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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, jld, 14 févr. 2025, n° 25/00372 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00372 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure d'isolement et/ou de contention |
| Date de dernière mise à jour : | 21 février 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE de VERSAILLES
ORDONNANCE DE MAINTIEN D’ISOLEMENT (Art L. 3222-5-1 code de la santé publique)
Dossier N° RG 25/00372 – N° Portalis DB22-W-B7J-SZBU
N° de Minute : 25/366
M. le Directeur du [12]
c/
[Z] [G]
NOTIFICATION par courriel contre récépissé au défendeur par remise de copie contre signature
LE : 14 Février 2025
— NOTIFICATION par courriel contre récépissé à :
— l’avocat
— monsieur le directeur de l’établissement hospitalier
LE : 14 Février 2025
— NOTIFICATION par remise de copie à Madame la Procureure de la République
LE : 14 Février 2025
______________________________
Le greffier
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE
Hospitalisation sous contrainte
Le 14 février 2025 à 16 heures,
Devant Nous, Madame Raphaële ECHÉ, Vice-présidente, au tribunal judiciaire de Versailles statuant en application du code de la santé publique
DEMANDEUR
Monsieur le Directeur du [12]
[Adresse 10]
[Adresse 11]
[Localité 8]
régulièrement convoqué, absent non représenté
DÉFENDEUR
Madame [Z] [G], née le 17 Novembre 1946 à [Localité 9], demeurant [Adresse 4] – [Localité 7]
actuellement hospitalisée au [12]
— régulièrement avisée,
— présente téléphoniquement
— assistée par Me Magali DURANT-GIZZI, avocate au barreau de VERSAILLES
PARTIE INTERVENANTE
Madame la Procureure de la République
près le Tribunal Judiciaire de Versailles
régulièrement avisée, absent non représentée
Madame [Z] [G], née le 17 Novembre 1946 à [Localité 9], demeurant [Adresse 4] – [Localité 7], fait l’objet, depuis le 13 novembre 2024 au [12], d’une mesure de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète, sur décision du directeur d’établissement, en application des dispositions de l’article L. 3212-3 du code de la santé publique, en urgence et à la demande d’un tiers, Madame [P] [R], sa fille.
Vu l’article L.3211-12 et suivants et L.3222-5-1 du Code de la Santé Publique ;
Vu le placement en isolement le 11 février 2025 à 14 heures 30, par le docteur [S] [O], psychiatre du Pôle psychiatrie du [12], renouvelé pour la dernière fois le 13 février 2025 à 10 heures 38 par le même médecin ;
Vu la saisine du magistrat statuant en application du code de la santé publique en date du 13 février 2025 à 15h06 aux fins de maintien d’une mesure d’isolement, indiquant le souhait de la patiente d’être assistée par un avocat et d’être auditionnée par le magistrat ;
Vu les conclusions transmises le 13 février à 15 heures 31 par Maître Magali DURANT-GIZZI, avocate au barreau de VERSAILLES, sollicitant la mainlevée de la mesure au motif que la patiente n’a pas fait l’objet d’une information de ses proches alors qu’elle est hospitalisée à la demande d’un tiers ;
Entendue le 14 février 2025 à 11 heures 20, [Z] [H] nous a exposé qu’elle est couchée par terre parce que son lit est en plastic et que cela lui fait mal au dos ; qu’elle est en couche-culotte parce qu’ils lui ont retiré son pull et son pantalon ; qu’elle a été contrainte de faire sous elle et qu’elle est restée dans ses excréments de 2 heures à 14 heures, heure à laquelle un soignant est venu l’aider, l’a nettoyée, l’a changée. ll a également nettoyé la salle de bains parce qu’il y en avait partout. Elle a ensuite eu droit à un doliprane. Elle a affirmé qu’elle n’a pas mangé depuis deux jours parce que sa cuillère est en plastic et qu’elle préfère les couverts en acier ; qu’elle a de l’arthrose, ne tient pas ses couverts et mange avec ses mains. Elle a précisé qu’elle bénéficie de sorties de chambre de 5 minutes ; qu’elle est accompagnée dans la salle de restaurant où on lui a donné une madeleine et un diabolo-menthe, ce qui lui a occasionné une débâcle. Elle a indiqué qu’elle souhaite sortir et faire prévenir sa fille qu’elle est prête à aller en E.H.P.A.D. Elle a souligné qu’elle n’a pas vu sa fille, à l’exception du 2 janvier ; que cette dernière communique avec elle par l’intermédiaire de l’adresse mail de l’assistante sociale ; qu’elle l’a aussi eu par téléphone rapidement; que sa fille lui a dit : « calme-toi, soigne-toi et oublie moi ». Elle a conclut que cela fait trois mois qu’elle est à l’hôpital ; qu’elle ne mange pas ; qu’elle a perdu 20 kg ; que personne ne vient la voir ; qu’on la laisse « crever ». Elle a enfin indiqué qu’elle n’a pas besoin d’avocat puisqu’elle a pu parler au juge.
DISCUSSION
L’article L. 3222-5-1 du code de la santé publique prévoit que :
I.-L’isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours et ne peuvent concerner que des patients en hospitalisation complète sans consentement. Il ne peut y être procédé que pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision motivée d’un psychiatre et uniquement de manière adaptée, nécessaire et proportionnée au risque après évaluation du patient. Leur mise en œuvre doit faire l’objet d’une surveillance stricte, somatique et psychiatrique, confiée par l’établissement à des professionnels de santé désignés à cette fin et tracée dans le dossier médical.
La mesure d’isolement est prise pour une durée maximale de douze heures. Si l’état de santé du patient le nécessite, elle peut être renouvelée, dans les conditions et selon les modalités prévues au premier alinéa du présent I, dans la limite d’une durée totale de quarante-huit heures, et fait l’objet de deux évaluations par vingt-quatre heures.
La mesure de contention est prise dans le cadre d’une mesure d’isolement pour une durée maximale de six heures. Si l’état de santé du patient le nécessite, elle peut être renouvelée, dans les conditions et selon les modalités prévues au même premier alinéa, dans la limite d’une durée totale de vingt-quatre heures, et fait l’objet de deux évaluations par douze heures.
II. – A titre exceptionnel, le médecin peut renouveler, au-delà des durées totales prévues au I, les mesures d’isolement et de contention, dans le respect des conditions prévues au même I. Le directeur de l’établissement informe sans délai le tribunal judiciaire du renouvellement de ces mesures. Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut se saisir d’office pour y mettre fin. Le médecin informe du renouvellement de ces mesures au moins un membre de la famille du patient, en priorité son conjoint, le partenaire lié à lui par un pacte civil de solidarité ou son concubin, ou une personne susceptible d’agir dans son intérêt dès lors qu’une telle personne est identifiée, dans le respect de la volonté du patient et du secret médical.
Le directeur de l’établissement saisit le juge avant l’expiration de la soixante-douzième heure d’isolement ou de la quarante-huitième heure de contention, si l’état de santé du patient rend nécessaire le renouvellement de la mesure au-delà de ces durées.
Le juge statue dans un délai de vingt-quatre heures à compter du terme des durées prévues au deuxième alinéa du présent II.
Si les conditions prévues au I ne sont plus réunies, il ordonne la mainlevée de la mesure. Dans ce cas, aucune nouvelle mesure ne peut être prise avant l’expiration d’un délai de quarante-huit heures à compter de la mainlevée de la mesure, sauf survenance d’éléments nouveaux dans la situation du patient qui rendent impossibles d’autres modalités de prise en charge permettant d’assurer sa sécurité ou celle d’autrui. Le directeur de l’établissement informe sans délai le juge, qui peut se saisir d’office pour mettre fin à la nouvelle mesure.
Si les conditions prévues au même I sont toujours réunies, le juge des libertés et de la détention autorise le maintien de la mesure d’isolement ou de contention. Dans ce cas, le médecin peut la renouveler dans les conditions prévues audit I et aux deux premiers alinéas du présent II. Toutefois, si le renouvellement d’une mesure d’isolement est encore nécessaire après deux décisions de maintien prises par le juge des libertés et de la détention, celui-ci est saisi au moins vingt-quatre heures avant l’expiration d’un délai de sept jours à compter de sa précédente décision et le médecin informe du renouvellement de ces mesures au moins un membre de la famille du patient, en priorité son conjoint, le partenaire lié à lui par un pacte civil de solidarité ou son concubin, ou une personne susceptible d’agir dans son intérêt dès lors qu’une telle personne est identifiée, dans le respect de la volonté du patient et du secret médical. Le juge des libertés et de la détention statue avant l’expiration de ce délai de sept jours. Le cas échéant, il est à nouveau saisi au moins vingt-quatre heures avant l’expiration de chaque nouveau délai de sept jours et statue dans les mêmes conditions. Le médecin réitère l’information susmentionnée lors de chaque saisine du juge des libertés et de la détention.
Pour l’application des deux premiers alinéas du présent II, lorsqu’une mesure d’isolement ou de contention est prise moins de quarante-huit heures après qu’une précédente mesure d’isolement ou de contention a pris fin, sa durée s’ajoute à celle des mesures d’isolement ou de contention qui la précèdent.
Les mêmes deux premiers alinéas s’appliquent lorsque le médecin prend plusieurs mesures dont la durée cumulée sur une période de quinze jours atteint les durées prévues auxdits deux premiers alinéas.
Les mesures d’isolement et de contention peuvent également faire l’objet d’un contrôle par le magistrat du siège du tribunal judiciaire en application du IV de l’article L. 3211-12-1.
Un décret en Conseil d’Etat précise les conditions d’application du présent II.
III.-Un registre est tenu dans chaque établissement de santé autorisé en psychiatrie et désigné par le directeur général de l’agence régionale de santé pour assurer des soins psychiatriques sans consentement en application du I de l’article L. 3222-1. Pour chaque mesure d’isolement ou de contention, ce registre mentionne le nom du psychiatre ayant décidé cette mesure, un identifiant du patient concerné ainsi que son âge, son mode d’hospitalisation, la date et l’heure de début de la mesure, sa durée et le nom des professionnels de santé l’ayant surveillée. Le registre, établi sous forme numérique, doit être présenté, sur leur demande, à la commission départementale des soins psychiatriques, au Contrôleur général des lieux de privation de liberté ou à ses délégués et aux parlementaires.
L’établissement établit annuellement un rapport rendant compte des pratiques d’admission en chambre d’isolement et de contention, la politique définie pour limiter le recours à ces pratiques et l’évaluation de sa mise en œuvre. Ce rapport est transmis pour avis à la commission des usagers prévue à l’article L. 1112-3 et au conseil de surveillance prévu à l’article L. 6143-1.
Motifs de la décision
Sur la recevabilité de la saisine
En l’espèce, le juge a été saisi le 13 février 2025 à 15 heures 06, soit dans le délai de heures depuis la mesure initiale d’isolement du 11 février 2025 à 14 heures 30. La saisine est donc recevable.
Sur l’information d’un proche
Il résulte de l’audition de [Z] [G] elle-même que sa fille est informée de la situation de la patiente et qu’elle est en lien avec l’équipe soignante.
Les droits de la patiente sont donc respectés.
Sur le fond
En l’espèce, le renouvellement de la mesure d’isolement de [Z] [G] est motivé le 13 février 2025 à 10 heures 45 par le docteur [S] [O] de la façon suivante : « Malgré une prise charge intensive tant pharmacologique que soignante, les troubles constatés (patiente tendue ce jour, sthénique, discours complètement incohérent avec saut du coq à l’âne et déni massif des troubles. Elle a pris difficilement son traitement puis a jeté le verre par terre) rendent toujours le patient incapable de maîtriser ses comportements avec la persistance d’un risque auto ou hétéro-agtressif ».
Il ressort de ces éléments que la mesure d’isolement est bien motivée par la nécessité de prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient et pour autrui, compte tenu de agressivité du patient et qu’elle est proportionnée à ce risque.
Le maintien de la mesure apparaissant justifié au regard des critères de l’article L3222-5-1 du Code de la santé publique, son maintien sera autorisé.
PAR CES MOTIFS
Statuant en chambre du conseil par décision susceptible d’appel,
Rejetons le moyen soulevé,
Autorisons le maintien de la mesure d’isolement de Madame [Z] [G],
Indiquons que cette mesure, qui fait l’objet de sa première décision de maintien, si elle se poursuit et fait l’objet d’un nouveau renouvellement après 48 heures, devra faire l’objet d’une nouvelle saisine du JLD par l’établissement d’accueil au plus tard le 18 février 2025 à 14 heures 30 ;
Rappelons que la présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de Versailles, ou son délégué, dans un délai de 24 heures à compter de sa notification. Le ministère public peut interjeter appel dans le même délai. La déclaration d’appel motivée est transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de Versailles, qui en avise sur-le-champ le greffe du tribunal judiciaire.
Adresse : Monsieur le premier président – Cour d’appel de Versailles – [Adresse 5] – [Localité 6] (télécopie : [XXXXXXXX02] – téléphone : [XXXXXXXX01] et [XXXXXXXX03] ).
Prononcée par mise à disposition au greffe le 14 février 2025 à 16 heures par Madame Raphaële ECHÉ, Vice-présidente, qui signe la minute de la présente décision.
Le président
Cour d’Appel de VERSAILLES NOTIFICATION
TRIBUNAL
JUDICIAIRE Le magistrat statuant en application du code de la
DE VERSAILLES santé publique
à
■
Me Magali DURANT-GIZZI, avocat au barreau de VERSAILLES
N° dossier : N° RG 25/00372 – N° Portalis DB22-W-B7J-SZBU
Objet : Notification d’une ordonnance relative à une mesure d’isolement
Maître,
Une décision de maintien de la mesure d’isolement a été rendue le 14 février 2025 par Madame Raphaële ECHE, au tribunal judiciaire de Versailles statuant en application du code de la santé publique .
Je vous rappelle qu’en vertu de l’article R. 3211-42 du code de la Santé Publique vous disposez d’un délai d’appel contre la présente décision de 24 heures à compter de la date de la présente notification. Cet appel est à interjeter par tout moyen auprès du greffe de la Cour d’Appel de Versailles.
Versailles, le 14 février 2025
Le Greffier
copie de la décision transmise par courriel contre récépissé le 14 février 2025
le greffier
Cour d’Appel de VERSAILLES NOTIFICATION
TRIBUNAL
JUDICIAIRE Le magistrat statuant en application du code de la santé publique
DE VERSAILLES
à
■
Madame [Z] [G]
personne hospitalisée au [12]
N° dossier : N° RG 25/00372 – N° Portalis DB22-W-B7J-SZBU
Objet : Notification d’une ordonnance relative à une mesure d’isolement
Une décision de maintien de la mesure d’isolement a été rendue le 14 février 2025 par Madame Raphaële ECHE, au tribunal judiciaire de Versailles statuant en application du code de la santé publique .
Je vous rappelle qu’en vertu de l’article R. 3211-42 du code de la Santé Publique vous disposez d’un délai d’appel contre la présente décision de 24 heures à compter de la date de la présente notification. Cet appel est à interjeter par tout moyen auprès du greffe de la Cour d’Appel de Versailles.
Versailles, le 14 février 2025
Le Greffier
RÉCÉPISSÉ A RETOURNER IMPÉRATIVEMENT
PAR E-MAIL AU GREFFE DU JUGE DES LIBERTÉS ET DE LA DÉTENTION
La personne hospitalisée : Madame [Z] [G]
reconnaît avoir reçu notification et copie de l’ordonnance
de maintien de la mesure d’isolement
date et heure de remise de l’ordonnance :
le :
Signature de la personne hospitalisée
Cour d’appel de Versailles
Tribunal judiciaire de Versailles
Dossier N° RG 25/00372 – N° Portalis DB22-W-B7J-SZBU
NOTIFICATION AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE
Avis de la présente ordonnance a été donné à M. le procureur de la République le 14 Février 2025 à _____ h _____
Le greffier,
Nous, _________________________________________, procureur de la République près le tribunal juiciaire de Versailles, déclarons interjeter appel de la présente ordonnance et saisir M. le premier président de la cour d’appel de Versailles afin de donner un effet suspensif à cette ordonnance.
Le _____________________ à______ heures______
Le procureur de la République,
Nous, ______________________________________, procureur de la République près le tribunal judiciaire de Versailles, déclarons ne pas nous opposer à la mise à exécution de la présente ordonnance.
Le _____________________ à______ heures______
Le procureur de la République
Nous, _____________________________, greffier, constatons le___________ à ____ h _____,
que M. Le procureur de la République ne s’est pas opposé à la mise à exécution de la présente ordonnance.
Le greffier,
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