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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, jcp, 6 févr. 2025, n° 24/01231 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01231 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | S.A. VILOGIA |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 7]
[Localité 2]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 24/01231 – N° Portalis DBZS-W-B7I-X7ZE
N° de Minute : BX25/00226
JUGEMENT
DU : 06 Février 2025
S.A. VILOGIA
C/
[U] [T]
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 06 Février 2025
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR(S)
S.A. VILOGIA, dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par M. [L] [G], muni d’un mandat écrit
ET :
DÉFENDEUR(S)
M. [U] [T], demeurant [Adresse 8]
comparant en personne
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 21 Novembre 2024
Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Chelbia HADDAD, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 06 Février 2025, date indiquée à l’issue des débats par Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Mahdia CHIKH, Greffier
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte du 6 juillet 2022, S.A. VILOGIA a donné en location à Monsieur [U] [T] un immeuble à usage d’habitation situé à [Adresse 6] et un stationnement n°214535 situé à [Adresse 5].
Le stationnement a été résilié le 9 octobre 2024.
Le 19 octobre 2023, S.A. VILOGIA a fait signifier à Monsieur [U] [T] un commandement de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire.
Par exploit d’huissier du 18 janvier 2024, S.A. VILOGIA a fait assigner Monsieur [U] [T], pour l’audience du vingt et un Novembre deux mil vingt quatre, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, aux fins de :
— constater ou à défaut prononcer la résiliation du bail pour défaut de paiement de loyers ;
— ordonner l’expulsion de Monsieur [U] [T] ;
— le condamner au paiement :
— de la somme de 3093,38 euros au titre des loyers et charges impayés avec intérêts au taux légal;
— d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et des charges, dont le montant pourra être réajusté au cas où les charges réelles dépasseraient le montant de la provision jusqu’à la libération effective des lieux ;
— de la somme de 150 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
— condamner Monsieur [U] [T] aux entiers dépens ;
— ordonner l’exécution provisoire.
A l’audience, S.A. VILOGIA a sollicité le bénéfice de son acte introductif d’instance, sauf à actualiser sa demande principale à la somme de 5232,87 euros pour le logement, selon décompte arrêté au 10 novembre 2024 et de 257,06 euros au titre du stationnement. Le bailleur indique ne pas s’opposer à une demande de délais de paiement.
Monsieur [U] [T] a sollicité des délais de paiement, proposant de s’acquitter de sa dette par versements mensuels de 193 euros, outre le loyer courant.
Assigné par acte déposé en l’étude de l’huissier, Monsieur [U] [T] était présent à l’appel du rôle du 21 novembre 2024.
L’affaire a été mise en délibéré au 06 Février 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité :
Le bailleur justifie avoir saisi la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 18 octobre 2023 puis avoir notifié au préfet du Nord, le 19 janvier 2024 l’assignation visant à obtenir l’expulsion, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Son action est donc recevable.
Sur la demande de résiliation du bail :
Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges.
La dette n’a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail pour le logement étaient réunies à la date du 19 décembre 2023.
Sur les sommes dues :
Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers et charges impayés, s’élevait, au 10 novembre 2024, à la somme de 4975,80 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.
Monsieur [U] [T] sera donc condamné à payer en deniers ou quittances valables à S.A. VILOGIA la somme de 4975,80 euros pour le logement et de 257,06 euros pour le stationnement au titre de l’arriéré locatif arrêté au 10 novembre 2024.
Les intérêts sont dus au taux légal à compter du présent jugement.
Sur les délais de paiement :
Monsieur [U] [T] sollicite des délais de paiement et offre de s’acquitter de sa dette par versements mensuels de 193 euros, outre le loyer courant.
Au regard de la situation financière de Monsieur [U] [T], il convient de lui accorder la possibilité de régler sa dette par mensualités de 180 euros pour le logement et de suspendre les effets de la clause résolutoire en soulignant toutefois que dès le premier impayé, soit de cette mensualité, soit du loyer courant, la totalité de la dette redeviendra exigible et l’expulsion pourra alors être poursuivie sans nouvelle décision.
Il convient de lui accorder la possibilité de régler sa dette par mensualités de 13 euros pour le stationnement.
Sur l’indemnité mensuelle d’occupation :
Dans l’hypothèse où Monsieur [U] [T] ne respecterait pas les délais de 180 euros qui lui ont été accordés par le juge, l’occupation des lieux deviendrait illégitime, causant au bailleur un préjudice qu’il convient de réparer en condamnant le locataire, devenu occupant sans titre, à lui payer une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges qui aurait été dû en l’absence de résiliation du bail, soit 467,46 euros pour le logement jusqu’à la libération effective et définitive des lieux.
Sur les demandes accessoires :
Monsieur [U] [T], qui succombe, supportera les entiers dépens.
L’équité commande par contre de laisser à la charge du bailleur les frais irrépétibles non compris dans les dépens et la demande présentée au titre de l’article 700 du code de procédure civile sera donc rejetée.
L’article 514 du code de procédure civile dispose désormais que : « les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement ».
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement Contradictoire et en premier ressort ;
Déclare l’action de S.A. VILOGIA recevable ;
Constate que le bail du stationnement a été résilié le 9 octobre 2024 ;
Constate que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 6 juillet 2022 entre S.A. VILOGIA et Monsieur [U] [T] concernant l’immeuble situé à [Adresse 6], sont réunies à la date du 19 décembre 2023 pour le logement ;
Condamne Monsieur [U] [T] à payer en deniers ou quittances valables à S.A. VILOGIA, la somme de 4975,80 euros au titre de l’arriéré locatif pour le logement et de 257,06 euros au titre de l’arriéré locatif pour le stationnement arrêtés au 10 novembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;
Autorise Monsieur [U] [T] à payer sa dette, en principal par mensualités de 180 euros pour le logement et de 13 euros pour le stationnement ;
Dit que ces mensualités devront être payées le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification de la présente décision ;
Rappelle que les mensualités sont payables en plus du loyer courant pour le logement ;
Suspend les effets de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais ;
Dit que si les délais de 180 euros sont respectés la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais joué ;
Dit qu’en revanche, en cas de non paiement d’une seule de ces mensualités, l’intégralité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire sera automatiquement acquise à compter de la date de la première de ces mensualités impayées en ce qui concerne le logement ;
Dit que dans ce cas, à défaut d’avoir quitté les lieux dont il s’agit dans les deux mois du commandement de délaisser, Monsieur [U] [T] ou tout occupant de son chef pourra être expulsé, et ce, si besoin est, avec le concours de la [Localité 4] Publique ;
Condamne Monsieur [U] [T], au cas où la clause résolutoire reprendrait effet, à payer chaque mois pour lequel il sera resté dans les lieux, une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer actuel charges comprises, soit 467,46 euros pour le logement ;
Dit que la part correspondant aux charges dans ces indemnités mensuelles d’occupation pourra être réajustée au cas où les charges de l’année dépasseraient la provision ;
Rejette la demande formée par le bailleur au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
Condamne Monsieur [U] [T] aux dépens ;
Rappelle que le présent jugement est de droit exécutoire à titre provisoire ;
Rejette toute autre demande.
Ainsi jugé et prononcé le 06 Février 2025 par mise à disposition au greffe.
Le GREFFIER Le PRESIDENT
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