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Sur la décision
| Référence : | TJ Besançon, réf., 28 oct. 2025, n° 25/00430 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00430 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Accorde une provision et désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 7 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE
BESANCON
Pôle civil – Section 1
N° RG 25/00430 – N° Portalis DBXQ-W-B7J-FCDI
N° Minute 25/222
Code : 61A Copie certifiée conforme revêtue de la formule exécutoire
délivrée le
à
Copie certifiée conforme délivrée le
à
ORDONNANCE DE REFERE
Rendue le VINGT HUIT OCTOBRE DEUX MIL VINGT CINQ
ENTRE :
Madame [X] [F] épouse [S]
née le [Date naissance 4] 1966 à [Localité 5], demeurant [Adresse 7] (SUISSE)
Rep/assistant : Maître Jean-Pierre BENOIST de la SCP JP BENOIST, avocats au barreau de THONON-LES-BAINS
Rep/assistant : Maître Camille BEN DAOUD de la SELARL HBB AVOCAT, avocats au barreau de BESANCON
DEMANDEUR(S) d’une part,
ET :
Compagnie d’assurance MAIF, dont le siège social est sis [Adresse 2]
Rep/assistant : Maître Ariel LORACH de la SELASU LORACH – CABINET D’AVOCATS, avocats au barreau de BESANCON
S.A. HELSANA ASSURANCES, assurance auprès de laquelle Mme [S] est affiliée sous le n° 61460240, dont le siège social est sis [Adresse 1] (SUISSE)
N’ayant pas constitué avocat
DEFENDEUR(S) d’autre part,
DEBATS :
L’affaire a été débattue le 14 Octobre 2025 en audience publique, tenue par :
Alain TROILO Président du Tribunal judiciaire de BESANCON, Juge des référés, assisté de Christine MOUCHE, Greffier;
DECISION :
La présente décision est rendue par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire et en premier ressort, par :
Alain TROILO Président du Tribunal judiciaire de BESANCON, Juge des référés, assisté de Christine MOUCHE, Greffier;
* * * * * *
EXPOSE DU LITIGE
Le 08 mai 2024, Mme [X] [F] épouse [S], assurée auprès de la société Helsana Assurances SA, a été mordue à la main gauche par un chien appartenant à M. [N] [J], assuré auprès de la société d’assurance mutuelle Maif (ci-après Maif), alors qu’elle tentait de protéger son chat sur la commune de [Localité 10].
Elle a ensuite été hospitalisée au Pôle Santé Vallée de [Localité 9] en Suisse du 10 au 13 mai 2024, puis en service d’orthopédie-traumatologie du Réseau Hospitalier Neuchâtelois du 13 au 15 mai 2024, en raison d’une infection purulente des tissus mous.
Le 22 mai 2024, elle a subi une intervention tendant au drainage de l’abcès développé sur la face dorsale de la main gauche.
Déplorant subir des séquelles de cette morsure, Mme [S] a, par actes des 04 et 08 juillet 2025, saisi le juge des référés du tribunal judiciaire de Besançon, d’une demande dirigée contre la Maif et la société Helsana Assurances SA et sollicite :
une expertise médicale judiciaire aux frais avancés de la Maif,la condamnation de la Maif à lui payer une indemnité provisionnelle de 10 000 euros à valoir sur son préjudice définitif,sa condamnation à lui payer la somme de 2 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens.
La Maif ne s’oppose pas à la demande d’expertise avec des missions type AREDOC aux frais avancés de la demanderesse, ni à la demande de provision ramenée à de plus justes proportions. Elle s’oppose en revanche à la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la demande d’expertise
Les dispositions de l’article 145 du code de procédure civile permettent au juge des référés d’ordonner une expertise s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige.
À l’appui de sa demande, Mme [S] produit des pièces médicales faisant état de ses lésions et des traitements afférents, ainsi que des photographies de sa main gauche.
La Maif ne s’oppose pas à la demande d’expertise.
Il convient en conséquence d’ordonner une expertise médicale de Mme [S] à ses frais avancés, tous droits et moyens des parties réservés, conformément au dispositif de la décision.
Sur la demande de provision
Les dispositions de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile permettent au juge des référés d’accorder une provision au créancier dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable.
La Maif ne s’oppose pas à la demande de provision de Mme [S] à valoir sur l’indemnisation de son préjudice mais sollicite qu’elle soit ramenée à de plus justes proportions.
Il résulte des pièces médicales versées aux débats que Mme [S] a été hospitalisée durant cinq jours, qu’elle a bénéficié de dix-huit séances d’ergothérapie et qu’elle souffre encore, au 29 avril 2025, de douleurs et d’un déficit de flexion du troisième doigt de sa main gauche.
Dans ces circonstances, la Maif est condamnée à payer à Mme [S] la somme provisionnelle de 3 000 euros.
Sur les demandes accessoires
Il n’y a pas lieu de faire application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile à ce stade de la procédure.
Mme [S], demanderesse à l’expertise, est condamnée aux dépens.
PAR CES MOTIFS
Le juge des référés,
ORDONNE une expertise médicale de Mme [X] [F] épouse [S], tous droits et moyens des parties réservés, commune et opposable à l’ensemble des parties à la procédure,
COMMET pour y procéder le Dr [V] [W], en qualité d’expert inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 6], CHU de [Localité 6], [Adresse 3] / [Courriel 8],
avec faculté de s’adjoindre, en cas de besoin, tout spécialiste de son choix mais seulement dans une spécialité distincte de la sienne, et avec mission de se faire communiquer, par les parties ou les tiers, tous documents utiles (en particulier le dossier médical complet de Mme [X] [F] épouse [S], y compris le certificat médical initial, et les documents relatifs à l’état antérieur), de recueillir des informations écrites ou orales de toutes personnes, sauf à ce que soient précisés leurs noms, prénoms, demeure et profession ainsi que, s’il y a lieu, leur lien de parenté ou d’alliance avec les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d’intérêts avec elles, à l’effet de :
1 – examiner Mme [X] [F] épouse [S]
Demeurant [Adresse 11] (Suisse)
2 A – décrire en détail les lésions liées à l’accident du 08 mai 2024 ainsi que leur évolution et les traitements appliqués,
B – dire quelles sont les lésions en relation certaine et directe avec l’accident,
C – décrire, le cas échéant, la capacité antérieure aux faits en discutant et en évaluant ses anomalies,
D – dire s’il résulte de cet accident un handicap dans les actes essentiels de la vie quotidienne, dans les activités familiales, dans les activités de loisir alléguées, dans les activités professionnelles au moment de l’accident ou dans les activités de scolarisation ou de formation ; en décrire les particularités ;
3 – déterminer la durée des périodes pendant lesquelles Mme [X] [F] épouse [S] a subi un déficit fonctionnel temporaire, total ou partiel, et fixer, le cas échéant, pour chacune de ces périodes, le taux de déficit fonctionnel ;
4 – fixer la date de consolidation ;
5 – chiffrer, en cas d’atteinte permanente d’une ou plusieurs fonctions, le taux du déficit fonctionnel permanent ;
6 – dire si, malgré le déficit fonctionnel permanent subi par Mme [X] [F] épouse [S], celle-ci est médicalement apte à reprendre l’activité professionnelle qu’elle exerçait avant l’accident ; le cas échéant, fournir tous éléments d’appréciation sur l’incidence professionnelle du déficit fonctionnel permanent ;
7 – dire si Mme [X] [F] épouse [S] a subi un préjudice scolaire, universitaire ou de formation et, dans l’affirmative, préciser en quoi a consisté ce préjudice ;
8 – décrire les souffrances endurées du fait de l’accident et les évaluer selon une échelle de 0 à 7/7 ;
9 – donner son avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique, tant avant qu’après la consolidation, et l’évaluer selon une échelle de 0 à 7/7 ;
10 – procéder de même pour le préjudice d’agrément ;
11 – dire si l’état de Mme [X] [F] épouse [S] est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; dans l’affirmative, fournir au tribunal toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, indiquer dans quel délai il devra y être procédé,
12 – le cas échéant,
A – dire si l’aide d’une tierce personne est indispensable au domicile ; dans l’affirmative, indiquer la qualification de la tierce personne et préciser pour quels actes de la vie courante et pendant quelle durée quotidienne cette aide est indispensable ;
B – dire comment Mme [X] [F] épouse [S] est ou doit être appareillée ; décrire les prothèses, orthèses ou aides techniques nécessaires, leur incidence sur la capacité fonctionnelle et, éventuellement, la fréquence de leur renouvellement ;
C – dire si des soins postérieurs à la consolidation sont ou seront nécessaires ; dans l’affirmative, en indiquer la nature, la quantité et la périodicité éventuelle de leur renouvellement ;
D – dire si le logement de Mme [X] [F] épouse [S] doit être aménagé et, dans l’affirmative, indiquer les travaux d’aménagement à effectuer ;
E – dire si l’état de Mme [X] [F] épouse [S] justifie un aménagement de son véhicule et, le cas échéant, préciser la nature des aménagements nécessaires ;
F – donner son avis sur l’existence et l’importance d’un préjudice sexuel et d’un préjudice d’établissement,
DIT que l’expert devra communiquer une note de synthèse dans un délai de quatre mois à compter du jour où il aura été saisi de sa mission,
DIT que l’expert déposera son rapport écrit définitif au greffe de ce tribunal (service des expertises) dans un délai de six mois à compter du jour où il aura été saisi de sa mission, soit deux mois après communication de sa note de synthèse et après réponses aux dires des parties qui auront un mois pour les adresser à l’expert,
RAPPELLE que l’article 173 du code de procédure civile fait obligation à l’expert d’adresser copie du rapport à chacune des parties et de faire mention de cette formalité sur l’original,
COMMET le magistrat chargé du contrôle des expertises pour suivre et contrôler les opérations de l’expert désigné ci-dessus et pour statuer sur toute difficulté d’exécution,
SUBORDONNE l’exécution de cette mesure d’instruction à la consignation préalable par Mme [X] [F] épouse [S] d’une avance de débours à valoir sur la rémunération de l’expert de 800 euros, dans un délai de forclusion expirant le 28 décembre 2025,
RAPPELLE que ledit versement devra être effectué entre les mains du régisseur de ce tribunal et qu’à défaut de consignation dans ce délai impératif, la désignation de l’expert sera caduque et privée de tout effet conformément aux dispositions de l’article 271 du code de procédure civile,
DIT qu’à l’issue de la première réunion d’expertise, l’expert devra communiquer aux parties et au juge chargé du suivi des expertises un état prévisionnel de ses frais et honoraires et devra, en cas d’insuffisance de la provision consignée, demander la consignation d’une provision supplémentaire,
DIT qu’en application de l’article 282 du code de procédure civile, l’expert adressera également aux parties un exemplaire de sa demande de rémunération par tout moyen permettant d’en établir la réception, à charge pour elles de communiquer à l’expert et au juge chargé de contrôler les mesures d’instruction leurs observations écrites dans un délai de 15 jours,
CONDAMNE la société d’assurance mutuelle Maif à payer à Mme [X] [F] épouse [S] la somme provisionnelle de 3 000 euros à valoir sur l’indemnisation de son préjudice en lien avec l’accident du 08 mai 2024,
DIT n’y avoir lieu à appliquer les dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE Mme [X] [F] épouse [S] aux dépens.
Le Greffier, Le Président,
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