Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Boulogne-sur-Mer, jld, 3 oct. 2025, n° 25/04235 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/04235 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Au nom du Peuple Français
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE PROLONGATION DE RETENTION
MINUTE: 25/1511
Appel des causes le 03 Octobre 2025 à 10h00 en visioconférence
Div\étrangers
N° étr\N° RG 25/04235 – N° Portalis DBZ3-W-B7J-76LMK
Nous, Madame PIROTTE Carole, Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Mme Samira CHAIB, Greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile;
Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ;
En présence de [B] [J], interprète en langue pachtou, serment préalablement prêté ;
En présence de Monsieur [Y] [C] représentant de M. LE PREFET DU NORD ;
Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ;
Monsieur [R] [D]
de nationalité Pakistanaise
né le 02 Janvier 1998 à [Localité 2] (PAKISTAN), a fait l’objet :
— d’une interdiction judiciaire du territoire français d’une durée de trois ans prononcée par jugement contradictoire du tribunal correctionnel de Pontoise en date du 30 septembre 2024
— d’un arrêté de placement en rétention administrative pour quatre jours, prononcé le 05 août 2025 par M. LE PREFET DU NORD , qui lui a été notifié le 05 août 2025 à 19h10
Par requête du 02 Octobre 2025, arrivée par courrier électronique à 11h57 M. LE PREFET DU NORD invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de QUATRE JOURS, prolongé par un délai de VINGT-SIX JOURS selon l’ordonnance du 09 août 2025, prolongé par un délai de TRENTE JOURS selon l’ordonnance du 03 septembre 2025, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de QUINZE JOURS maximum.
En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Séverine WADOUX, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations
L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Je ne suis jamais allé en prison.
Me Séverine WADOUX entendue en ses observations : ce qui m’embête ce sont le manque de diligences de l’administration. Ce n’est que le 25 septembre 2025 qu’on indique qu’on n’a pas le laissez-passer consulaire, le vol. L’administration n’a pas été suffisamment diligente en restant focalisée sur le Portugal. Je vous demande donc la remise en liberté de Monsieur [D].
Le représentant de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé. Monsieur était en possession d’un document portugais ce qui explique les démarches effectuées auprès du Portugal. Il a fallu attendre le refus du Portugal le 25 septembre 2025 pour entamer une procédure d’identification auprès des autorités pakistanaises. En outre, Monsieur constitue une menace à l’ordre public au regard de sa condamnation pénale.
L’intéressé : J’ai un domicile au Portugal. Je paie le loyer. Je n’ai plus de contact avec ma famille. Je ne peux plus gérer d’ici. Je vous demande un délai de deux jours pour quitter la France. Je suis le seul à soutenir les besoins de ma famille.
Audience suspendue et mise en délibéré.
MOTIFS
Selon l’article L. 742-5 du CESEDA, à titre exceptionnel, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l’article L. 742-4, lorsqu’une des situations suivantes apparait dans les quinze derniers jours:
1° L’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la décision d’éloignement ;
2° L’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d’éloignement :
a) une demande de protection contre l’éloignement au titre du 5° de l’article L. 631-3 ;
b) ou une demande d’asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public.
L’étranger est maintenu en rétention jusqu’à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d’une durée maximale de quinze jours.
Si l’une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° ou au septième alinéa du présent article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l’avant-dernier alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas quatre-vingt-dix jours.
Il résulte des éléments de la procédure que l’administration a satisfait à son obligation de diligences qui lui incombe au sens de l’article L 741-3 du CESEDA.
La menace à l’ordre public peut s’apprécier sur des actes antérieurs pour déterminer le risque de dangerosité future. La réalité de la menace doit être appréciée pour l’avenir mais doit répondre aux critères de réalité et d’actualité appréciés au regard de la situation personnelle globale de la personne concernée.
Si la seule commission d’une infraction pénale ne suffit pas à établir une menace pour l’ordre public, le juge doit prendre en considération la réalité et la gravité des infractions commises, la récurrence ou la réitération des faits, leur ancienneté et l’attitude générale de l’étranger.
Dans le cas d’espèce, Monsieur [D] a commis des infractions de violences conjugales et de menaces de mort pour lequelles il a été condamné par le tribunal correctionnel de Pontoise le 30 septembre 2024 à la peine de huit mois d’emprisonnement avec sursis et une peine complémentaire de trois ans d’interdiction judiciaire du territoire français.
Il constitue donc bien une menace pour l’ordre public. Ainsi, les conditions d’application de l’article susvisé sont réunies pour accorder une première prolongation exceptionnelle de la rétention administrative afin d’exécuter la mesure d’éloignement dont fait l’objet l’intéressé.
L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires.
Eu égard aux nécessités invoquées par Monsieur le Préfet, il convient d’accorder la prorogation demandée.
PAR CES MOTIFS
Autorisons l’autorité administrative à retenir Monsieur [R] [D] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de QUINZE JOURS à compter de l’échéance de la précédente période de prolongation de rétention administrative
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et avisons l’intéressé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 3] ) au greffe de la Cour d’Appel de [Localité 1] (numéro de FAX du greffe de la Cour d’Appel: 03.27.93.28.01.) ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué.
Le représentant de la Préfecture, L’avocat, Le Greffier, Le Juge,
En visio En visio
décision rendue à 11h19
Ordonnance transmise ce jour à M. LE PREFET DU NORD
Ordonnance transmise au Tribunal administratif de LILLE
N° étr\N° RG 25/04235 – N° Portalis DBZ3-W-B7J-76LMK
Décision notifiée à … h…
L’intéressé, L’interprète,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Mise en demeure ·
- Sociétés ·
- Transport en commun ·
- Économie mixte ·
- Agglomération ·
- Intérêt ·
- Demande ·
- Titre ·
- Préjudice ·
- Dommage
- Adresses ·
- Syndic ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mission ·
- Expertise ·
- Partie ·
- Référé ·
- Motif légitime ·
- Délai
- Centre hospitalier ·
- Tribunal judiciaire ·
- Hospitalisation ·
- Certificat ·
- Saisine ·
- Santé publique ·
- Tiers ·
- Contrôle ·
- Sauvegarde de justice ·
- Avis motivé
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Loyer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dégât ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Logement ·
- Meubles ·
- Titre ·
- Commissaire de justice ·
- Charges
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Prolongation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Assignation à résidence ·
- Régularité ·
- Notification ·
- Étranger ·
- Éloignement ·
- Représentation ·
- Délégation de signature ·
- Assignation
- Enfant ·
- Parents ·
- Vacances ·
- Contribution ·
- Droit de visite ·
- Hébergement ·
- Mère ·
- Père ·
- Divorce ·
- Commissaire de justice
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Prêt d'argent, crédit-bail , cautionnement ·
- Prêt - demande en remboursement du prêt ·
- Contrats ·
- Forclusion ·
- Finances ·
- Tribunal judiciaire ·
- Consommation ·
- Paiement ·
- Point de départ ·
- Rééchelonnement ·
- Litige ·
- Crédit ·
- Commissaire de justice
- Habitat ·
- Loyer ·
- Clause ·
- Locataire ·
- Commandement ·
- Délais ·
- Résiliation du bail ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dette ·
- Meubles
- Commissaire de justice ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Mise en état ·
- Charges de copropriété ·
- Clôture ·
- Ordonnance ·
- Procédure ·
- Intérêt ·
- Gauche ·
- Veuve
Sur les mêmes thèmes • 3
- Véhicule ·
- Sécurité ·
- Sociétés ·
- Contrôle technique ·
- Restitution ·
- Prix de vente ·
- Préjudice de jouissance ·
- Technique ·
- Facture ·
- Acheteur
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Nuisance ·
- Adresses ·
- Partie ·
- Régie ·
- Contrôle ·
- Mission ·
- Mesure d'instruction ·
- Observation
- Adresses ·
- Quittance ·
- Deniers ·
- Loyer ·
- Bail ·
- Expulsion ·
- Provision ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement de payer ·
- Libération
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.