Infirmation 5 février 2025
Confirmation 5 février 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 5 févr. 2025, n° 25/00624 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 25/00624 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Meaux, 3 février 2025 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 14 avril 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 05 FEVRIER 2025
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 25/00624 – N° Portalis 35L7-V-B7J-CKXPK
Décision déférée : ordonnance rendue le 03 février 2025, à 12h05, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux
Nous, Stéphanie Gargoullaud, présidente de chambre à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Catherine Charles, greffier aux débats et au prononcé de l’ordonnance,
APPELANT
M. X se disant [H] [B]
né le 07 mai 1994 à [Localité 1], de nationalité afghane
RETENU au centre de rétention : Mesnil Amelot n°2
assisté de Me Sabrina Feddag, avocat de permanence, avocat au barreau de Paris, présent en salle d’audience de la Cour d’appel de Paris
et de M. [W] [R] (interprète en pachtou) tout au long de la procédure devant la cour et lors de la notification de la présente ordonnance, serment préalablement prêté, présent en salle d’audience de la Cour d’appel de Paris
INTIMÉ
LE PREFET DE LA SEINE-[Localité 4]
représenté par Me Ludivine Floret, du cabinet Tomasi, avocat au barreau de Lyon, présent en salle d’audience de la Cour d’appel de Paris
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE :
— contradictoire
— prononcée en audience publique
— Vu l’ordonnance du 03 février 2025 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux rejetant le moyen au fond, déclarant la requête recevable et la procédure régulière et ordonnant une quatrième prolongation de la rétention de M. X se disant [H] [B] au centre de rétention administrative n°2 du [2], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée de quinze jours à compter du 03 février 2025 ;
— Vu l’appel motivé interjeté le 04 février 2025 , à 10h27 , par M. X se disant [H] [B] ;
— Après avoir entendu les observations :
— par visioconférence, de M. X se disant [H] [B], assisté de son avocat, qui demande l’infirmation de l’ordonnance ;
— du conseil du préfet de la Seine-[Localité 4] tendant à la confirmation de l’ordonnance ;
SUR QUOI,
Sur les diligences de l’administration
S’il appartient au juge des libertés et de la détention, en application de l’article L. 741-3 du même code, de rechercher concrètement les diligences accomplies par l’administration pour permettre que l’étranger ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, ce qui requiert dès le placement en rétention, une saisine effective des services compétents pour rendre possible le retour, en revanche, l’administration française ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires (1re Civ., 9 juin 2010, pourvoi n° 09-12.165, Bull. 2010, I, n° 129) et le juge ne saurait imposer à l’administration la réalisation d’acte sans véritable effectivité.
En l’espèce, la saisine du consulat n’est pas contestée et l’intéressé a toujours soutenu être de nationalité afghane, les échanges avec les autorités consulaires algériennes sont intervenus et que celles-ci ont proposé un rendez-vous consulaire le 14 janvier 2025.
Le moyen pris du défaut de diligence n’est donc pas fondé.
Sur les conditions d’une quatrième prolongation de la rétention administrative
Il résulte des dispositions de l’article L. 742-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qu’à titre exceptionnel, le juge des libertés et de la détention peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l’article L. 742-4, lorsqu’une des situations suivantes survient au cours de la troisième prolongation exceptionnelle de quinze jours :
« 1° L’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la décision d’éloignement ;
2° L’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d’éloignement :
a) une demande de protection contre l’éloignement au titre du 5° de l’article L. 631-3 ;
b) ou une demande d’asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public."
Les critères énoncés ci-dessus n’étant pas cumulatif, il suffit à l’administration d’établir l’un d’eux pour justifier d’une prolongation de la rétention.
En l’espèce, il y a lieu de constater, à la lecture de l’ordonnance critiquée, que celle-ci retient, en premier lieu, que le trouble à l’ordre public peut ëtre constaté et constituer une demande de prolongation en raison du parcours pénal de l’intéressé avant son placement en rétention et non pas dans les quinze derniers jours, et en second lieu que la condition de délivrane à bref délai d’un laissez-passer est également remplie.
Il s’en déduit que l’ordonnance ne se fonde pas seulement sur le 3° de l’article L. 742-5, mais également sur le fondement du septième alinéa, relatif à la menace pour l’ordre public.
Pour l’application du dernier alinéa de l’article précité à la requête en quatrième prolongation, créé par la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, il appartient à l’administration de caractériser l’urgence absolue ou la menace pour l’ordre public.
Dans ce contexte, la menace pour l’ordre public fait l’objet d’une appréciation in concreto, au regard d’un faisceau d’indices permettant, ou non, d’établir la réalité des faits, la gravité, la récurrence ou la réitération, et l’actualité de la menace selon le comportement de l’intéressé et, le cas échéant, sa volonté d’insertion ou de réhabilitation.
Dans le cadre adopté par le législateur, la notion de menace à l’ordre public a pour objectif manifeste de prévenir, pour l’avenir, les agissements dangereux commis par des personnes en situation irrégulières sur le territoire national.
L’appréciation de cette menace doit prendre en considération les risques objectifs que l’étranger en situation irrégulière fait peser sur l’ordre public (ainsi que l’a jugé le Conseil d’Etat dont la jurisprudence peut inspirer le juge judiciaire dans un souci de sécurité juridique CE, Réf. N°389959 , 7 mai 2015, ministre de l’intérieur, B).
La commission d’une infraction pénale n’est pas de nature, à elle seule, à établir que le comportement de l’intéressé présenterait une menace pour l’ordre public, mais, surtout, cette menace doit être réelle à la date considérée, ce qui est le cas si elle « survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l’avant-dernier alinéa ». Il ne s’agit donc pas de rechercher si un trouble à l’ordre public nouveau, causé par un acte distinct des précédents, est intervenu au cours de la dernière période de rétention de 15 jours. En effet, ce n’est pas l’acte troublant l’ordre public qui est recherché, mais bien la réalité de la menace.
En l’espèce, il y a lieu de constater que M.[B], a été interpellé pour trafic de stupéfiants, dans un contexte où il a été interpellé sept fois entre octobre 2022 et novembre 2024 pour divers larçins et où il n’a pas déféré à une précédete mesure d’éloignement.
Par ailleurs, alors même qu’aucune pièce n’accrédite de la volonté d’insertion ou de réhabilitation de M. [B], celui-ci n’indique pas disposer pour l’avenir de source de revenu légale ni avoir cessé la consommation de stupéfiants, de sorte que la menace à l’ordre public doit être considérée comme caractérisée.
La menace à l’ordre public doit être considérée comme établie au sens de l’article L.742-5 à la date à laquelle le préfet a saisi le juge. L’administration peut donc se fonder sur cette disposition, sans qu’il y ait lieu de statuer les autres critères, pour solliciter une quatrième prolongation de rétention.
Il y a donc lieu de confirmer l’ordonnance critiquée.
PAR CES MOTIFS
CONFIRMONS l’ordonnance,
DISONS que la présente ordonnance sera notifiée à l’intéressé par l’intermédiaire du chef du centre de rétention administrative (avec traduction orale du dispositif de l’ordonnance dans la langue comprise par l’intéressé ),
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 3] le 05 février 2025 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant L’interprète L’avocat de l’intéressé
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Demande en paiement relative à un autre contrat ·
- Contrats divers ·
- Contrats ·
- Monaco ·
- Clôture ·
- Ordonnance ·
- Désistement d'instance ·
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Partie ·
- Demande ·
- Libération ·
- Indemnité d 'occupation
- Désistement ·
- Avocat ·
- Dessaisissement ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Adresses ·
- Intimé ·
- Mise en état ·
- Résidence ·
- Épouse ·
- Syndic
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Étranger ·
- Tribunal judiciaire ·
- Police judiciaire ·
- Garde à vue ·
- Assignation à résidence ·
- Langue ·
- Interprète ·
- Décision d’éloignement ·
- Éloignement ·
- Prolongation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande d'indemnités ou de salaires ·
- Relations individuelles de travail ·
- Incident ·
- Désistement ·
- Caducité ·
- Conclusion ·
- Acceptation ·
- Irrecevabilité ·
- Sociétés ·
- Appel ·
- Titre ·
- Date
- Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction ·
- Contrats ·
- Adresses ·
- Immeuble ·
- Coûts ·
- Devis ·
- Juge des référés ·
- Consolidation ·
- Ordonnance ·
- Contrôle technique ·
- Tribunal judiciaire ·
- Entreprise
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Chapeau ·
- Erreur matérielle ·
- Adresses ·
- Dispositif ·
- Urssaf ·
- Date ·
- Intermédiaire ·
- Procédure civile ·
- Protection
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Méditerranée ·
- Banque populaire ·
- Prêt ·
- Holding ·
- Intérêt de retard ·
- Limites ·
- Sociétés ·
- Demande ·
- Titre ·
- Caution
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Tribunal judiciaire ·
- Décision d’éloignement ·
- Administration ·
- Ordonnance ·
- Appel ·
- Prolongation ·
- Voyage ·
- Relation diplomatique
- Prêt d'argent, crédit-bail , cautionnement ·
- Contrats ·
- Société générale ·
- Banque ·
- Chèque ·
- Monétaire et financier ·
- Comptes bancaires ·
- Concours ·
- Courrier ·
- Délai de preavis ·
- Clôture ·
- Commerce
Sur les mêmes thèmes • 3
- Responsabilité et quasi-contrats ·
- Participation ·
- Exécution provisoire ·
- Conséquences manifestement excessives ·
- Sérieux ·
- Consignation ·
- Demande ·
- Risque ·
- Procédure civile ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expert-comptable
- Demande en paiement relative à un autre contrat ·
- Contrats divers ·
- Contrats ·
- Incident ·
- Radiation ·
- Conséquences manifestement excessives ·
- Mise en état ·
- Exécution provisoire ·
- Procédure civile ·
- Tribunal judiciaire ·
- Intérêt ·
- Paiement ·
- Libre accès
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Erreur matérielle ·
- Minute ·
- Date ·
- Chose jugée ·
- Adresses ·
- Avocat ·
- Chapeau ·
- Cour d'appel ·
- Expédition ·
- Jugement
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.