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Sur la décision
| Référence : | TJ Bordeaux, réf. 1re sect., 28 oct. 2024, n° 24/01303 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01303 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 9]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
50D
Minute n° 24/890
N° RG 24/01303 – N° Portalis DBX6-W-B7I-ZGPW
5 copies
EXPERTISE
GROSSE délivrée
le 28/10/2024
à Me Benoit DARRIGADE
la SELARL RACINE [Localité 9]
COPIE délivrée
le 28/10/2024
au service expertise
Rendue le VINGT HUIT OCTOBRE DEUX MIL VINGT QUATRE
Après débats à l’audience publique du 30 septembre 2024
Par mise à disposition au greffe, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.
Par Elisabeth FABRY, Première Vice-Présidente au tribunal judiciaire de BORDEAUX, assistée de Karine PAPPAKOSTAS, Greffière.
DEMANDEUR
Monsieur [Y], [M], [F] [R]
[Adresse 1]
[Localité 2]
représenté par Me Vincent MAYER, avocat au barreau de BORDEAUX
DÉFENDERESSES
S.A.S.U. EDENAUTO PREMIUM [Localité 8] Immatriculée au RCS de [Localité 8] sous le numéro 301 920 419, prise en la personne de ses représentants légaux
[Adresse 12]
[Localité 4]
représentée par Maître Annie BERLAND de la SELARL RACINE BORDEAUX, avocats au barreau de BORDEAUX
S.A.S.U. BAYERN [Localité 9] [Localité 6] by autosphere Immatriculée au RCS de [Localité 9] sous le numéro 324 165 117, prise en la personne de ses représentants légaux
[Adresse 11]
[Localité 3]
représentée par Me Benoit DARRIGADE, avocat au barreau de BORDEAUX
I – FAITS, PROCÉDURE ET DEMANDES DES PARTIES
Par actes des 11 et 13 juin 2024, Monsieur [R] a fait assigner la SASU EDENAUTO PREMIUM BEZIERS et la SASU BAYERN BORDEAUX [Localité 6] BY AUTOSPHERE devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux, afin, au visa des articles 9, 42, 143 et suivants et 491 alinéa 2 du code de procédure civile, de voir ordonner une expertise de son véhicule automobile.
Monsieur [R] expose qu’il a acquis le 07 juillet 2011 un véhicule de marque BMW X3 auprès de la concession BMW de [Localité 8] “passion automobile”, devenue la SASU EDENAUTO PREMIUM [Localité 8], après avoir levé l’option d’achat, à hauteur de 27 381 euros, du contrat de location qu’il avait signé le 05 juin 2008 et dont la location avait débuté le 07 juillet 2008 ; que depuis sa mise en circulation, il a fait scrupuleusement entretenir le véhicule dans le réseau BMW, sachant que le 13 juillet 2015 le véhicule a fait l’objet d’un remplacement sous rappel constructeur de la chaîne de distribution et du tendeur hydraulique par la concession BMW BAYERN de [Localité 10], devenue la SASU BAYERN [Localité 9] [Localité 6] BY AUTOSPHERE ; que le 05 août 2022, le véhicule est tombé en panne, la chaîne de distribution moteur ayant cassé ; qu’aucune solution amiable n’a été trouvée et qu’il n’a d’autre solution que de solliciter une expertise judiciaire, avant tout procès au fond, afin de déterminer la nature, l’origine et la gravité du dysfonctionnement du véhicule mais encore les garanties, responsabilités encourues et préjudices subis.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 30 septembre 2024.
Les parties ont conclu pour la dernière fois :
— Monsieur [R], dans son acte introductif d’instance,
— la SASU EDENAUTO PREMIUM [Localité 8], le 26 septembre 2024, par des écritures dans lesquelles elle formule toutes protestations et réserves d’usage quant à la mesure d’instruction sollicitée,
— la SASU BAYERN [Localité 9] [Localité 6] BY AUTOSPHERE, le 13 septembre 2024, par des écritures dans lesquelles elle formule également toutes protestations et réserves d’usage quant à la mesure d’instruction sollicitée.
II – MOTIFS DE LA DÉCISION
La demande d’expertise
Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile, “s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé”.
En l’espèce, Monsieur [R], par les pièces qu’il verse aux débats, justifie d’un motif légitime pour obtenir qu’une mesure d’instruction soit, dans les termes et conditions figurant au dispositif de la présente décision, ordonnée au contradictoire des parties défenderesses, sans aucune appréciation des responsabilités et garanties encourues.
L’expertise sera réalisée aux frais avancés du demandeur, qui a seul intérêt à voir la mesure menée à son terme.
Les autres demandes
Les dépens de l’instance seront provisoirement supportés par le demandeur, qui pourra ultérieurement les inclure dans son préjudice matériel.
III – DÉCISION
Le juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux statuant par une ordonnance contradictoire, prononcée publiquement par mise à disposition au greffe et à charge d’appel;
Vu l’article 145 du code de procédure civile,
ORDONNE une mesure d’expertise et désigne pour y procéder Monsieur [I] [U] [Adresse 5]
Courriel : [Courriel 7] ;
DIT que l’expert procédera à la mission suivante :
– convoquer et entendre les parties, se faire communiquer dans le délai qu’il lui appartiendra de fixer tous documents utiles à l’exercice de sa mission et notamment la citation, les documents relatifs à la mise en circulation du véhicule, aux contrôles techniques, à l’entretien et à l’achat du véhicule de Monsieur [R],
– donner aux juges tous éléments de nature à établir dans quelles conditions il a été fait acquisition de ce véhicule, préciser notamment si l’acheteur a eu communication de pièces déterminant de façon précise l’état du véhicule qu’il se proposait d’acquérir,
– dire à quelle date le véhicule litigieux a été mis en circulation, décrire l’état de la mécanique et de la carrosserie et préciser le degré d’usure du véhicule lors de son acquisition par rapport à la longévité habituelle de véhicules de même type,
– vérifier si les désordres allégués existent, dans ce cas, en préciser la nature, la localisation, l’importance et la date d’apparition, et dire s’ils sont de nature à rendre le véhicule impropre à son usage,
– donner aux juges du fond tous éléments techniques et de fait leur permettant de déterminer si le vice aujourd’hui constaté existait ou non lors de la vente, dans l’affirmative, donner aux juges du fond tous éléments techniques et factuels leur permettant de dire si ce vice était ou non décelable pour un profane et pouvait ou non être ignoré du vendeur au moment de la vente,
– dire si le véhicule a fait, avant ou/et après la vente litigieuse, l’objet de réparations et dans l’affirmative, en préciser la nature, l’opportunité et l’efficience, notamment l’intervention de la concession BMW BAYERN de [Localité 10], devenue la SASU BAYERN [Localité 9] [Localité 6] BY AUTOSPHERE, en date du 13 juillet 2015,
– rechercher la cause des désordres, en indiquant si les désordres sont dûs à un vice de la mécanique, à la vétusté, à des réparations inappropriées, à un défaut d’entretien, à une utilisation inappropriée du véhicule ou à tout autre cause,
– dire si le prix acquitté est conforme à celui habituellement pratiqué pour un véhicule de même type, de même âge et se trouvant dans un état identique,
– en raison des désordres éventuellement constatés, donner son avis sur le prix actuel d’un tel véhicule, compte tenu du marché,
– donner son avis sur la nature, la durée et le coût des travaux, hors-taxes et TTC, propres à remédier aux désordres constatés, en donnant aux juges du fond tous éléments susceptibles de leur permettre de déterminer l’opportunité économique d’y recourir, et communiquer à cet égard aux parties, en même temps que son pré-rapport, des devis et estimations chiffrées,
– fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre, le cas échéant, à la juridiction compétente, de déterminer les responsabilités encourues et d’évaluer s’il y a lieu les préjudices subis,
– établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur enjoignant de formuler, avant la date qu’il estimera nécessaire de fixer, et dans tous les cas dans le délai d’un mois suivant cette communication, toutes les observations utiles, et répondre aux observations qui auraient été formulées dans ce délai ;
DIT que l’expert ne pourra recueillir l’avis d’un autre technicien que dans une spécialité distincte de la sienne, et qu’il pourra recueillir des informations orales ou écrites de toutes personnes, sauf à ce que soient précisés leur nom, prénom, adresse, et profession ainsi que, s’il y a lieu, leur lien de parenté ou d’alliance avec les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d’intérêt avec elles ;
FIXE à la somme de 2 500 euros la provision que le demandeur devra consigner par virement sur le compte de la Régie du tribunal judiciaire de Bordeaux (Cf code BIC joint) mentionnant le numéro PORTALIS (figurant en haut à gauche sur la première page de la présente ordonnance) dans le délai de 2 mois, faute de quoi l’expertise pourra être déclarée caduque ;
DIT que l’expert déposera son rapport dans le délai de six mois à compter de la consignation ;
DESIGNE le juge chargé du contrôle des expertises pour suivre le déroulement de la présente mesure d’instruction ;
DIT que le demandeur conservera provisoirement la charge des dépens, sauf à en intégrer le montant dans son préjudice matériel.
La présente décision a été signée par Elisabeth FABRY, Première Vice-Présidente, et par Karine PAPPAKOSTAS, Greffière.
Le Greffier, Le Président,
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