Rejet 20 février 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Lyon, 20 févr. 2026, n° 2515706 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Lyon |
| Numéro : | 2515706 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet irrecevabilité manifeste alinéa 4 |
| Date de dernière mise à jour : | 26 février 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2025, Mme B… A… demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 13 octobre 2025, par laquelle la préfète du Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation au motif de son incomplétude ;
2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa demande ;
3°) mettre à la charge de l’administration, le cas échéant, les frais exposés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- l’arrêté du 3 février 2023 pris pour l’application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l’administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d’acquisition ou de perte de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
2. D’autre part, aux termes de l’article 40 du décret susvisé du 30 décembre 1993 : « L’autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l’instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d’accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l’examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu’elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ce texte que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.
3. Enfin, aux termes du dernier alinéa de l’article 35 du décret du 30 décembre 1993 : « Lorsque la demande a été déposée au moyen de l’application informatique mentionnée au premier alinéa [c’est-à-dire au moyen de « l’application informatique dédiée accessible par le réseau Internet »], les notifications adressées au demandeur se font au moyen de celui-ci dans des conditions précisées par un arrêté du ministre chargé des naturalisations », et aux termes du dernier alinéa de l’article 3 de l’arrêté du 3 février 2023 : « Tout message sur l’espace personnel de l’usager est réputé lui être notifié à la date de sa première consultation, certifiée par l’accusé de lecture délivré par l’application. A défaut d’une telle consultation dans le délai de quinze jours calendaires suivant sa date de mise à disposition sur l’espace personnel, ce message ainsi que, le cas échéant, le fichier joint, sont réputés notifiés à cette dernière date, à l’issue de ce délai ».
4. Il ressort des termes même de l’avis de classement sans suite contesté que la demande de naturalisation formulée par Mme B… A… était incomplète, malgré la demande de pièce formulée par la préfecture le 10 juillet 2025 pour compléter l’instruction, en l’absence de production de l’acte de naissance légalisé ou apostillé accompagné de sa traduction en français. Mme A…, qui ne conteste pas que ce courrier a été mis à sa disposition sur son espace personnel dédié à cette date, se borne à soutenir que la notification électronique qu’elle a reçu le jour même était trop succincte et ne lui a pas permis d’identifier la nature du courrier qui lui était notifié, alors que ce message avait pour seul objet de la conduire à se connecter sur son espace personnel pour prendre connaissance du courrier qui lui était ainsi signalé. Alors que ce courrier est réputé lui avoir été notifié à cette date, en application des dispositions précitées, la requérante ne conteste utilement, ni le caractère incomplet de son dossier, ni le motif d’incomplétude qui lui a été opposé, en se bornant à produire à l’appui de son recours le document qui lui était demandé, établi à une date postérieure à la décision qu’elle conteste. Par suite, l’avis de classement sans suite contesté n’a pas le caractère d’une décision faisant grief et n’est pas susceptible d’être déféré au juge de l’excès de pouvoir.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête, dirigée contre un acte non décisoire, est entachée d’une irrecevabilité non susceptible d’être couverte en cours d’instance et doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B… A….
Fait à Lyon le 20 février 2026.
La présidente de la 5ème chambre,
A-S. Bour
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Négociation internationale ·
- Désistement ·
- Habitat ·
- Biodiversité ·
- Agence ·
- Recours administratif ·
- Prime ·
- Décision implicite
- Etats membres ·
- Règlement (ue) ·
- Asile ·
- Responsable ·
- L'etat ·
- Protection ·
- Transfert ·
- Entretien ·
- Information ·
- Police
- Justice administrative ·
- Famille ·
- Enfant ·
- Préjudice ·
- Responsabilité ·
- Promesse d'embauche ·
- Recrutement ·
- Réparation ·
- Courriel ·
- Faute
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Injonction ·
- Carte de séjour ·
- Décision implicite ·
- Annulation ·
- Rejet ·
- L'etat ·
- Défense
- Tribunaux administratifs ·
- Justice administrative ·
- Territoire français ·
- Tribunal judiciaire ·
- Durée ·
- Détention ·
- Résidence ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Travail ·
- Délai ·
- Maintien ·
- Conclusion ·
- Agence ·
- Désistement ·
- Demandeur d'emploi ·
- Réponse
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Etats membres ·
- Asile ·
- Règlement (ue) ·
- Entretien ·
- Protection ·
- Parlement européen ·
- Union européenne ·
- Responsable ·
- Droits fondamentaux ·
- Pays
- Médecin ·
- Pays ·
- Immigration ·
- Système de santé ·
- Vie privée ·
- Étranger ·
- Traitement ·
- Territoire français ·
- Carte de séjour ·
- Avis
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Rejet ·
- Administration ·
- Illégalité ·
- Fait générateur ·
- Recours contentieux ·
- Demande ·
- Délai ·
- Préjudice
Sur les mêmes thèmes • 3
- Métropole ·
- Incendie ·
- Département ·
- Service ·
- Conseil d'administration ·
- Abandon de poste ·
- Détachement ·
- Justice administrative ·
- Recours gracieux ·
- Conseil d'etat
- Contribuable ·
- Vérificateur ·
- Charte ·
- Imposition ·
- Administration ·
- Impôt ·
- Supérieur hiérarchique ·
- Sociétés ·
- Commissaire de justice ·
- Île-de-france
- Ostéopathe ·
- Royaume-uni ·
- Agence régionale ·
- Union européenne ·
- Etats membres ·
- Irlande du nord ·
- Reconnaissance ·
- Diplôme ·
- Santé ·
- Justice administrative
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.