiers dépens et frais d’expulsion.
A l’audience du 13 octobre 2025, date à laquelle l’affaire a été évoquée, la SIDR, représentée par son mandataire, Madame [V] [U], a maintenu l’intégralité de ses demandes, en actualisant sa créance à la somme de 4.217,57 euros.
Régulièrement citée en l’étude du commissaire de justice, Madame [C] [L] est non comparante ni représentée.
L’affaire a été mise en délibéré au 17 novembre 2025 par mise à disposition au greffe conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
I. SUR LA RECEVABILITÉ :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de [Localité 5] de la Réunion par voie dématérialisée (logiciel Exploc) avec accusé de réception électronique du 31 juillet 2025 soit plus de 6 semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989 dans sa version en vigueur.
En outre, la SIDR justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par voie dématérialisée en date du 12 février 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 29 juillet 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
II. SUR L’ACQUISITION DE LA CLAUSE RÉSOLUTOIRE :
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa version applicable prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Le contrat de bail conclu le 08 septembre 2016 contient une clause résolutoire aux termes de laquelle le bail est résolu en l’absence de paiement passé un délai de deux mois suivant le commandement de payer.
Un commandement de payer visant cette clause a été signifié à Madame [C] [L] le 26 février 2025, pour la somme en principal de 631,95 euros. Ce commandement étant demeuré infructueux pendant plus de deux mois, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail sont réunies au 26 avril 2025.
III. SUR L’INDEMNITÉ D’OCCUPATION :
La SIDR est fondée à réclamer à titre de préjudice causé par le maintien de Madame [C] [L] dans les lieux et l’impossibilité de relouer le bien, une indemnité d’occupation équivalente aux loyers et charges courants à compter du 26 avril 2025 jour de la résiliation du bail, et jusqu’à la libération effective et définitive des lieux loués.
IV. SUR LE MONTANT DE L’ARRIÉRÉ LOCATIF :
La SIDR produit un décompte démontrant que Madame [C] [L] était débitrice, après soustraction des frais de poursuite, de la somme de 4.217,57 euros selon décompte arrêté à la date du 13 octobre 2025.
Madame [C] [L], en ne comparaissant pas, n’apporte aucun élément de nature à contester la dette locative.
En conséquence, il convient de la condamner à verser à la SIDR la somme de 4.217,57 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 13 octobre 2025, avec les intérêts au taux légal à compter du 29 juillet 2025, date de l’assignation, sur la somme de 2.840,65 euros et à compter du présent jugement pour le surplus de la somme due.
V. SUR LES DÉLAIS DE PAIEMENT :
L’article 24 V de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dispose que « le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années (…) ».
Le VII de cet article précise que « lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge (…). Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet ».
En l’absence de reprise du paiement de l’intégralité du loyer courant avant l’audience, il n’y a pas lieu d’accorder à Madame [C] [L] des délais de paiement.
En conséquence, il convient d’ordonner l’expulsion de Madame [C] [L].
Madame [C] [L] sera également condamnée à verser à la SIDR une indemnité d’occupation mensuelle de 507,01euros révisable, à compter du 26 avril 2025 égale au montant du loyer révisé et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, payable à la date d’exigibilité du loyer, et ce, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux.
VI. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Madame [C] [L], partie perdante, supportera la charge de l’intégralité des dépens de l’instance, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de la notification à la préfecture.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire en application des articles 514 et 514-1 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection statuant après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 08 septembre 2016 entre la SIDR et Madame [C] [L] concernant l’appartement à usage d’habitation situé [Adresse 8] sont réunies au 26 avril 2025.
CONDAMNE Madame [C] [L] à verser à la SIDR la somme de 4.217,57 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 13 octobre 2025, avec les intérêts au taux légal à compter du 29 juillet 2025, sur la somme de 2.840,65 euros et à compter du présent jugement pour le surplus de la somme due.
DIT n’y avoir lieu à accorder des délais de paiement à Madame [C] [L].
EN CONSÉQUENCE :
ORDONNE à Madame [C] [L] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement.
AUTORISE la SIDR à faire procéder à l’expulsion de Madame [C] [L] ainsi qu’à celle de tous les occupants de son chef, au besoin avec le concours d’un serrurier et de la force publique, à défaut pour Madame [C] [L] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai de quinze jours et deux mois après la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux.
CONDAMNE Madame [C] [L] à verser à la SIDR une indemnité d’occupation mensuelle de 507,01 euros révisable, à compter du 26 avril 2025, égale au montant du loyer révisé et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, payable à la date d’exigibilité du loyer, et ce, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux.
REJETTE toute autre demande.
CONDAMNE Madame [C] [L] au paiement des entiers dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de la notification à la préfecture.
CONSTATE l’exécution provisoire de plein droit de la présente décision.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal judiciaire, le 17 novembre 2025, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile, la minute étant signée par Madame Cécile VIGNAT, Vice-présidente, et par Madame Sophie RIVIERE, Greffière.
LA GREFFIERE LA VICE-PRÉSIDENTE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Loyer ·
- Habitat ·
- Clause resolutoire ·
- Locataire ·
- Dette ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commandement ·
- Versement ·
- Bailleur ·
- Délais
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Éloignement ·
- Ordonnance ·
- Notification ·
- Corse ·
- Consulat ·
- Interprète
- Incapacité ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commission ·
- Gauche ·
- Recours ·
- Consolidation ·
- Maladie professionnelle ·
- Cliniques ·
- Expertise médicale ·
- Assesseur
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Hospitalisation ·
- Certificat médical ·
- Santé publique ·
- Charges ·
- Contrôle ·
- Réintégration ·
- Trouble ·
- Tutelle ·
- Tribunal judiciaire ·
- Maintien
- Copropriété : droits et obligations des copropriétaires ·
- Demande en paiement des charges ou des contributions ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mise en demeure ·
- Procédure accélérée ·
- Provision ·
- Approbation ·
- Intérêt ·
- Budget ·
- Taux légal
- Redevance ·
- Commandement de payer ·
- Clause resolutoire ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion ·
- Contrats ·
- Bailleur ·
- Résidence ·
- Clause
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Déficit fonctionnel temporaire ·
- Expertise ·
- Préjudice corporel ·
- Tribunal judiciaire ·
- Souffrances endurées ·
- Consolidation ·
- Provision ad litem ·
- Assistance ·
- Sociétés ·
- Victime
- Conciliation ·
- Conciliateur de justice ·
- Eures ·
- Juridiction ·
- Partie ·
- Règlement amiable ·
- Référé ·
- Commune ·
- Réception ·
- Adresses
- Contrats ·
- Expert ·
- Véhicule ·
- Tribunal judiciaire ·
- Automobile ·
- Adresses ·
- Dysfonctionnement ·
- Partie ·
- Motif légitime ·
- Délai ·
- Contrôle
Sur les mêmes thèmes • 3
- Réseau ·
- Compteur ·
- Fournisseur ·
- Énergie ·
- Enlèvement ·
- Commissaire de justice ·
- Gaz naturel ·
- Contrats ·
- Fourniture ·
- Livraison
- Autres demandes relatives à la vente ·
- Contrats ·
- Conciliateur de justice ·
- Conciliation ·
- Mise en état ·
- Injonction ·
- Information ·
- Partie ·
- Courriel ·
- La réunion ·
- Péremption ·
- Adresses
- Déficit fonctionnel temporaire ·
- Crédit ·
- Assurances ·
- Consolidation ·
- Préjudice corporel ·
- Souffrances endurées ·
- Débours ·
- Expertise ·
- Déficit fonctionnel permanent ·
- Provision
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.