Confirmation 23 mai 2026
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Sur la décision
| Référence : | CA Lyon, retentions, 23 mai 2026, n° 26/03970 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Lyon |
| Numéro(s) : | 26/03970 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 4 juin 2026 |
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Texte intégral
N° RG 26/03970 – N° Portalis DBVX-V-B7K-Q46R
Nom du ressortissant :
[K] [O] [B]
[O] [B]
C/
[C]
COUR D’APPEL DE LYON
JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT
ORDONNANCE DU 23 MAI 2026
statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers
Nous, Albane GUILLARD, conseillère à la cour d’appel de Lyon, déléguée par ordonnance de madame la première présidente de ladite Cour en date du 18 mai 2026 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11 et L. 743-21 du code d’entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d’asile,
Assistée de Inès BERTHO, greffier,
En l’absence du ministère public,
Statuant en notre cabinet dans la procédure suivie entre :
APPELANT :
M. [K] [O] [B]
né le 25 Août 1981 à [Localité 1] (ESPAGNE)
Actuellement retenu au Centre de rétention administrative de [Localité 2] [Adresse 1] [Localité 3] 2
Ayant pour conseil Maître Carine LEFEVRE-DUVAL, avocat au barreau de LYON, commis d’office
ET
INTIMEE :
Mme [C]
[Adresse 2]
[Localité 4]
ayant pour conseil Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de LYON substituant Me Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON
Avons mis l’affaire en délibéré au 23 Mai 2026 à 12h00 et à cette date et heure prononcé l’ordonnance dont la teneur suit :
FAITS ET PROCÉDURE
Une obligation de quitter le territoire français sans délai a été notifiée à [K] [O] [B] le 2 mai 2026.
Par décision en date du 17 mai 2026, l’autorité administrative a ordonné le placement de [K] [O] [B] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire afin de permettre l’exécution de la mesure d’éloignement à compter du 17 mai 2026.
Suivant requête du 20 mai 2026, la préfecture de le l’Ain a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours.
Par requête du 18 mai 2026 [K] [O] [B] a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon en constestation de la régularité de l’arrêté de placement en rétention faisant valoir une incompétence de l’auteur de l’acte, non soutenue devant le premier juge, un défaut de motivation et d’examen sérieux et approfondi de sa situation, une erreur d’appréciation de ses garanties de représentation, le caractère disproportionné de son placement et une erreur manifeste d’appréciation sur la menace à l’ordre public.
Dans son ordonnance du 21 mai 2026 à 15h32, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a ordonné la jonction des deux procédures, déclaré la décision de placement régulière et fait droit à la requête en prolongation.
Par déclaration au greffe le 22 mai 2026 à 11h47,[K] [O] [B] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l’infirmation reprenant à l’identique les moyens soulevés devant le premier juge à l’exception de l’incompétence de l’auteur de l’acte sans apporter aucun élément nouveau.
Par courriel adressé le 22 mai 2026 à 12h14, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l’article L. 743-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 23 mai 2026 à 09 h au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l’absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l’absence d’éléments fournis à l’appui de la requête d’appel permettant de justifier qu’il soit mis fin à la rétention.
Vu les observations du conseil de la préfecture reçues par courriel le 23 mai 2026 à 8h49 tendant à la confirmation de l’ordonnance contestée.
Vu l’absence d’observation du conseil de [K] [O] [B] .
MOTIVATION
L’article R743-11 précité dispose que « à peine d’irrecevabilité, la déclaration d’appel est motivée. Elle est transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel qui l’enregistre avec mention de la date et de l’heure. Le greffier de la cour d’appel avise immédiatement le greffier du tribunal judiciaire qui lui transmet sans délai le dossier. »
Aux termes de l’alinéa 2 de l’article L 743-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le premier président ou son délégué peut, lorsqu’il est saisi d’un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L741-10 et L742-8, rejeter la déclaration d’appel sans avoir préalablement convoqué les parties s’il apparaît qu’aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l’appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu’il soit mis fin à la rétention.
Cette faculté de filtrage légalement prévue n’affecte ni le droit au recours ni le double degré de juridiction dès lors que l’examen porte sur la seule présence d’un élément nouveau ou d’un moyen sérieux.
Or, dans sa déclaration d’appel, l’interessé ne fait valoir aucun élément de droit ou de fait nouveau et se contente de reprendre au mot près les moyens initialement soulevés à l’exception de l’incompétence de l’auteur de l’acte sans apporter aucune critique à l’ordonnance déférée.
C’est par de justes motifs clairs, circonstanciés et complets que la cour adopte dans leur intégralité, que le juge du tribunal judiciaire a rejeté les moyens d’irrégularité soulevés et a ordonné la prolongation de la rétention de [K] [O] [B] pour une durée de vingt-six jours tant sur la motivation de l’arrêté de placement et l’examen individuel et sérieux de sa situation que sur les prétendues erreurs d’appréciation s’agissant de ses garanties de représentation ou menace à l’ordre public.
Comme l’a justement retenu le premier juge, l’administration justifie de ce que l’intéressé ne présente pas de garanties de représentations effectives propres à prévenir un risque de soustraction à la mesure et ce au regard de la précédente soustraction à la mesure d’assignation à résidence à laquelle il était soumis et que son comportement représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l’ordre public.
En outre, [K] [O] [B] ne démontre pas une atteinte disproportionnée à ses droits consécutive à son maintien en rétention.
Il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [K] [O] [B] ne permettent pas de justifier qu’il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu’il n’invoque ni ne justifie d’aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention.
Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l’ordonnance entreprise est confirmée.
PAR CES MOTIFS
Déclarons recevable l’appel formé par [K] [O] [B].
Confirmons l’ordonnance déférée.
Le greffier, La conseillère déléguée,
Inès BERTHO Albane GUILLARD
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