Annulation 9 décembre 1999
Rejet 9 juillet 2003
Résumé de la juridiction
En jugeant qu’un arrêté municipal interdisant la mendicité sur la voie publique à certaines heures et en certains lieux de la commune est ou non une mesure légalement justifiée par les nécessités de l’ordre public, une cour administrative d’appel se livre à une qualification juridique des faits.
Commentaires • 13
pendant 7 jours
Sur la décision
| Référence : | CE, 5e et 7e ss-sect. réunies, 9 juil. 2003, n° 229618, Lebon T. |
|---|---|
| Juridiction : | Conseil d'État |
| Numéro : | 229618 |
| Importance : | Mentionné aux tables du recueil Lebon |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Décision précédente : | Cour administrative d'appel de Marseille, 9 décembre 1999 |
| Dispositif : | Rejet |
| Identifiant Légifrance : | CETATEXT000008183112 |
| Identifiant européen : | ECLI:FR:CESSR:2003:229618.20030709 |
Texte intégral
Vu, 1°) sous le n° 229618, la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 26 janvier et 23 mai 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, présentés pour M. Laurent X, demeurant … ; M. X demande au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler l’arrêt du 9 décembre 1999 par lequel la cour administrative d’appel de Marseille a annulé le jugement du 21 mai 1997 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a annulé l’arrêté du maire de Prades en date du 30 mai 1996 réglementant la mendicité ;
2°) de condamner la commune de Prades à verser à son avocat la somme de 10 000 F au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
Vu, 2°) sous le n° 229619, la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 26 janvier et 23 mai 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, présentés pour l’ASSOCIATION AC CONFLENT, demeurant BP n° 1 à Catllar (66500), représentée par sa présidente ; l’ASSOCIATION AC CONFLENT demande au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler l’arrêt du 9 décembre 1999 par lequel la cour administrative d’appel de Marseille a annulé le jugement du 21 mai 1997 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a annulé l’arrêté du maire de Prades en date du 30 mai 1996 réglementant la mendicité ;
2°) de condamner la commune de Prades à verser à son avocat la somme de 10 000 F au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
…………………………………………………………………………
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
Vu le code général des collectivités territoriales ;
Vu le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
— le rapport de M. Maisl, Conseiller d’Etat,
— les observations de la SCP Boré, Xavier et Boré, avocat de M. X et de l’ASSOCIATION AC CONFLENT,
— les conclusions de M. Olson, Commissaire du gouvernement ;
Considérant que les requêtes de M. Laurent X et de l’ASSOCIATION AC CONFLENT sont dirigées contre un même arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille et présentent à juger des questions semblables ; qu’il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision ;
Considérant qu’en jugeant que l’arrêté du maire de Prades en date du 30 mai 1996 réglementant notamment la mendicité comportait des dispositions limitées à la période estivale et applicables seulement à certaines voies du centre de l’agglomération et aux abords de certaines grandes surfaces , que ces mesures n’excédaient pas celles que le maire pouvait légalement édicter pour assurer préventivement, en période d’afflux touristique, la sécurité, la commodité et la tranquillité nécessaires aux usagers des voies publiques et que les restrictions imposées, compte tenu de leur limitation dans le temps et dans l’espace, ne soumettent pas les personnes concernées à des contraintes excessives autres que celles qu’impose le respect des objectifs poursuivis , la cour a suffisamment motivé son arrêt ;
Considérant qu’en jugeant que l’arrêté du maire de Prades n’interdit les actes de mendicité que durant la période estivale, du mardi au dimanche, de 9 heures à 20 heures, et dans une zone limitée au centre ville et aux abords de deux grandes surfaces, la cour n’a pas dénaturé les termes de cet arrêté ; qu’elle a pu en déduire, par une exacte qualification juridique des faits et sans erreur de droit, que le maire avait pris une mesure d’interdiction légalement justifiée par les nécessités de l’ordre public ;
Considérant que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la cour aurait méconnu les stipulations des articles 3 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en annulant le jugement du tribunal administratif de Montpellier et en rejetant leur demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 30 mai 1996 ;
Considérant qu’il résulte de ce qui précède que M. X et L’ASSOCIATION AC CONFLENT ne sont pas fondés à demander l’annulation de l’arrêt attaqué ;
Sur les conclusions de M. X et de l’ASSOCIATION AC CONFLENT tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :
Considérant que les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Prades, qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamnée à payer à M. X et à L’ASSOCIATION AC CONFLENT les sommes qu’ils demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens ;
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Les requêtes de M. X et de l’ASSOCIATION AC CONFLENT sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X, à l’ASSOCIATION AC CONFLENT, à la commune de Prades et au ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Administration décidant de leur conserver cet avantage ·
- Durée hebdomadaire supérieure à trente-cinq heures ·
- Statuts, droits, obligations et garanties ·
- Fonctionnaires et agents publics ·
- Agence nationale pour l'emploi ·
- Obligations des fonctionnaires ·
- Durée de travail effectif ·
- Durée du temps de travail ·
- Travail et emploi ·
- Base annuelle ·
- 1600 heures ·
- A) décompte ·
- Conséquence ·
- Existence ·
- Légalité ·
- Cycle ·
- Etablissement public ·
- Fonction publique ·
- Congé ·
- Temps de travail ·
- Décret ·
- L'etat ·
- Durée ·
- Tribunaux administratifs ·
- Agence
- Déclaration préalable de la manifestation ·
- Manifestation sur la voie publique ·
- Police administrative ·
- Tranquillité publique ·
- Police générale ·
- Associations ·
- Justice administrative ·
- Police ·
- Décret ·
- Ordre public ·
- Tribunaux administratifs ·
- Liberté ·
- Déclaration préalable ·
- Annulation ·
- Détournement de pouvoir
- Justice administrative ·
- Assistance ·
- Service public ·
- Santé ·
- Sociétés ·
- Délégation ·
- Tribunaux administratifs ·
- Conseil d'etat ·
- Télévision ·
- Public
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Syndicat dépourvu d'intérêt lui donnant qualité pour agir ·
- Syndicats, groupements et associations ·
- Introduction de l'instance ·
- Syndicat de fonctionnaires ·
- Politiques de l'emploi ·
- Absence d'intérêt ·
- Travail et emploi ·
- Aide à l'emploi ·
- Intérêt à agir ·
- Conséquence ·
- Procédure ·
- Emploi des jeunes ·
- Syndicat ·
- Justice administrative ·
- Décret ·
- Conseil d'etat ·
- Circulaire ·
- Dispositif ·
- État ·
- Code du travail ·
- Premier ministre
- Actes constituant des décisions susceptibles de recours ·
- Décisions pouvant ou non faire l'objet d'un recours ·
- Juridictions administratives et judiciaires ·
- Placement à l'isolement d'un détenu (art ·
- 283-1 du code de procédure pénale) ·
- Placement à l'isolement (art ·
- Service public pénitentiaire ·
- Introduction de l'instance ·
- Mesures d'ordre intérieur ·
- Exécution des jugements ·
- Exécution des peines ·
- Existence ·
- Procédure ·
- Isolement ·
- Garde des sceaux ·
- Justice administrative ·
- Détenu ·
- Erreur de droit ·
- Peine ·
- Excès de pouvoir ·
- Médecin ·
- Conseil d'etat ·
- Bois
- Produit cosmétique ·
- Industrie ·
- Justice administrative ·
- Santé publique ·
- Conseil d'etat ·
- Système informatique ·
- Famille ·
- Informatique ·
- État ·
- Premier ministre
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Installation classée ·
- Justice administrative ·
- Environnement ·
- Liquidateur ·
- Comptable ·
- Usine ·
- Tribunaux administratifs ·
- Annulation ·
- Conseil d'etat ·
- Sociétés
- Institut national de recherches archéologiques préventives ·
- A) entreprise au sens de l'article 86 du traité ·
- Créances des collectivités publiques ·
- Règles applicables aux entreprises ·
- Défense de la concurrence ·
- 1) activités économiques ·
- Communautés européennes ·
- Droit de la concurrence ·
- Fouilles archéologiques ·
- Archéologie préventive ·
- Comptabilité publique ·
- Monuments et sites ·
- Règles applicables ·
- État exécutoire ·
- Recouvrement ·
- Conséquence ·
- Existence ·
- Procédure ·
- Archéologie ·
- Décret ·
- Redevance ·
- Etablissement public ·
- Association professionnelle ·
- Minéral ·
- Justice administrative ·
- Conservation ·
- Scientifique ·
- Recherche
- Portée des règles de droit communautaire ·
- Pouvoirs des autorités administratives ·
- Violation directe de la règle de droit ·
- Actes législatifs et administratifs ·
- Validité des actes administratifs ·
- Circulaire du 20 septembre 2001 ·
- Usage de la langue française ·
- 2 de la loi du 4 août 1994) ·
- Communautés européennes ·
- Traités et droit dérivé ·
- Arts et lettres ·
- A) existence ·
- B) existence ·
- C) absence ·
- Illégalité ·
- Existence ·
- Langue française ·
- Circulaire ·
- Culture ·
- Secrétaire ·
- Moyenne entreprise ·
- Artisanat ·
- Directive ·
- Décision implicite ·
- Communication ·
- Emploi
Sur les mêmes thèmes • 3
- Actes législatifs et administratifs ·
- Validité des actes administratifs ·
- Actes à caractère administratif ·
- Différentes catégories d'actes ·
- Actes présentant ce caractère ·
- A) modification par décret ·
- Habilitations législatives ·
- Actes administratifs ·
- Loi et règlement ·
- Compétence ·
- Ordonnance ·
- Légalité ·
- Animal nuisible ·
- Décret ·
- Environnement ·
- Destruction ·
- Conseil d'etat ·
- Commune ·
- Excès de pouvoir ·
- Ovin ·
- Chasse ·
- Syndicat
- Concurrence, fiscalité et rapprochement des législations ·
- Loi imposant une pondération entre ces deux composantes ·
- Electricité produite à partir d'énergies renouvelables ·
- Prise en compte des décisions de la cour de justice ·
- Fixation de tarifs par le pouvoir réglementaire ·
- Appréciations soumises à un contrôle restreint ·
- Traité instituant la communauté européenne ·
- Contrôle du juge de l'excès de pouvoir ·
- Interprétation du droit communautaire ·
- Mécanisme de l'obligation d'achat ·
- 8 du décret du 10 mai 2001) ·
- Composition des tarifs (art ·
- Pouvoirs et devoirs du juge ·
- Communautés européennes ·
- Loi du 10f février 2000 ·
- Réglementation des prix ·
- Composition des tarifs ·
- Loi du 10 février 2000 ·
- Contrôle restreint ·
- A) aide d'État ·
- Actes clairs ·
- Aide d'État ·
- B) absence ·
- Procédure ·
- Électricité ·
- Achat ·
- Énergie ·
- Installation ·
- Vent ·
- Producteur ·
- Décret ·
- Rémunération supplémentaire ·
- Coûts ·
- Production
- Obligation de faire usage des pouvoirs de police ·
- Application d'un régime de faute simple ·
- Responsabilité de la puissance publique ·
- Obligations de l'autorité de police ·
- Fondement de la responsabilité ·
- Collectivités territoriales ·
- Responsabilité pour faute ·
- Questions communes ·
- Attributions ·
- Omissions ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Maire ·
- Nuisances sonores ·
- Sport ·
- Erreur de droit ·
- Conseil d'etat ·
- Aire de jeux ·
- Faute commise ·
- Responsabilité sans faute
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.