Infirmation 21 mai 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 21 mai 2026, n° 26/02848 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 26/02848 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Paris, 19 mai 2026 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 31 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 21 MAI 2026
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/02848 – N° Portalis 35L7-V-B7K-CNIAW
Décision déférée : ordonnance rendue le 19 mai 2026, à 11h26, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris
Nous, Laurent Ben-kemoun, président de chambre à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Roxanne Therasse, greffière aux débats et au prononcé de l’ordonnance,
APPELANT :
M. [B] [C]
né le 03 juillet 1976 à [Localité 1], de nationalité sénégalaise
RETENU au centre de rétention : [Etablissement 1]
assisté de Me Hamza Sebti, avocat au barreau de Paris
INTIMÉ :
LE PREFET DE POLICE
représenté par Me Alexandre Marinelli du cabinet Adam-Caumeil, avocat au barreau de Paris
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE :
— contradictoire
— prononcée en audience publique
— Vu le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l’application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux ;
Constatant qu’aucune salle d’audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention n’est disponible pour l’audience de ce jour ;
— Vu l’ordonnance du 19 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris, ordonnant la jonction des deux procédures, déclarant recevable la requête en contestation de la légalité du placement en rétention, la rejetant, rejetant l’exception de nullité soulevée et ordonnant la prolongation du maintien de M. [B] [C], dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, pour une durée maximale de 26 jours, à compter du 20 mai 2026 soit jusqu’au 15 juin 2026 ;
— Vu l’appel motivé interjeté le 20 mai 2026, à 10h45, par M. [B] [C] ;
— Après avoir entendu les observations :
— de M. [B] [C], assisté de son avocat, qui demande l’infirmation de l’ordonnance ;
— du conseil du préfet de police tendant à la confirmation de l’ordonnance ;
MOTIVATION
1) L’Article L740-1 CESEDA dispose que :
L’autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, placer en rétention un étranger pour l’exécution de la décision d’éloignement dont il fait l’objet.
Article L741-1 du même code prévoit que :
L’autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre-vingt-seize heures, l’étranger qui se trouve dans l’un des cas prévus à l’article L. 731-1 lorsqu’il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l’exécution de la décision d’éloignement et qu’aucune autre mesure n’apparaît suffisante à garantir efficacement l’exécution effective de cette décision.
Il est par ailleurs de principe que le préfet n’est pas tenu de faire état de tous les éléments de la situation de la personne retenue dans la motivation de son arrêté de placement en rétention.
En l’espèce, aucune erreur manifeste d’appréciation n’est objectivée, contrairement aux allégations de l’étranger, nonobstant la décision de relaxe dont il a bénéficié et peu important que le premier juge ait surabondamment évoqué une précédente condamnation pénale.
Pas davantage n’est opérant le moyen, parfaitement indifférent, tiré de la circonstance que l’étranger n’a pu partir de lui-même à raison de la détention provisoire.
2)Il appartient au juge judiciaire, en sa qualité de gardien de la liberté individuelle, de se prononcer sur les irrégularités, invoquées par l’étranger, affectant les procédures préalables à la notification de la décision de placement en rétention. (2e Civ., 28 juin 1995, pourvoi n° 94-50.002, Bull. 1995, II, n° 221, 2e Civ., 28 juin 1995, pourvoi n° 94-50.006, Bull. 1995, II, n° 212, 2e Civ., 28 juin 1995, pourvoi n° 94-50.005, Bull., 1995, II, n° 211).
En l’espèce, l’intéressé (détenu provisoirement) ayant été relaxé par la juridiction pénale le 15 mai 2026 vers 21 heures, et la levée d’écrou étant intervenu le 16 mai 2026 peu après minuit, il ne peut être valablement soutenu que ce laps de trois heures serait assimilable à une détention arbitraire.
Dès lors, le placement en rétention administrative notifié au moment de la levée d’écrou doit être considéré comme valable.
3) En revanche, conformément aux exigences de la CEDH notamment en son article 3, il convient de juger que l’état de santé de santé et la condition physique de l’intéressé tel qu’ils apparaissent lors de sa comparution devant la Cour sont incompatibles avec le maintien en rétention.
En conséquence, l’ordonnance entreprise sera infirmée.
PAR CES MOTIFS
INFIRMONS l’ordonnance
Statuant à nouveau,
DISONS n’y avoir lieu au maintien en rétention administrative de M. [B] [C]
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à Paris le 21 mai 2026 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant L’intéressé L’avocat de l’intéressé
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande d'indemnités ou de salaires ·
- Relations individuelles de travail ·
- Sociétés ·
- Marches ·
- Titre ·
- Prime ·
- Exécution déloyale ·
- Rappel de salaire ·
- Congés payés ·
- Contrat de travail ·
- Congé ·
- Irrecevabilité
- Droit des affaires ·
- Bail commercial ·
- Commissaire de justice ·
- Adresses ·
- Signification ·
- Bail ·
- Résolution ·
- Caducité ·
- Conclusion ·
- Demande ·
- Ordonnance ·
- Nullité
- Prêt d'argent, crédit-bail , cautionnement ·
- Prêt - demande en remboursement du prêt ·
- Contrats ·
- Tribunal judiciaire ·
- Épouse ·
- Appel ·
- Mise en état ·
- Banque ·
- Jugement ·
- Prêt ·
- Saisine ·
- Signification ·
- Contrat de crédit
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Baux d'habitation et baux professionnels ·
- Contrats ·
- Tribunaux de commerce ·
- Compétence du tribunal ·
- Sous-location ·
- Sociétés commerciales ·
- Actes de commerce ·
- Bail ·
- Commissaire de justice ·
- Faute détachable ·
- Gestion ·
- Procédure civile
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Registre ·
- Éloignement ·
- Ordonnance ·
- Administration ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Recours ·
- Prolongation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Information
- Demande en contrefaçon - indications géographiques ·
- Propriété industrielle : indications géographiques ·
- Droit des affaires ·
- Canard ·
- Foie gras ·
- Indication géographique protégée ·
- Graisse ·
- Associations ·
- Consommateur ·
- Règlement ·
- Pomme de terre ·
- Origine du produit ·
- Origine
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Leasing ·
- Sociétés ·
- Loyer ·
- Clause pénale ·
- Indemnité de résiliation ·
- Matériel ·
- Créance ·
- Titre ·
- Montant ·
- Indemnité
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Associations ·
- Test ·
- Salariée ·
- Adresses ·
- Avertissement ·
- Temps de travail ·
- Demande ·
- Temps partiel ·
- Comités ·
- Contrat de travail
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Éloignement ·
- Représentation ·
- Bulgarie ·
- Assignation à résidence ·
- Document d'identité ·
- Identité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Demande relative au rapport à succession ·
- Droit de la famille ·
- Libéralités ·
- Clause bénéficiaire ·
- Assurance-vie ·
- Tribunal judiciaire ·
- Acte ·
- Épouse ·
- Nullité ·
- Tutelle ·
- Demande ·
- Mesure de protection ·
- Cotisations
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Allemagne ·
- Menaces ·
- Ordre public ·
- Prolongation ·
- Décision d’éloignement ·
- Asile ·
- Ordonnance ·
- Stupéfiant ·
- Public ·
- Fait
- Demande relative à l'internement d'une personne ·
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Traitement ·
- Centre hospitalier ·
- Santé ·
- État ·
- Ordonnance ·
- Contrôle ·
- Certificat ·
- Charges
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.