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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, jld, 18 août 2025, n° 25/01903 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01903 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE de VERSAILLES
ORDONNANCE DE MAINTIEN D’UNE HOSPITALISATION COMPLETE
(Art L. 3211-12-1 code de la santé publique)
Dossier N° RG 25/01903 – N° Portalis DB22-W-B7J-TJPO
N° de Minute : 25/1820
M. le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 11] [Localité 12]
c/
[H] [D]
NOTIFICATION par courriel contre récépissé au défendeur par remise de copie contre signature
LE : 18 Août 2025
— NOTIFICATION par courriel contre récépissé à :
— l’avocat
— monsieur le directeur de l’établissement hospitalier
LE : 18 Août 2025
— NOTIFICATION par lettre simple au tiers
LE : 18 Août 2025
— NOTIFICATION par remise de copie à Madame le Procureur de la République
LE : 18 Août 2025
______________________________
Le greffier
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE
Hospitalisation sous contrainte
l’an deux mil vingt cinq et le dix huit Août
Devant Nous, Madame Violaine ESPARBÈS, Vice-Présidente, au tribunal judiciaire de Versailles statuant en application du code de la santé publique assistée de Madame Axelle MATEOS, greffier, à l’audience du 18 Août 2025
DEMANDEUR
Monsieur le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 11] [Localité 12]
régulièrement convoqué, absent non représenté
DÉFENDEUR
Madame [H] [D]
[Adresse 8]
[Localité 7]
actuellement hospitalisée au CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 11] [Localité 12]
régulièrement convoquée, présente et assistée de Me Erline GUERRIER, avocat au barreau de VERSAILLES, commis d’office.
tiers
Madame [G] [D]
[Adresse 5]
[Localité 6]
régulièrement avisé, absent
PARTIE(S) INTERVENANTE(S)
— Madame le Procureur de la République
près le Tribunal Judiciaire de Versailles
régulièrement avisée, absente non représentée
Madame [H] [D], née le 12 Juin 1995 à [Localité 10], demeurant [Adresse 9], fait l’objet, depuis le 8 août 2025 au CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 11] [Localité 12], d’une mesure de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation sous contrainte sur décision du directeur d’établissement, en application des dispositions de l’article L. 3212-3 du code de la santé publique, en urgence et à la demande d’un tiers Madame [G] [D], sa soeur.
Le 13 Août 2025, Monsieur le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 11] [Localité 12] a saisi le magistrat statuant en application du code de la santé publique afin qu’il soit statué, conformément aux dispositions des articles L 3211-12-1 à L 3212-12 et des articles L 3213-1 à L 3213-11 du code de la santé publique, sur cette mesure.
Madame le Procureur de la République, avisée, a fait connaître son avis favorable au maintien de la mesure.
A l’audience, Madame [H] [D] était présente, assistée de Me Erline GUERRIER, avocat au barreau de VERSAILLES.
Les débats ont été tenus en audience publique, madame exposant son mal-être qu’elle attribue à son hospitalisation et l’absence d’activité et d’interaction. Elle explique qu’elle a toujours pris ses médicaments et être victime de jalousie, raison pour laquelle elle a été hospitalisée. Elle affirme ne pas refuser les soins mais discuter la posologie, en particulier du valium qu’elle estime surdosé, ce qui lui cause des effets secondaires gênant.
Son conseil soulève l’irrégularité de la procédure au motif que le dernier avis médical est trop ancien pour dater du 13 août 2025.
La cause entendue à l’audience, l’affaire a été mise en délibéré au 18 Août 2025, par mise à disposition de l’ordonnance au greffe du juge des libertés et de la détention.
DISCUSSION
Il résulte des dispositions de l’article L 3211-12-1 du code de la santé publique qu’il appartient au juge des libertés et de la détention de statuer systématiquement sur la situation des patients faisant l’objet de soins psychiatriques sous forme d’hospitalisation complète, sans leur consentement.
L’article L 3212-1 de ce même code prévoit l’admission d’une personne en soins psychiatrique sous le régime de l’hospitalisation complète, sur décision du directeur d’un établissement habilité, lorsque ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, ou d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge adaptée.
Sur le moyen de nullité tiré de l’ancienneté du dernier avis médical au dossier :
Il est constant que l’irrégularité affectant une décision administrative dans le cadre de la présente instance entraîne la mainlevée de la mesure s’il en résulte une atteinte aux droits de la personne qui en fait l’objet, en application des dispositions de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique.
Il est tout autant constant que le dernier avis médical présent au dossier date du 13 août 2025, alors que l’audience se tient le 18 août 2025. Mais notre saisine est en date du 13 août 2025 et, au vu du pont du 15 août, la situation n’a été évoquée qu’à l’audience du 18 août. Aucune tardiveté ne peut être retenue en l’espèce.
Qu’il en résulte que la décision d’admission n’a pas porté atteinte aux droits du patient, mais l’a préservé d’un risque grave imminent d’atteinte à l’intégrité de sa personne, de sorte que l’exception sera rejetée
Sur le fond
Vu le certificat médical initial, dressé le 8 août 2025, par le Docteur [S] [L] [P] ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures, dressé le 9 août 2025, par le Docteur [U] [I] ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures, dressé le 11 août 2025, par le Docteur [N] [W] ;
Dans un avis motivé établi le 13 août 2025, le Docteur [N] [W] conclut à la nécessité du maintien des soins sous la forme d’une hospitalisation complète.
Il convient de préciser que cette mesure a été prise immédiatement après une mainlevée ordonnée par le juge des libertés et de la détention le 7 août 2025.
Il apparaît que madame [D] affirme être coopérante et adhérante aux soins. Toutefois, le médecin a constaté le 8 août que cette adhésion était inexistante et qu’elle avait une mauvaise conscience de ses troubles. Le 11 août, c’est son hyper contrôle de ses propos et comportements, son délire de persécution et une adhésion faible aux soins proposés qui sont notés. Le 13 août, sont rappelés sa tendance à la dissimulation et à la manipulation, tout autant que des idées de persécution et un anasognasie marquée et le refus des soins proposés. A l’audition, l’hypercontrôle est revendiqué par madame [D] et le refus de la posologie également. Or, les différents médecins intervenant au dossier mettent en évidence que son absence de critique quant à son état de santé réel et son adhésion très pauvre aux soins sont réels et la mettent en danger.
Il convient, au regard de ces éléments, les restrictions à l’exercice des libertés individuelles de Madame [H] [D], née le 12 Juin 1995 à [Localité 10], demeurant [Adresse 9] étant adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis, l’intéressé se trouvant dans l’impossibilité de consentir aux soins en raison des troubles décrits, son état nécessitant des soins assortis d’une surveillance constante, de dire que la mesure de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète sera, en l’état, maintenue.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Rejetons les moyens d’irrégularité invoqués.
Ordonnons le maintien de la mesure de soins psychiatriques sous forme d’hospitalisation complète de Madame [H] [D] ;
Rappelons que l’ordonnance du juge des libertés et de la détention est susceptible d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Versailles dans un délai de dix jours à compter de sa notification. Seules les parties à la procédure définies à l’article R.3211-13 du CSP peuvent faire appel (requérant, personne sous soins psychiatriques, préfet ou directeur d’établissement le cas échéant). Le ministère public peut, dans tous les cas, interjeter appel dans le même délai. La déclaration d’appel motivée est transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de Versailles qui en avise sur-le-champ le greffier du tribunal judiciaire et fait connaître la date et l’heure de l’audience aux parties, à leurs avocats, au tiers qui a demandé l’admission en soins et au directeur d’établissement. A moins qu’il n’ait été donné un effet suspensif à l’appel, le premier président statue dans les douze jours de sa saisine. Ce délai est porté à vingt-cinq jours si une expertise est ordonnée. Adresse : Monsieur le Premier Président – Cour d’Appel de Versailles – [Adresse 4] (télécopie : [XXXXXXXX02] – téléphone : [XXXXXXXX01] et [XXXXXXXX03] ).
Rappelons que sur le fondement des dispositions des articles L 3211-12-4, R. 3211-16 et R 3211-20 du code de la santé publique le recours n’est pas suspensif d’exécution, sauf décision du Premier Président de la Cour d’appel de Versailles déclarant le recours suspensif à la demande du Procureur de la République ;
Laissons les éventuels dépens à la charge du Trésor Public ;
Prononcée par mise à disposition au greffe le 18 Août 2025 par Madame Violaine ESPARBÈS, Vice-Présidente, assistée de Madame Axelle MATEOS, greffier, qui ont signé la minute de la présente décision.
Le greffier Le président
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