Rejet 21 janvier 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Orléans, urgences -juge unique, 21 janv. 2026, n° 2500182 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif d'Orléans |
| Numéro : | 2500182 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 25 janvier 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, Mme C… E… et M. A… D…, représentés par la Selarl Mallet-Giry – Rouichi, demandent au tribunal :
1) d’annuler la décision du 10 octobre 2024 par laquelle le président du conseil départemental d’Eure-et-Loir a rejeté leur demande de délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » pour leur fille mineure B… et la décision du 19 décembre 2024 rejetant leur recours préalable obligatoire ;
2) d’attribuer la carte mobilité inclusion portant la mention stationnement à leur fille B… pour une durée de trois ans dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3) de mettre à la charge du département d’Eure-et-Loir la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que leur fille B… bénéficiait de la carte mobilité inclusion portant la mention stationnement pour une durée de trois ans en vertu d’une décision du 3 février 2022, que sa situation médicale n’a pas évolué depuis lors, qu’elle est atteinte de troubles autistiques altérant ses fonctions cognitives et qu’eu égard à son âge de huit ans, elle ne peut assurer seule ses déplacements même après apprentissage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2025, le département d’Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu’aucun des éléments fournis par les requérants ne permettent de démontrer que leur fille remplit les critères définis par l’arrêté du 3 janvier 2017.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux critères d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévus aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Brault, avocate de Mme E… et de M. D….
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. –La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / (…) / 3° La mention « stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) / La mention « stationnement pour personnes handicapées » permet à son titulaire ou à la tierce personne l’accompagnant d’utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. / (…) / V bis. – (…) Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention « stationnement » de la carte. (…). ».
2. Aux termes de l’article R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles : « (…) IV. – Pour l’attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées », un arrêté (…) définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur. ». Aux termes de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : – la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou- la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : – une aide humaine ; – une prothèse de membre inférieur ; – une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; – un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou – la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. (…) ».
3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte de mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
4. Les requérants soutiennent que leur fille B…, née le 28 novembre 2016, bénéficiait de la carte mobilité inclusion portant la mention stationnement pour une durée de trois ans en vertu d’une décision du 3 février 2022, que sa situation médicale n’a pas évolué depuis lors, qu’elle est atteinte de troubles autistiques altérant ses fonctions cognitives et qu’eu égard à son âge de huit ans, elle ne peut assurer seule ses déplacements même après apprentissage. Les requérants produisent un certificat, établi le 13 novembre 2024 à leur demande, par un pédo-psychiatre du centre hospitalier Henri Ey de Châteaudun le 13 novembre 2024 selon lequel B… présente un trouble de neurodéveloppement de type trouble du spectre de l’autisme nécessitant une présence parentale régulière et continue pour l’accompagner à ses différentes prises en charge, un bilan orthophonique établi le 31 août 2020 selon lequel B…, alors âgée de trois ans et neuf mois, présente un gros retard d’acquisitions du langage oral et son début de langage semble inadapté et un compte-rendu de l’évaluation psychologique de l’enfant de mai-juin 2021 selon lequel elle montre une acquisition des compétences en deçà des attendus pour son âge. Toutefois, la circonstance que B… a bénéficié de la carte mobilité inclusion le 3 février 2022 est insuffisante en elle-même pour justifier le renouvellement de cette carte. Par ailleurs, les pièces précitées ne précisent aucunement que son périmètre de marche serait inférieur à deux cent mètres ou qu’elle aurait besoin de recourir à une aide humaine ou à l’une des aides techniques visées par les dispositions précitées et, notamment, que l’accompagnement dans ses déplacements excède celui dont elle doit bénéficier compte tenu de son âge. Par suite, il ne résulte pas de l’instruction que la fille des requérants remplit les critères fixés par les dispositions précitées au point 2 permettant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions tendant à l’annulation de la décision du 10 octobre 2024 du président du conseil départemental d’Eure-et-Loir, que la requête de Mme E… et de M. D… doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E… et de M. D… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C… E…, à M. A… D… et au département d’Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2026.
Le magistrat désigné,
Le greffier,
Jean-Michel DELANDRE
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au préfet d’Eure-et-Loir en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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