Irrecevabilité 14 janvier 2026
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Sur la décision
| Référence : | CA Pau, 2e ch. sect. 1, 14 janv. 2026, n° 25/01441 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Pau |
| Numéro(s) : | 25/01441 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Cour d'appel d'Agen, 15 mars 2023 |
| Dispositif : | Irrecevabilité |
| Date de dernière mise à jour : | 23 janvier 2026 |
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Texte intégral
JP/SH
Numéro 26/110
COUR D’APPEL DE PAU
2ème CH – Section 1
ORDONNANCE
du 14 janvier 2026
Dossier : N° RG 25/01441 – N° Portalis DBVV-V-B7I-JAGR
Affaire :
[H] [W]
S.N.C. [W] FILS
C/
[S] [G] Mandataire judiciaire
— O R D O N N A N C E -
Jeanne PELLEFIGUES, Présidente de la 2ème chambre section 1,
Assistée de Pascal MAGESTE, greffier.
à l’audience des incidents du 10 décembre 2025,
Vu la procédure d’appel :
ENTRE :
Monsieur [H] [W]
[Adresse 1]
[Localité 4]
S.N.C. [W] FILS prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège
[Adresse 2]
[Localité 3]
Représentés et assistés de Maître DUALE de la SELARL DUALE-LIGNEY-BOURDALLE, avocat au barreau de PAU
APPELANTS
ET :
Maître [S] [G], mandataire judiciaire, ès qualités de mandataire liquidateur judiciaire de la société Bar du [7].
[Adresse 5]
[Localité 3]
Représenté par la SCP DE BRISIS & DEL ALAMO, avocat au barreau de MONT-DE-MARSAN
assisté de Maître VIMONT, de la SELARL LEX ALLIANCE, avocat au barreau d’AGEN
INTIME
* * *
Par déclaration du 23 mai 2025, la SNC [W] FILS et [H] [W] ont saisi la cour d’appel de Pau à l’effet de statuer sur renvoi après cassation à la suite de l’arrêt rendu par la Cour de cassation le 2 octobre 2024 cassant et annulant l’arrêt rendu par la cour d’appel d’Agen en date du 15 mars 2023 sur appel d’un jugement du tribunal de commerce d’Agen en date du 23 mars 2022, aux fins de :
annuler, infirmer sinon réformer le jugement de première instance en ce qu’il a :
Constaté l’engagement de responsabilité contractuelle de M. [W] et de la SNC
[W] FILS,
— Condamné in solidum M. [W] et la SNC [W] FILS au paiement à Maître [G] de la somme de 52 000 € au titre des dommages sur la cession du fonds non aboutie,
— Condamné in solidum M. [W] et la SNC [W] FILS au paiement à Maître [G] de la somme de 1 200 € au titre des frais de déménagement,
— Condamné in solidum M. [W] et la SNC [W] FILS au paiement à Maître [G] de la somme de 17 232 € au titre de l’indemnité d’occupation,
— Condamné in solidum M. [W] et la SNC [W] FILS au paiement à Maître [G] de la somme de 1 000 € à titre d’indemnité sur le fondement des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile,
— Ordonné l’exécution provisoire de la présente décision,
— Condamné M. [W] et la SNC [W] FILS aux entiers dépens,
— Rejeté comme non fondés tous autres moyens, fins et conclusions contraires des
parties,
— Liquidé les dépens dont frais de greffe pour le présent jugement à la somme de 89,67 €.
Par conclusions d’incident du 18 août 2025, Maître [S] [G] ès qualités de mandataire liquidateur de la société BAR DU [7] a saisi le président de chambre de la cour d’appel de Pau aux fins de :
Déclarer irrecevable la déclaration de saisine déposée par M. [W] et la SNC [W] le 23 mai 2025
Condamner in solidum M. [W] et la SNC [W] au paiement d’une indemnité de 2 000 € au titre de l’article 700 ainsi qu’aux dépens.
La SNC [W] FILS et [H] [W] en réponse concluent à :
DONNER acte aux concluants de ce qu’ils s’en rapportent à justice sur les mérites de l’incident d’irrecevabilité pour tardiveté de la déclaration de saisine enrôlée sous le numéro 25/01441,
DEBOUTER Maître [G] ès qualités de ses demandes au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
SUR CE :
Suivant jugement du tribunal de commerce d’AGEN en date du 10 octobre 2018, la SNC
BAR DU [7], Bar Tabac Jeux, sise [Adresse 5] à [Localité 3] (47) a été placée en redressement judiciaire et Maître [S] [G] désigné en qualité de mandataire judiciaire.
Par jugement en date du 12 décembre 2018, le tribunal de commerce d’AGEN a prononcé la liquidation judiciaire de la SNC BAR DU [7], Maître [S] [G] ayant
été désigné en qualité de liquidateur.
Par courriers, en date du 2 janvier 2019 puis du 1er février 2019, Monsieur [H]
[W] a formulé une offre de reprise du fonds de commerce de la SNC BAR DU
[7] pour un montant de 52 000,00 euros et un dépôt de garantie d’un montant de 25 000,00 euros a été versé par M. [W] à Maître [G].
Cette offre de reprise couvrait les éléments incorporels du fonds (à l’exception du bail commercial), le stock ainsi que les éléments corporels dépendant de 1'actif de la procédure tels qu’inventoriés le 22 octobre 2018 par la SELARL VIGUIER TACCONI.
En date du 13 février 2019, une ordonnance rendue par le juge-commissaire a autorisé
la cession du dit fonds de commerce au profit de M. [W] avec faculté de substitution, ce, à l’exception du droit au bail commercial, pour le local sis [Adresse 5] à [Localité 3] (47), ladite ordonnance ayant fixé le prix de cession, net vendeur, à la somme de 52 000,00 euros.
Concomitamment, Maître [G], en sa qualité de liquidateur, a procédé par courrier en date du 25 février 2019, à la résiliation du dit bail commercial.
Par courriers en date des 4 juin 2019 et 11 juillet 2019, Maître [G] a mis en demeure M. [W] de récupérer le matériel et le stock acquis au titre de la cession et de libérer les locaux afin de pouvoir les restituer au propriétaire.
L’acte de cession du fonds de commerce a été dressé, en date du 26 décembre 2019, par Maître [M], notaire à [Localité 6] (47) et c’est ainsi que la SNC [W] FILS s’est substituée à M. [W].
La cession de fonds de commerce comportait une double condition suspensive.
L’acte de cession indiquait en outre la mention suivante : ' Le cessionnaire souhaitant
dans un second temps transférer à l’ activité dans un nouveau local, l’agrément de la Direction générale des douanes et droits indirects susvisés ne concerne pas le transfert
de l’activité en lui-même’ précisant que les agréments prévus devaient intervenir au plus tard le 30 juin 2020.
En date du 9 octobre 2020, M. [W] a signifié par e-mail à Maître [M],
notaire en charge de la régularisation de l’acte de cession, son désistement au motif que
le transfert de l’activite avait été refusé.
Le 10 décembre 2020, Maître [G] était mis en demeure par le bailleur de libérer les locaux.
Face au refus réitéré, de Monsieur [W] de libérer les locaux Maître [G] mandatait une entreprise de déménagement à cet effet et mettait en demeure M. [W] et la SNC [W] de procéder au versement du solde du prix de vente, ainsi qu’au paiement d’une indemnité d’occupation et des frais de déménagement.
Par acte d’huissier en date du 23 septembre 2021, Maître [G] a assigné M. [H] [W] et la SNC [W] FILS devant le tribunal de commerce d’Agen aux fins de constater l’accomplissement des conditions suspensives de la cession du fonds de commerce et de condamner M. [W] et la SNC [W] FILS pour inexécution contractuelle au paiement à titre principal de la somme de 52 000 €, outre les frais de déménagement et le paiement d’une indemnité d’occupation.
Par jugement en date du 23 mars 2022, le tribunal de commerce d’AGEN a constaté l’engagement de responsabilité contractuelle de M. [W] et de la SNC [W] FILS et les a condamnés à verser des dommages-intérêts pour la cession de fonds non aboutie.
Monsieur [H] [W] et la SNC [W] FILS ont interjeté appel de la décision.
Par arrêt du 15 mars 2023, la cour d’appel d’Agen a confirmé en toutes ses dispositions le jugement entrepris.
Monsieur [H] [W] et la SNC [W] FILS ont formé un pourvoi devant la Cour de cassation qui par arrêt du 2 octobre 2024 a cassé et annulé en toutes ses dispositions l’arrêt rendu le 15 mars 2023 entre les parties par la cour d’appel d’Agen a remis l’affaire et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant cet arrêt en les renvoyant devant la cour d’appel de Pau qui a fixé l’affaire à bref délai.
— Sur l’irrecevabilité de la déclaration de saisine du 23 mai 2025
Maître [S] [G], ès qualités de mandataire liquidateur de la société BAR DU [7], soulève l’irrecevabilité de la déclaration de saisine déposée le 23 mai 2025 en violation des dispositions de l’article 1034 du code de procédure civile qui prévoit un délai de deux mois à compter de la signification de l’arrêt de la Cour de cassation pour initier un acte de saisine.
La partie adverse explique le contexte dans lequel elle a été amenée à effectuer trois déclarations de saisine en raison de l’irrecevabilité de ses écritures soulevées par Maître [G] ès qualités. Elle se rapporte en justice concernant le caractère tardif de cette troisième déclaration de saisine faisant remarquer que la procédure se poursuivra en raison des deux autres déclarations de saisine éventuellement sous le même numéro de rôle s’il est fait droit à la demande de jonction présentée par ailleurs. Dès lors, c’est au fond que sera tranchée l’intégralité de la question des frais irrépétibles exposés par les parties.
L’article 1034 du code de procédure civile dispose qu’à peine d’irrecevabilité relevée d’office la déclaration de saisine doit être faite avant l’expiration d’un délai de deux mois à compter de la notification de l’arrêt de cassation faite à la partie. Ce délai court même à l’encontre de celui qui notifie.
Les demandeurs à l’incident produisent la signification de l’arrêt de la Cour de cassation délivrée à [H] [W] et la SNC [W] FILS le 6 janvier 2025.
Dans ces conditions, la déclaration de saisine faite le 23 mai 2025 au-delà du délai de deux mois à compter de la notification, sera déclarée irrecevable.
La somme de 500 € sera allouée à Maître [G] ès qualités sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
La présidente de la 2ème chambre section 1,
Déclare irrecevable la déclaration de saisine faite le 23 mai 2025 par [H] [W] et la SNC [W] FILS,
Condamne in solidum [H] [W] et la SNC [W] FILS à payer à Maître [G] ès qualités la somme de 500 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
Réserve les dépens.
Fait à Pau, le 14 janvier 2026
LE GREFFIER, LA PRÉSIDENTE,
Pascal MAGESTE Jeanne PELLEFIGUES
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