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Sur la décision
| Référence : | TJ Strasbourg, j l d, 11 mars 2026, n° 26/00312 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00312 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 7 avril 2026 |
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Texte intégral
Tribunal judiciaire
de, [Localité 1]
— -------------,
[Adresse 1],
[Adresse 2],
[Localité 2]
— -------------
Tél . 03.88.75.27.40
PROCÉDURE DE CONTRÔLE SYSTÉMATIQUE
DES MESURES DE SOINS
PSYCHIATRIQUES
Juge des Libertés et de la Détention
ORDONNANCE
N° RG 26/00312 – N° Portalis DB2E-W-B7K-OGJW
Le 11 Mars 2026
Nous, Judith HAZIZA, vice-présidente chargée des fonctions de juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de STRASBOURG, assistée de Zénaïde WAECKERLE, Greffier,
Statuant en premier ressort en qualité de magistrat du siège, après débats en audience publique ;
Vu les dispositions des articles L.3211-12, L.3211-12-1, L.3211-12-2, R.3211-12, R.3211-29 et R.3211-32 du Code de la Santé Publique et le dossier de la procédure ;
Vu la requête en date du 06 Mars 2026 de MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE, [Localité 3] concernant M., [H], [P] né le 12 Janvier 1997 à, [Localité 4] demeurant, [Adresse 3] actuellement en hospitalisation complète à, [Localité 5] ;
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques en cas d’hospitalisation à la demande d’un tiers en urgence prise par MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE, [Localité 3] en date du 1er mars 2026 ;
Vu les certificats médicaux de 24 heures et de 72 heures ;
Vu la décision maintenant les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète prise par MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE, [Localité 3] en date du 04 mars 2026 ;
Vu l’avis motivé à l’appui de la requête ;
Vu l’avis de Madame le procureur de la République aux termes duquel le ministère public s’en rapporte à l’appréciation du tribunal ;
M., [H], [P] régulièrement convoqué, absent, représenté par Me Lucas OSTERMANN, avocat de permanence ;
MOTIFS
M., [H], [P] a été admis à l’EPSAN au titre des soins sans consentement le 1er mars 2026, sur décision de la directrice d’établissement intervenue à la demande la mère du patient dans un contexte d’urgence. Le certificat médical d’admission établi par le Dr, [S], psychiatre des Hôpitaux Universitaires de, [Localité 1], faisait état des éléments suivants: patient souffrant de psychose chronique, sorti d’hospitalisation deux semaines auparavant, aggravation rapide de son état après retour à domicile, inobservance du traitement, mise en danger et idées délirantes, patient présentant un contact altéré à l’examen, un mutisme partiel, et une latence dans les réponses, évocation par l’entourage familial de propos délirants sur fond de consommation de cannabis et d’insomnies depuis plusieurs jours.
Par décision en date du 4 mars 2026, la directrice de l’EPSAN a maintenu les soins de M., [P] sous la forme de l’hospitalisation complète, conformément aux certificats médicaux établis durant la période d’observation.
Bien que déclaré médicalement apte à être entendu, M., [P] n’a pas souhaité se rendre à l’audience. Son Conseil indique avoir pu s’entretenir avec son client par téléphone, lequel n’est pas opposé à la poursuite de son hospitalisation, le temps d’observer les effets du nouveau traitement mis en place.
Sur la régularité de la procédure
Aux termes de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique, le juge des libertés et de la détention connaît des contestations relatives à la régularité des décisions administratives prises en matière de soins psychiatriques sans consentement dans le cadre des instances introduites en application des articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1. Dans ce cas, l’irrégularité affectant une décision administrative n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l’objet.
En l’espèce, il résulte des éléments précités que la procédure d’admission en soins psychiatriques doit être regardée comme ayant été menée conformément à la loi.
Sur le bien-fondé de la mesure
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique le juge des libertés et de la détention doit veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée.
En l’espèce, il résulte des certificats médicaux des 24 et 72 heures, et de l’avis motivé rédigé par le Dr, [Q] que M., [P] est un patient souffrant de troubles psychiatriques chroniques, qui a dû être hospitalisé à la suite d’une décompensation aigüe de son état. Si l’état du patient évolue favorablement depuis son admission, le corps médical observe cependant la persistance des éléments suivants: fluctuation du contact, propos allusifs et hermétiques, verbalisation au sein de son unité de propos à thématique mégalomaniaque, instabilité psychomotrice, intolérance à la frustation, tension interne, altercations avec d’autres patients. En outre, le patient reste dans le déni de ses troubles.
Au regard de ces éléments, il y a lieu, conformément aux préconisations du corps médical, de maintenir l’hospitalisation complète de M., [P], dès lors que cette mesure constitue une réponse médicale nécessaire et proportionnée à l’état du patient.
PAR CES MOTIFS
Statuant en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
AUTORISONS le maintien de l’hospitalisation complète de M., [H], [P] né le 12 Janvier 1997 à, [Localité 4] ;
DISONS que les dépens seront laissés à la charge du Trésor Public.
RAPPELONS que cette décision est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification, par déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au Greffe de la cour d’Appel de, [Localité 6] (article R.3211-18 et suivants du code de la santé publique).
Le délai d’appel et l’appel ne sont pas suspensifs, à l’exception de l’appel formé par le ministère public qui peut être déclaré suspensif par le premier président de la cour d’appel ou son délégué conformément aux dispositions de l’article R.3211-20 du Code de la santé publique.
Le Greffier
La Présidente
Copie transmise par mail le 11 Mars 2026 à :
— M., [H], [P], par remise de copie contre récépissé par l’intermédiaire de l’établissement hospitalier,
— Ministère public,
— Directrice/Directeur de EPSAN de, [Localité 3]
— Me Lucas OSTERMANN, Conseil de, [H], [P]
Courrier d’information transmis par LS/courriel au tiers demandeur
Le Greffier
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