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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, j l d hsc, 9 mai 2025, n° 25/03996 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03996 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 2]
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D=UNE MESURE D=HOSPITALISATION COMPLÈTE
DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D=UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 25/03996 – N° Portalis DB3S-W-B7J-3DXF
MINUTE:25/871
Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Sagoba DANFAKHA, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [Z] [L]
né le 02 Juillet 1996 en ALGERIE
Domicile inconnu en région parisienne
Etablissement d=hospitalisation: L=[Localité 3] DE VILLE-EVRARD
Présent assisté de Me Laure AMZALLAG, avocat commis d=office
PERSONNE A L=ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice de L=[Localité 3] DE VILLE-EVRARD
Absent
TIERS A L=ORIGINE DE L=HOSPITALISATION
Monsieur [R] [L]
Absent
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par le 07 mai 2025
Le 01 mai 2025, la directrice de L=[Localité 3] DE VILLE-EVRARD a prononcé la décision d=admission en soins psychiatriques de Monsieur [Z] [L].
Depuis cette date, Monsieur [Z] [L] fait l=objet d=une hospitalisation complète au sein de L=[Localité 3] DE VILLE-EVRARD.
Le 06 mai 2025, la directrice de l=établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l=hospitalisation complète de Monsieur [Z] [L].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 07 mai 2025.
A l=audience du 09 mai 2025, Me Laure AMZALLAG, conseil de Monsieur [Z] [L], a été entendu en ses observations.
L=affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Vu la demande d’admission en hospitalisation complète de [Z] [L] présentée par [X] [L] le 29 04 2025 en qualité de cousin;
Vu le certificat médical initial établi le 30 04 2025 par le Dr [O] établissant un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade ;
Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé de Ville Evrard en date du 01 05 2025 prononçant l’admission de [Z] [L] en hospitalisation complète ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 30 04 2025 par le Dr [F];
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 02 05 2025 par le Dr [U];
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 02 05 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [Z] [L];
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 06 05 2025;
Vu l’avis motivé établi le 07 05 2025 par le Dr [C];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 07 05 2025;
Vu le débat contradictoire en date du 09 05 2025;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
Sur le moyen d’irrégularité
Le conseil se désiste de ses conclusions d’irrégularité. Il convient de lui en donner acte.
Sur le fond
[Z] [L] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé de Ville Evrard sans son consentement le 01 05 2025 dans les conditions rappelées ci-dessus.
Le certificat médical initial établi le 30 04 2025 par le Dr [O] décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : affects restreints, discours provoqué, délire flou mal systématisé de persécution, hallucinations intrapsychiques, troubles instinctuels, anosognosie totale, ambivalence aux soins.
Etait constaté le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment discours provoqué, idées délirantes de persécution avec participation affective et comportementale et hallucinations acoustico-verbales, et adhésion totale, adhésion morbide, anosognosie total et ambivalence aux soins, imprévisibilité, risque de passage à l’acte auto ou hétéro-agressif et concluaient que la prise en charge de [Z] [L] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 07 05 2025 constatait que le patient avait un contact superficiel, d’humeur neutre, que son discours véhiculait des idées délirantes hallucinatoires acoustico-verbales floues, que son comportement restait inadapté et imprévisible avec risque de passage à l’acte hétéro agressif
L’avis précisait que l’état de santé de [Z] [L] était compatible avec son audition par le juge des libertés et de la détention.
A l’audience, [Z] [L] déclarait que ça se passe bien, que c’est sa troisième hospitalisation, qu’il a arrêté son traitement parce qu’il se sentait bien. Il ne sait pas à quoi sert son traitement. Il est d’accord pour rester à l’hôpital.
Le conseil de [Z] [L] était entendu en ses observations.
Il résulte de l’ensemble des éléments joints à la requête et contradictoirement débattus à l’audience, que la procédure relative à l’admission de [Z] [L] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [Z] [L] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d=audience aménagée à l=établissement public de santé de Ville-Evrard, au centre Henri Duchêne situé [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d=appel,
Donnons acte au conseil de son désistement de ses conclusions d’irrégularité,
Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Monsieur [Z] [L]
Laisse les dépens à la charge de l=Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l=exécution provisoire,
Fait et jugé à [Localité 2], le 09 mai 2025
Le Greffier
Sagoba DANFAKHA
Le premier vice-président
Juge des libertés et de la détention
Raphaëlle AGENIE-FECAMP
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s=oppose :
Déclare faire appel :
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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