Rejet 21 mai 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 2e sect. - 3e ch., 21 mai 2026, n° 2516251 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2516251 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 27 mai 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2025, M. A… C…, représenté par Me Lechable, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté en date du 7 mai 2025 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français, et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », ou à défaut portant la mention « salarié », dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l’attente, un récépissé avec autorisation de travail ;
3°) à défaut, d’enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l’attente, un récépissé avec autorisation de travail ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation et d’examen particulier de sa situation par le préfet ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation et d’examen particulier de sa situation par le préfet ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle a été signée par une autorité incompétente.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2025, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C… ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des relations entre le public et l’administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Renvoise a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
M. A… C…, ressortissant bangladais né le 18 décembre 1993, entré en France le 5 juin 2019, selon ses déclarations, a sollicité le 13 décembre 2024 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par la présente requête, M. C… demande l’annulation de l’arrêté du 7 mai 2025 par lequel le préfet de police a refusé de délivrer le titre de séjour demandé, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d’annulation :
Sur les moyens communs à l’ensemble des décisions :
En premier lieu, par arrêté n°2025-00492, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le 25 avril 2025, le préfet de police a donné délégation à Mme B… pour signer les décisions de la nature de celles contenues dans l’arrêté attaqué, de sorte que le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de ce dernier doit être écarté comme manquant en fait.
En deuxième lieu, si M. C… soutient que les décisions attaquées sont entachées d’une insuffisance de motivation et d’un défaut d’examen particulier de sa situation, il ressort des pièces du dossier que l’arrêté attaqué vise le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et notamment l’article L. 611-1 de ce code, dont il fait application et l’ensemble des textes applicables. Par ailleurs, l’arrêté mentionne différents éléments de la situation personnelle du requérant, notamment la circonstance qu’il est célibataire et sans charge de famille. En conséquence, l’arrêté contesté contient l’exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet de police s’est fondé pour prendre les décisions attaquées à l’encontre de M. C…. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.
En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l’arrêté attaqué, ni des autres éléments du dossier que le préfet aurait procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. C…. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la décision portant refus de séjour :
Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale » (…).
D’une part, il ressort des pièces du dossier que M. C… est présent sur le territoire français depuis 2019, soit depuis six ans à la date de la décision attaquée, et qu’il travaille comme cuisinier dans une crêperie, d’abord à temps partiel, à raison de 10 heures par semaine depuis septembre 2019 et à temps complet depuis mai 2023, soit depuis six ans à la date de la décision attaquée. Or de telles circonstances ne sauraient constituer des motifs exceptionnels au sens et pour l’application des dispositions précitées compte tenu de la faible qualification de l’emploi concerné et de la durée de présence en France de l’intéressé. D’autre part, M. C… ne produit aucun élément relatif à sa vie privée et familiale ou à son insertion autrement que par le travail. Dans ces conditions, les éléments avancés par le requérant ne sauraient suffire à caractériser des motifs exceptionnels susceptibles de justifier son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile par la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « salarié » ou « vie privée et familiale ». Par suite, il n’est pas fondé à soutenir que le préfet de police a commis une erreur manifeste d’appréciation dans l’exercice de son pouvoir de régularisation en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Pour les mêmes motifs, la décision n’est pas entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur la vie personnelle de l’intéressé. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
Aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
Si M. C… soutient qu’il est porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, il n’apporte aucun élément au soutien de ce moyen. Il ressort des pièces du dossier qu’il est célibataire, sans famille à charge et qu’il ne démontre pas être démuni d’attaches familiales dans son pays d’origine où il a vécu jusqu’à ses vingt-six ans. Dans ces conditions, il n’est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Pour les mêmes motifs, la décision n’est pas entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur la vie personnelle de l’intéressé. Les moyens doivent être écartés.
Il résulte de tout ce qui précède que M. C… n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du préfet de police du 7 mai 2025. Par voie de conséquence, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A… C… et au préfet de police.
Délibéré après l’audience du 16 avril 2026, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Armoët, première conseillère,
Mme Renvoise, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2026.
La rapporteure,
signé
T. RENVOISE
Le président,
signé
C. FOUASSIER
La greffière,
signé
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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