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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, réf., 20 juin 2025, n° 25/00390 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00390 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 3 juillet 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | S.A. BPCE ASSURANCES et pour signification au [ Adresse 11, SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA RESIDENCE [ Localité 19 ] DE BOURRASSOL, S.A. AXA FRANCE IARD es |
Texte intégral
N° RG 25/00390 – N° Portalis DBX4-W-B7J-T2UC
MINUTE N° :
DOSSIER : N° RG 25/00390 – N° Portalis DBX4-W-B7J-T2UC
NAC: 72D
FORMULE EXÉCUTOIRE
délivrée le
à Me Morgane BANQUET
à la SCP CANDELIER CARRIERE-PONSAN
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 20 JUIN 2025
DEMANDERESSE
Mme [P] [S], demeurant [Adresse 22]
représentée par Maître Isabelle CANDELIER de la SCP CANDELIER CARRIERE-PONSAN, avocats au barreau de TOULOUSE
DÉFENDEURS
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA RESIDENCE [Localité 19] DE BOURRASSOL, située [Adresse 10] représenté par son syndic en exercice, la société SYNDIA, dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Maître Marie-Agnès TROUVÉ de la SCP CAMILLE ET ASSOCIES, avocats au barreau de TOULOUSE
M. [N] [Z] propriétaire du lot n°212 ayant élu domicile au siège de la SASU REGI INVESTISSEMENT, [Adresse 4]
représenté par Me Morgane BANQUET, avocat au barreau de TOULOUSE
Mme [F] [X] propriétaire du lot n°212 ayant élu domicile SASU REGI INVESTISSEMENT, domiciliée : chez , [Adresse 4]
représentée par Me Morgane BANQUET, avocat au barreau de TOULOUSE
S.A. BPCE ASSURANCES et pour signification au [Adresse 11], dont le siège social est sis [Adresse 12]
défaillant
S.A. AXA FRANCE IARD es qualité d’assureur responsabilité civile du SDC du [Adresse 9], dont le siège social est sis [Adresse 5]
défaillant
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Lors des débats à l’audience publique du 22 mai 2025
PRÉSIDENT : Carole LOUIS, Vice-Président
GREFFIER : Audrey LEUNG KUNE CHONG, Greffier
ORDONNANCE :
PRÉSIDENT : Carole LOUIS, Vice-Président
GREFFIER : Audrey LEUNG KUNE CHONG, Greffier
Prononcée publiquement par mise à disposition au greffe, après prorogation du 13 juin 2025 au 20 juin 2025
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS
Suivant les termes d’une assignation en date du 26 février 2025 à laquelle il convient de se reporter pour plus ample exposé, la partie requérante, en l’occurrence Mme [P] [S], a saisi la juridiction des référés, au visa de l’article 145 du code de procédure civile, au contradictoire du [Adresse 26], représenté par son syndic en exercice, la société SYNDIA, M. [N] [Z] propriétaire du lot n°212 , Mme [F] [X] propriétaire du lot n°212, la S.A. BPCE ASSURANCES et la S.A. AXA FRANCE IARD es qualité d’assureur responsabilité civile du SDC du [Adresse 9] pour solliciter une expertise du fait de fuites, venues et dégâts des eaux affectant un immeuble, sis à39 [Adresse 24].
M. [N] [Z] propriétaire du lot n°212 , Mme [F] [X] propriétaire du lot n°212, ont réalisé des réserves et protestations.
La S.A. BPCE ASSURANCES et la S.A. AXA FRANCE IARD n’ont pas constitué avocat.
Le [Adresse 25] [Adresse 14] réclame débouté et 1500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
SUR QUOI,
La mesure sollicitée est conforme au fondement de l’article 145 du code de procédure civile qui dispose que peuvent être ordonnées en référé toutes mesures légalement admissibles chaque fois qu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige.
Il appartient au juge de s’assurer souverainement que la mesure correspond à un juste motif dont la pertinence se trouve dans l’établissement d’une preuve dont la production est susceptible d’influer sur la solution d’un litige futur, concernant des prétentions qui, dans leurs fondements, ne doivent pas apparaître comme manifestement irrecevables ou vouées à l’échec.
La partie requérante produit dans ce cadre des justificatifs suffisants (diagnostic, constats amiables de dégâts des eaux, courrier de mise en demeure notamment) établissant les éléments de fait et de droit d’un litige possible et la nécessité de l’expertise demandée qui, en tout état de cause, rejoint l’intérêt de chacune des parties dans la perspective d’une défense loyale de leurs droits respectifs, sans préjudicier au fond.
En l’état des pièces produites, l’appel en expertise du Syndicat des copropriétaires est prématurée.
En effet, aucun élément ne met en évidence pour l’instant la possible implications des parties communes dans les désordres de fuites d’eau.
L’ordre de service établi par FONCIA suivant mail du 21 juin 2022 visait à rechercher si la fuite provient des parties communes ou privatives. Le rapport d’investigation du 25 janvier 2024 conclut que les dommages proviennent de l’appartement 212 au niveau de la douche et de la bonde de receveur et d’une fragilité des receveurs. Il préconise le remplacement du receveur ainsi que la reprise de son évacuation et le remplacement du siphon du lavabo. Le second rapport du 29 février 2024 conclut qu’il n’y a plus de fuite sur la colonne d’évacuation dans le logement 210 et que tout est rentré dans l’ordre. Un nouvel expert a ensuite été désigné (cabinet ELEX)pour un rendez vous le 17 mai 2024 sans qu’aucun élément technique ne soit produit ensuite aux débats. Mme [S] a fait parvenir un mail à Polyexpert, expliquant que les locaux avaient été laissés tels quels pour sécher et qu’au 14 octobre 2024, les murs étaient toujours humides de sorte que la demanderesse estime que la fuite persiste. Le 23 décembre 2024, il est répondu à la demanderesse que les travaux de reprise ne seraient réalisés que lors que les supports seraient secs. A ce jour un taux d’humidité de 50 % demeure.
Au 28 février 2025, un nouveau rapport d’investigation conclut que les dommages proviennent des chutes [Localité 16] et des [Localité 16] des douches du logement 212 au travers du remplacement des Y de la chute en fonte des salles d’eau, des joints périphériques des receveurs de douche, des plaques PVC qui ne sont pas des revêtements adaptés.
Pour l’heure, le Syndicat des copropriétaires pourra le cas échéant être appelé en qualité de sachant si l’expert a besoin de précisions, mais les fuites étant manifestement localisées pour l’instant en partie privative, il n’aura pas la qualité de partie à l’expertise.
Si les investigations amènent des conclusions différentes, alors l’appel en cause du Syndicat des copropriétaires pourra être utile et opportune.
Les dépens seront provisoirement à la charge de la partie requérante afin d’assurer l’efficacité de la mesure, rappelant en outre que le fondement de l’action s’analyse comme une recherche probatoire au bénéfice de la partie qui en prend l’initiative, justifiant qu’elle en assume la charge dans un premier temps.
Toute demande, fondée sur l’article 700 du Code de Procédure Civile, est prématurée.
PAR CES MOTIFS
Nous, Carole LOUIS, Vice-Président, statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire en premier ressort et exécutoire par provision, rendue publiquement par mise à disposition au greffe,
VU l’article 145 du code de procédure civile,
VU les articles 263 et suivants du code de procédure civile,
Tous droits et moyens étant réservés sur le fond,
Rejetant toutes autres conclusions contraires ou plus amples,
Donnons acte aux parties défenderesses de leurs protestations et réserves.
Disons que l’appel en expertise du SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA [Adresse 23] LE [Adresse 21] est prématuré,
Au principal, renvoyons les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront,
Ordonnons en tant que de besoin la production aux débats de tous justificatifs d’assurances,
Ordonnons l’organisation d’une mesure d’expertise commune et opposable àMme [S], M. [N] [Z] propriétaire du lot n°212 , Mme [F] [X] propriétaire du lot n°212, la S.A. BPCE ASSURANCES et la S.A. AXA FRANCE IARD et commettons pour y procéder un expert inscrit sur la liste de la Cour d’Appel de [Localité 27], en la personne de :
[V] [B]
[Adresse 15]
[Localité 7]
Port. : 06.09.78.11.91 Mèl : [Courriel 13]
ou en cas d’indisponibilité
[C] [G]
[Adresse 3]
[Localité 8]
Tél : [XXXXXXXX01] Fax : [XXXXXXXX01]
Port. : 06.265.57.43.04 Mèl : [Courriel 20]
avec mission de :
prendre connaissance de tous documents utiles à l’accomplissement de sa mission, des conventions intervenues entre les parties,
visiter les lieux, les parties en présence des parties dument convoquées, leurs conseils avisés ;
vérifier le cadre administratif, réglementaire et contractuel dans lequel la situation est intervenue ainsi que les conditions d’assurance,
dire si les travaux effectués par les divers intervenants sont conformes quantitativement et qualitativement aux engagements contractuels pris et s’ils sont achevés,
dire si l’appartement [Adresse 6] présente les désordres et malfaçons précisément invoqués dans l’assignation ou tout document de renvoi à l’exclusion de tous autres non définis,
dans l’affirmative, en indiquer la nature et l’étendue en précisant s’ils peuvent compromettre la stabilité ou la solidité de l’immeuble ou le rendre impropre à l’usage auquel il est destiné en l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement,
dire quelles sont les causes de ces désordres et malfaçons en précisant s’ils sont imputables à une erreur de conception, à une faute d’exécution, à la mauvaise qualité des matériaux mis en œuvre, à une erreur d’utilisation de l’ouvrage, à un défaut d’entretien par son propriétaire, ou à toute autre cause qui sera indiquée, notamment une catastrophe naturelle reconnue par l’administration,
dans l’hypothèse d’un caractère évolutif des désordres, préciser à quel terme et dans quelle mesure l’ouvrage sera affecté,
rechercher tous les éléments techniques qui permettront à telle juridiction de déterminer les responsabilités respectives éventuellement encourues,
indiquer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres, malfaçons ou non conformités, en apprécier le coût et la durée d’exécution au vu des devis remis par les parties,
préciser si après exécution des travaux de remise en état, les locaux seront affectés d’une moins-value et la quantifier dans l’affirmative,
indiquer les préjudices éventuellement subis,
A l’issue de la première réunion d’expertise sur les lieux, rédiger une note succincte :
— en indiquant les premières constatations opérées, les questions à traiter et notamment les travaux confortatifs urgents
— énumérant les travaux de remise en l’état sans incidence sur le déroulement de l’expertise,
— donnant un premier avis, non définitif, sur l’existence, la nature, les causes de désordres ainsi qu’une première approximation du coût des éventuels frais de remise en conformité,
— présenter les éléments chiffrés permettant l’apurement des comptes entre parties
MODALITES TECHNIQUES
Rappelons à l’expert qu’il doit, dès sa saisine, adresser au greffe de la juridiction l’acceptation de sa mission et un engagement d’impartialité. Tout refus ou tout motif d’empêchement devra faire l’objet d’un courrier circonstancié, adressé dans les 8 jours de sa saisine.
Demandons à l’expert de s’adresser à la boite structurelle de la juridiction dédiée à l’expertise
([Courriel 17]),
Indiquons à l’expert qu’il devra procéder à la première réunion dans un délai maximum de 45 jours, à charge pour les parties de lui adresser spontanément leurs pièces et conclusions. Pour les dossiers complexes, et obligatoirement en matière de construction, patrimoniale ou comptable, l’expert adressera à son issue au juge chargé de la surveillance des expertises, une fiche récapitulative établie et adressée en la forme simplifiée, reprenant tous les points ci-dessous visés, en vue d’assurer un déroulement efficace de ses opérations.
Invitons instamment les parties à adresser, spontanément et dans les délais les plus brefs, et dès avant la première réunion, à l’expert les pièces répertoriées suivant bordereau d’accompagnement
Ordonnons par ailleurs en tant que de besoin la communication de renseignements et le versement de toutes pièces utiles à l’expertise judiciaire, détenus par des tiers ou organismes de gestion, et notamment en application de l’article L 143 du livre des procédures fiscales.
Fixons à l’expert un délai maximum de HUIT MOIS à compter de sa saisine (date figurant sur l’avis de consignation du greffe) pour déposer son rapport accompagné seulement des pièces complémentaires recueillis par ses soins ou auprès de tiers, sauf prorogation accordée.
Ordonnons à la partie requérante, Mme [P] [S], de consigner à la régie du tribunal une somme de 3 000, 00 € dans le mois de l’avis d’appel de consignation notifié par le greffe (sauf à justifier qu’elle est bénéficiaire de l’aide juridictionnelle), sous peine de caducité de la présente désignation conformément à l’article 271 du code de procédure civile. Il est rappelé que l’avance des frais ne préjuge pas de la charge finale du coût de l’expertise qui peut incomber à l’une ou l’autre des parties en la cause.
La consignation devra se faire par virement bancaire auprès du régisseur d’avances et de recettes du tribunal, en indiquant en début d’intitulé du virement le numéro RG du dossier, sur le RIB suivant :
IBAN (International Bank Account Number) : [XXXXXXXXXX018]
BIC (Bank Identifier Code) : TRPUFRP1
Indiquons que l’expert, dès sa saisine, précisera sans délai aux parties le calendrier de ses opérations, le coût prévisible de sa mission sous réserve de l’évolution de celle-ci et de la décision finale du juge taxateur. Il devra au fur et à mesure de sa mission solliciter les provisions nécessaires à fin que celles-ci soient le plus proche possible du coût final.
Disons que l’expert devra procéder dans le respect absolu du principe du contradictoire, établir un inventaire des pièces introduites entre ses mains ainsi que des documents utilisés dans le cadre de sa mission et répondre aux dires que les parties lui communiqueront en cours d’expertise ou avant le dépôt du rapport final, dans le cadre du pré-rapport qu’il établira de façon systématique, éventuellement en la forme dématérialisée pour éviter un surcoût, en rappelant aux parties qu’elles sont irrecevables à faire valoir des observations au-delà du délai fixé.
Rappelons que, selon les nouvelles modalités de l’article 276 du code de procédure civile : “Lorsque l’expert a fixé aux parties un délai pour formuler leurs observations ou réclamations, il n’est pas tenu de prendre en compte celles qui auraient été faites après l’expiration de ce délai, à moins qu’il n’existe une cause grave et dûment justifiée, auquel cas, il en fait rapport au juge. Lorsqu’elles sont écrites, les dernières observations ou réclamations des parties doivent rappeler sommairement le contenu de celles qu’elles ont présentées antérieurement. A défaut, elles sont réputées abandonnées par les parties. L’expert doit faire mention, dans son avis, de la suite donnée aux observations ou réclamations présentées”.
Demandons à l’expert de vérifier le contenu de sa mission, la qualité des parties et des intervenants aux opérations ainsi que la nécessité de provoquer dans les plus brefs délais la mise en cause éventuelle d’autres acteurs, à la diligence des parties, sous le contrôle, le cas échéant, du magistrat chargé de la surveillance des expertises. Ce magistrat sera notamment informé de toutes difficultés affectant le bon déroulement de la mesure. Il accordera, à titre exceptionnel, toute prorogation du délai imparti sur demande motivée de l’expert. Le magistrat fixera, s’il y a lieu, toute provision complémentaire. Il sera saisi de toute demande particulière conditionnant, au niveau matériel ou financier, la poursuite de l’expertise. Il décidera aussi, saisi sur incident et après note spéciale de l’expert, de l’exécution de travaux urgents, au besoin pour le compte de qui il appartiendra.
Autorisons l’expert, en vertu de l’article 278 du code de procédure civile, à s’adjoindre tout technicien ou homme de l’art, distinct de sa spécialité.
Rappelons que l’expert n’autorise aucun travaux de reprise, sauf urgence, après débats éventuels devant le juge chargé du suivi des expertises ou de la mise en état, selon le cas.
Soulignons qu’il n’entre pas dans la mission de l’expert de diriger ou de contrôler l’exécution des travaux dont la bonne fin est réceptionnée conformément au cadre légal.
Dans le but de limiter les frais d’expertise, invitons les parties, pour leurs échanges contradictoires avec l’expert et la communication des documents nécessaires à la réalisation de la mesure, à utiliser la voie dématérialisée via l’outil OPALEXE. Cette utilisation se fera dans le cadre déterminé par le site http://www.certeurope.fr et sous réserve de l’accord exprès et préalable de l’ensemble des parties ;
Rejetons toute demande d’article 700 du code de procédure civile,
Laissons les dépens à la charge de Mme [P] [S]
Ainsi rendu les jour, mois et an indiqués ci-dessus, et signé du président et du greffier.
Le Greffier, Le Président,
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