Confirmation 30 septembre 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Aix-en-Provence, retention administrative, 30 sept. 2025, n° 25/01922 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel d'Aix-en-Provence |
| Numéro(s) : | 25/01922 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
COUR D’APPEL D’AIX-EN-PROVENCE
CHAMBRE 1-11, Rétention Administrative
ORDONNANCE
DU 30 SEPTEMBRE 2025
N° RG 25/01922 – N° Portalis DBVB-V-B7J-BPGPG
Copie conforme
délivrée le 30 Septembre 2025 par courriel à :
— l’avocat
— le préfet
— le CRA
— le JLD/TJ
— le retenu
— le MP
Décision déférée à la Cour :
Ordonnance rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d’éloignement et de rétention de Marseille en date du 29 Septembre 2025 à 12H18.
APPELANT
Monsieur [C] [L]
né le 05 Décembre 1978 à [Localité 7] (99)
de nationalité Algérienne
NON COMPARANT
Assisté de Maître Vanessa MARTINEZ,
avocat au barreau d’AIX-EN-PROVENCE, commis d’office.
INTIMÉE
PRÉFECTURE DU VAUCLUSE
Avisée et non représentée
MINISTÈRE PUBLIC
Avisé, non représenté
******
DÉBATS
L’affaire a été débattue en audience publique le 30 Septembre 2025 devant Mme Nathalie MARTY, Conseiller à la cour d’appel déléguée par le premier président par ordonnance, assistée de Mme Carla D’AGOSTINO, Greffier,
ORDONNANCE
Par décision réputée contradictoire,
Prononcée par mise à disposition au greffe le 30 Septembre 2025 à 11h18,
Signée par Mme Nathalie MARTY, Conseiller et Mme Carla D’AGOSTINO, Greffier,
PROCÉDURE ET MOYENS
Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ;
Vu l’arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le 04 août 2024 par la PREFECTURE DU RHONE , notifié le même jour à 14H40 ;
Vu la décision de placement en rétention prise le 16 juillet 2025 par la PREFECTURE DU VAUCLUSE notifiée le même jour à 12h45;
Vu l’ordonnance du 29 Septembre 2025 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d’éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [C] [L] dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire ;
Vu l’appel interjeté le 29 Septembre 2025 à 15h44 par Monsieur [C] [L] ;
A l’audience,
Monsieur [C] [L] n’a pas souhaité comparaître ;
Son avocat a été régulièrement entendu ; il conclut à l’infirmation de l’ordonnance querellée et à la remise en liberté de son client ;
Il soutient que les conditions d’une quatrième prolongation ne sont pas réunies
MOTIFS DE LA DÉCISION
La recevabilité de l’appel contre l’ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d’éloignement et de rétention n’est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d’irrégularité.
La requête préfectorale en prolongation étant notamment bien accompagnée du registre actualisé et de toutes les pièces justificatives utiles.
Les mentions des diligences consulaires n’ayant pas à apparaître sur le registre dès lors que sont communiquées les pièces justifiants de ces diligences.
Sur les conditions de l’article L742-5 du CESEDA
Selon les dispositions de l’article L742-5 du CESEDA, 'A titre exceptionnel, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l’article L. 742-4, lorsqu’une des situations suivantes apparait dans les quinze derniers jours :
1° L’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la décision d’éloignement ;
2° L’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d’éloignement :
a) une demande de protection contre l’éloignement au titre du 5° de l’article L. 631-3 ;
b) ou une demande d’asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public.
L’étranger est maintenu en rétention jusqu’à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d’une durée maximale de quinze jours.
Si l’une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° ou au septième alinéa du présent article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l’avant-dernier alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas quatre-vingt-dix jours.
Il est constant que les critères énoncés ci-dessus n’étant pas cumulatif, il suffit à l’administration d’établir l’un d’eux pour justifier d’une prolongation de la rétention , que par ailleurs 'Le juge tient particulièrement compte de comportements menaçant l’ordre public susceptibles de révéler un risque de soustraction à la procédure d’éloignement à chaque fois qu’il est saisi aux fins de prolongation de la rétention. Il s’en déduit que la troisième prolongation de la rétention n’est pas soumise, contrairement aux autres situations, à l’exigence que la menace à l’ordre public soit apparue dans les quinze derniers jours et que la quatrième prolongation n’est soumise qu’à la persistance de cette menace au regard notamment de faits antérieurs au placement en rétention et n’impose pas qu’un nouvel élément la caractérisant soit survenu au cours de la troisième prolongation’ (Civ 1 9 avril 2025 Arrêt n 239 F-D).
Selon les dispositions de l’article L741-3 du CESEDA, 'Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L’administration exerce toute diligence à cet effet.'
En l’espèce, il ressort de la procédure que le représentant de l’Etat a accompli nombre de diligences tendant à l’exécution de la mesure d’éloignement. Ainsi, il a saisi le consulat d’Algérie d’un demande d’identification toujours en cours, les relations diplomatiques avec l’Algérie pouvant reprendre à tout moment il n’est pas établi qu’il n’existe pas de perspectives d’éloignement
En outre, il n’est pas contesté que l’intéressé n’a pas fait volontairement obstruction à l’exécution de la mesure d’éloignement durant les quinze derniers jours de la rétention, pas plus qu’il n’a sollicité durant cette période une protection internationale.
En réalité, le préfet fonde essentiellement sa demande de prolongation sur la menace à l’ordre public que représente le retenu.
En l’espèce, il ressort des pièces versées aux débats que M. [L] a été condamné, par jugement du tribunal correctionnel de LYON en date du 31 décembre 2024, à la peine de 4 mois d’emprisonnement pour des faits de tentative de vol par ruse, effraction, ou escalade dans un local d’habitation ou un lieu d’entrepôt aggravé par une autre circonstance. Il a également été placé en garde à vue le 15 juillet 2025 pour des faits de vol à l’étalage, qu’il a reconnus, et pour lesquels il est convoqué devant le tribunal correctionnel d’AVlGNON le 11 mai 2026 prochain. Si M. [L] n’a pas fait l’objet d’une condamnation pénale s’agissant de ces derniers faits et qu’il bénéficie à ce titre de la présomption d’innocence, force est de constater qu’il ressort de son audition en garde à vue, au cours de laquelle il était assisté d’un avocat, qu’il a lui-même reconnu les faits, pour des raisons financières. M[L] ne justifie en outre d’aucun domicile fixe, d’aucune ressource, et est sans attache familiale en France Au vu de ces éléments, il apparaît que malgré une unique condamnation pénale définitive, le risque de réitération de comportements délictueux de nature à troubler l’ordre public est manifeste.
La menace à l’ordre public étant grave et persistante le moyen sera donc rejeté.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par décision réputée contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique,
Constatons la régularité de la procédure
Déclarons recevable la requête en prolongation
Rejetons les moyens soulevés
Confirmons l’ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d’éloignement et de rétention en date du 29 Septembre 2025.
Les parties sont avisées qu’elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d’Etat ou de la Cour de cassation.
Le greffier Le président
Reçu et pris connaissance le :
Monsieur [C] [L]
Assisté d’un interprète
COUR D’APPEL D’AIX-EN-PROVENCE
Chambre 1-11, Rétentions Administratives
[Adresse 6]
Téléphone : [XXXXXXXX02] – [XXXXXXXX03] – [XXXXXXXX01]
Courriel : [Courriel 4]
Aix-en-Provence, le 30 Septembre 2025
À
— PREFECTURE DU VAUCLUSE
— Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de [Localité 5]
— Monsieur le procureur général
— Monsieur le greffier du Magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés de MARSEILLE
— Maître Vanessa MARTINEZ
NOTIFICATION D’UNE ORDONNANCE
J’ai l’honneur de vous notifier l’ordonnance ci-jointe rendue le 30 Septembre 2025, suite à l’appel interjeté par :
Monsieur [C] [L]
né le 05 Décembre 1978 à [Localité 7] (99)
de nationalité Algérienne
Je vous remercie de m’accuser réception du présent envoi.
Le greffier,
VOIE DE RECOURS
Nous prions Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de bien vouloir indiquer au retenu qu’il peut se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Corse ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ordonnance ·
- Délai ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Décision d’éloignement ·
- Transfert ·
- Contrôle ·
- Magistrat
- Compte courant ·
- Tribunal judiciaire ·
- Résolution ·
- Associé ·
- Assemblée générale ·
- Demande ·
- Solde ·
- Jugement ·
- Part sociale ·
- Rachat
- Responsabilité et quasi-contrats ·
- Servitude ·
- Demande ·
- Fond ·
- Jugement ·
- Titre ·
- Tribunal judiciaire ·
- Procédure ·
- Faute ·
- Enclave ·
- Resistance abusive
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Autres contrats de prestation de services ·
- Contrats ·
- Procédure accélérée ·
- Caducité ·
- Adresses ·
- Commune ·
- Tribunal judiciaire ·
- Nationalité française ·
- Déclaration ·
- Appel ·
- Au fond ·
- Maire
- Relations avec les personnes publiques ·
- Droits de douane et assimilés ·
- Amiante ·
- Circulaire ·
- Douanes ·
- Installation de stockage ·
- Exemption ·
- Stockage des déchets ·
- Exonérations ·
- Sociétés ·
- Facture ·
- Titre
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Associations ·
- Accident du travail ·
- Témoignage ·
- Certificat médical ·
- Propos ·
- Témoin ·
- Harcèlement au travail ·
- Arrêt de travail ·
- Lésion ·
- Enquête
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande en paiement de prestations ·
- Protection sociale ·
- Tribunal judiciaire ·
- Sécurité sociale ·
- Retraite ·
- Compétence territoriale ·
- Juridiction ·
- Commission ·
- Recours ·
- Procédure civile ·
- Prestation de services ·
- Profession libérale
- Groupements : dirigeants ·
- Droit des affaires ·
- Demande de radiation ·
- Exécution provisoire ·
- Incident ·
- Mise en état ·
- Tribunal judiciaire ·
- Péremption ·
- Intimé ·
- Jugement ·
- Liquidation ·
- Délais
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Apprentissage ·
- Formation ·
- Travail ·
- Salaire ·
- Salarié ·
- Contrats ·
- Employeur ·
- Heures supplémentaires ·
- Paye ·
- Activité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Décision d’éloignement ·
- Prolongation ·
- Étranger ·
- Tribunal judiciaire ·
- Détention ·
- Ordonnance ·
- Voyage ·
- Liberté ·
- Administration ·
- Interprète
- Copropriété : organisation et administration ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Adresses ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Cabinet ·
- Immeuble ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dépens ·
- Désistement d'instance ·
- Titre ·
- Article 700 ·
- Procédure civile
- Relations avec les personnes publiques ·
- Droits d'enregistrement et assimilés ·
- Finances publiques ·
- Minorité ·
- Administration fiscale ·
- Majorité ·
- Tribunal judiciaire ·
- Assistance éducative ·
- Département ·
- Imposition ·
- Provence-alpes-côte d'azur ·
- Jugement
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.