Confirmation 15 avril 2025
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Sur la décision
| Référence : | CA Lyon, retentions, 15 avr. 2025, n° 25/02975 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Lyon |
| Numéro(s) : | 25/02975 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 21 avril 2025 |
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Texte intégral
N° RG 25/02975 – N° Portalis DBVX-V-B7J-QJWU
Nom du ressortissant :
[B] [S]
[S]
C/
PREFET DE L’ARDECHE
COUR D’APPEL DE LYON
JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT
ORDONNANCE DU 15 AVRIL 2025
statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers
Nous, Marianne LA MESTA, conseillère à la cour d’appel de Lyon, déléguée par ordonnance de madame la première présidente de ladite Cour en date du 2 janvier 2025 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11 et L. 743-21 du code d’entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d’asile,
Assistée de Inès BERTHO, greffier,
En l’absence du ministère public,
Statuant en notre cabinet dans la procédure suivie entre :
APPELANT :
M. [B] [S]
né le 21 Février 1995 à [Localité 5]
de nationalité Algérienne
Actuellement retenu au Centre de rétention administrative de [Localité 6] [7]
ayant pour conseil Maître Nathalie LOUVIER, avocate au barreau de LYON, commise d’office
ET
INTIME :
M. LE PREFET DE L’ARDECHE
[Adresse 2]
[Localité 1]
Ayant pour conseil Maître IRIRIRA NGANGA Dan, avocat au barreau de LYON substituant Me Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON
Avons mis l’affaire en délibéré au 15 Avril 2025 à 18h00 et à cette date et heure prononcé l’ordonnance dont la teneur suit :
FAITS ET PROCÉDURE
Par décision du 10 avril 2025, prise à l’issue d’une mesure de garde à vue pour des faits de vol en réunion, la préfète de l’Ardèche a ordonné le placement en rétention d'[B] [S], alias [N] [F], alias [V] [X], alais [N] [F], ci-après uniquement dénommé [B] [S] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire afin de permettre l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours édictée le 19 décembre 2023 par le préfet de la Loire et notifiée à la même date à l’intéressé, la préfète du Rhône ayant ordonné le retrait du délai de départ volontaire par décision du 12 janvier 2024 notifiée à la même date.
Suivant requête du 11 avril 2025, reçue au greffe le 12 avril 2025 à 13 heures 53, la préfète de l’Ardèche a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention d'[B] [S] pour une première durée de vingt-six jours.
Dans son ordonnance du 13 avril 2025 à 13 heures 51, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a déclaré recevable la requête en prolongation de la rétention administrative de la préfète de l’Ardèche, régulière la procédure diligentée à l’encontre d'[B] [S] et ordonné la prolongation de sa rétention dans les locaux du centre de rétention administrative de [Localité 6] [7] pour une durée de vingt-six jours.
Par déclaration reçue au greffe le 14 avril 2025 à 12 heures 22, [B] [S] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l’infirmation outre sa mise en liberté, au visa de l’article L.741-3 du CESEDA, en invoquant le défaut de diligences de la préfecture de l’Ardèche afin d’organiser son départ pendant les quatre premiers jours de sa rétention.
Suivant courriel adressé par le greffe le 14 avril 2025 à 15 heures 25, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l’article L. 743-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, pour le 15 avril 2025 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l’absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l’absence d’éléments fournis à l’appui de la requête d’appel permettant de justifier qu’il soit mis fin à la rétention.
Vu les observations du conseil de la préfecture de l’Ardèche transmises par courriel du 14 avril 2025 à 16 heures 57 tendant à la confirmation de l’ordonnance déférée,
Vu les observations du conseil d'[B] [S] adressées par message électronique du 14 avril 2025 à 17 heures 54 pour indiquer que l’intéressé entend rappeler les soins somatiques et psychiatriques dont il fait l’objet depuis de nombreuses années comme en attestent les éléments médicaux versés aux débats et le fait qu’il justifie bénéficier d’un hébergement chez M. [M] [R] au [Adresse 4] – [Localité 3],
MOTIVATION
L’appel d'[B] [S], relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), est déclaré recevable.
Aux termes de l’alinéa 2 de l’article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu’il est saisi d’un appel contre une décision rendue par le magistrat du siège du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d’appel sans avoir préalablement convoqué les parties s’il apparaît qu’aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l’appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu’il soit mis fin à la rétention.
En l’espèce, devant le juge du tribunal judiciaire de Lyon, [B] [S] n’a fait valoir aucun moyen relatif à une carence de l’autorité administrative dans les diligences faites pour organiser son éloignement. Ce moyen est soutenu pour la première fois en appel pour solliciter sa mise en liberté.
[B] [S] ne désigne précisément aucune insuffisance particulière de l’autorité préfectorale dans les diligences susceptibles d’être utilement engagées durant les quatre-vingt seize premières heures suivant son placement en rétention administrative.
A cet égard, l’analyse des pièces de la procédure fait apparaître que [B] [S] est démuni de tout document d’identité ou de voyage en cours de validité, mais l’autorité administrative dispose d’unne copie de son passeport algérien, de sorte qu’elle a saisi le consulat d’Algérie à [Localité 6] dès le 11 avril 2025 aux fins d’obtenir la délivrance d’un laissez-passer. La comparaison des empreintes d'[B] [S] avec celles enregistrées dans le fichier EURODAC ayant par ailleurs fait apparaître qu’il est enregistré comme demandeur d’asile aux Pays-Bas, la préfecture de l’Ardèche a également adressé une demande de reprise en charge aux autorités néerlandaises le 11 avril 2025.
Il convient de relever que le court délai de moins de 4 jours dont dispose l’autorité préfectorale avant de saisir le juge du tribunal judiciaire d’une requête en prolongation, ne lui permettait pas d’engager d’autres diligences utiles que celles évoquées ci-dessus et qui sont justifiées dans le dossier de la procédure.
Il en résulte que le moyen tiré du défaut de diligences ainsi que la prétention qui lui est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l’article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA.
Il y a en conséquence lieu de considérer que les éléments dont excipe [B] [S] ne permettent pas de justifier qu’il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu’il ne fait état d’aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention, en ce que les documents médicaux qu’il produit, outre qu’ils sont anciens voire très anciens, ne révèlent aucune incompatibilité avec un maintien en rétention administrative, tandis que l’attestation d’hébergement dont il se prévaut est inopérante, dans la mesure où il ne peut bénéficier d’une assignation à résidence judiciaire, en l’absence de remise préalable de l’original d’un document de voyage en cours de validité.
Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l’ordonnance entreprise est confirmée.
PAR CES MOTIFS
Déclarons recevable l’appel formé par [B] [S],
Confirmons l’ordonnance déférée.
La greffière, La conseillère déléguée,
Inès BERTHO Marianne LA MESTA
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