Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, réf. cab. 3, 14 mars 2025, n° 25/00010 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00010 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autres mesures ordonnées en référé |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
JUGEMENT N°25/
PROCEDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND
Référés Cabinet 3
JUGEMENT DU : 14 Mars 2025
Président : Madame LECOQ, Vice-présidente en charge des référés
Greffier : Madame ZABNER,
Débats en audience publique le : 07 Février 2025
N° RG 25/00010 – N° Portalis DBW3-W-B7J-53FE
PARTIES :
DEMANDERESSE
Le Syndicat des copropriétaires de l’immeuble PARC du 12ème sis [Adresse 3]
pris en la personne de son syndic en exercice le CABINET LAGIER, dont le siège social est sis [Adresse 4]
pris en la personne de son représentant légal
représenté par Maître Aurélie REYMOND de la SELARL DUPIELET-REYMOND, avocats au barreau de MARSEILLE
DEFENDEURS
Monsieur [H] [B], né le 08 Novembre 1993 à [Localité 6]
Madame [U] [X], née le 16 Février 1993 à [Localité 5]
Tous deux demeurant [Adresse 10]
Et non comparants
FAITS, PROCEDURE ET PRETENTIONS
Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] sont propriétaires des lots 28, 74 et 84 de l’immeuble situé [Adresse 3].
Le syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [Adresse 8] [Adresse 1], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER, se plaint du non-paiement des charges de copropriété.
C’est dans ces circonstances que par assignation du 08 janvier 2025, le Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [Adresse 7] DU [Adresse 1], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER, a fait citer Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X], en demandant au président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, en vertu de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 leur condamnation solidaire au paiement des sommes suivantes :
5 590 € au titre des charges échues impayées et des charges à échoir, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure ; 1 000 € à titre de dommages-intérêts ;1 500 € en vertu de l’article 700 du code de procédure civile et les dépens.
L’affaire a été appelée à l’audience du 07 février 2025.
À cette date, le Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier PARC du [Localité 2], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER, par l’intermédiaire de son conseil, réitère ses demandes, en faisant valoir ses moyens tels qu’exprimés dans son assignation à laquelle il convient de se reporter.
Régulièrement cités par procès-verbal remis à l’étude du commissaire de justice, Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] ne comparaissent pas et ne sont pas représentés à l’audience susvisée.
SUR QUOI
Attendu qu’en application de l’article 472 du code de procédure civile, il y a lieu de rappeler qu’en l’absence de comparution de la partie en défense, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ;
Sur les demandes en paiement
Attendu que le syndicat des copropriétaires entend mettre en œuvre la procédure de recouvrement des dépenses budgétisées visées à l’article 14-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis qui dispose que « pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent.
Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes. La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale » ;
Attendu que l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 dispose que : « à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1,et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionnées à l’article 14-2-1.
Lorsque la mesure d’exécution porte sur une créance à exécution successive du débiteur du copropriétaire défaillant, notamment une créance de loyer ou d’indemnité d’occupation, cette mesure se poursuit jusqu’à l’extinction de la créance du syndicat résultant de l’ordonnance.
Si l’assemblée générale vote pour autoriser le syndic à agir en justice pour obtenir la saisie en vue de la vente d’un lot d’un copropriétaire débiteur vis-à-vis du syndicat, la voix de ce copropriétaire n’est pas prise en compte dans le décompte de la majorité et ce copropriétaire ne peut recevoir mandat pour représenter un autre copropriétaire en application de l’article 22 » ;
Que l’article 481-1 du code de procédure civile applicable aux procédures introduites à compter du 1er janvier 2020 dispose notamment : « A moins qu’il en soit disposé autrement, lorsqu’il est prévu par la loi ou le règlement qu’il ait statué selon la procédure accélérée au fond, la demande est formée, instruite et jugée dans les conditions suivantes :
1° La demande est portée par voie d’assignation à une audience tenue aux jour et heure prévue à cet effet ;
2° Le juge saisi par la remise d’une copie de l’assignation au greffe avant la date fixée pour l’audience, sous peine de caducité de l’assignation constatée d’office par ordonnance du juge ou, à défaut, à la requête d’une partie ;
3° Le jour de l’audience, le juge assure qu’il s’est écoulé un temps suffisant depuis l’assignation pour que la partie assignée ait préparé sa défense. La procédure est orale ; »
Attendu que la procédure accélérée au fond permet d’obtenir l’exigibilité immédiate des provisions pour charges et travaux non échus du budget provisionnel voté à la date de délivrance de la mise en demeure, à défaut de règlement d’une provision à sa date d’exigibilité après mise en demeure infructueuse ainsi que de solliciter la condamnation au paiement des charges antérieures arriérées ;
Attendu qu’en l’espèce, le Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [Adresse 8] [Adresse 1], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER, fait valoir que Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X], propriétaires des lots 28, 74 et 84 au sein de l’immeuble en copropriété, n’ont pas payé les provisions pour charges dans le mois de la mise en demeure qui lui a été délivrée le 15 octobre 2024 de sorte que les provisions du budget adopté sont désormais exigibles en vertu de l’article précité;
Qu’il produit des pièces pertinentes et probantes à l’appui de ses prétentions et notamment :
— un relevé de propriété,
— le contrat de syndic,
— les procès-verbaux des assemblées générales en date des 17 mars 2021, 27 janvier 2022, 21 mars 2023 et 22 avril 2024,
— un extrait de compte arrêté à l’appel de fond pour la période du 1er octobre au 31 décembre 2024 pour la somme totale 1 716,21 € au titre des charges échues et impayées et pour la somme de 2 538,01 € au titre des frais de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,
— le détail des provisions à échoir pour l’exercice en cours, pour un total de 1 335,78 €,
— un commandement de payer la somme de 3 148,40 € en date du 08 juillet 2024,
— la lettre recommandée de mise en demeure de payer la somme de 1 332,92 € en date du 15 octobre 2024 visant l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 et son accusé de réception comportant la mention « Pli avisé et non réclamé » ;
Attendu que l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 précise que sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes de commissaires de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur ;
Attendu que les honoraires d’huissier ainsi que les frais de contentieux qui ne sont justifiés par aucune diligence particulière doivent cependant être écartés par application de l’article 10–1 de la loi du 10 juillet 1965 qui ne vise que les frais nécessaires exposés par le syndicat à compter d’une mise en demeure et non les frais qui relèvent des dépens ou ceux entrant dans les prévisions de l’article 700 du code de procédure civile ;
Qu’il sera rappelé que le recouvrement des charges de copropriété constitue un acte élémentaire de l’administration de la copropriété confiée au syndic pour lequel il perçoit une rémunération ;
Que le syndicat ne peut se prévaloir des frais forfaitaires prévus au contrat de syndic étant observé que les dispositions conventionnelles ou encore les résolutions d’assemblée générale ne sauraient remettre en cause des dispositions d’ordre public de la loi du 10 juillet 1965 ;
Que les frais, dont le recouvrement est poursuivi, s’établissent à la somme totale de 2538,01 €;
Qu’ainsi les frais de mise en demeure, dont le coût ne correspond pas à la tarification du contrat de syndic, les frais forfaitaires d’envoi de commandement de payer à l’huissier de justice et de remise de dossier, qui ne sont pas prévus par l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, les frais de commandement de payer non justifiés par des pièces versées aux débats ainsi que les honoraires d’avocats pour la rédaction de mise en demeure, qui rentrent dans les prévisions de l’article 700 du code de procédure civile, seront écartés ;
Que les frais de mise en demeure, dont le coût correspond à la tarification du contrat de syndic ainsi que le coût du commandement de payer en date du 08 juillet 2024 justifié, seront retenus au titre des frais nécessaires ;
Attendu que l’article 1310 du code civil dispose que la solidarité est légale ou conventionnelle et qu’elle ne se présume pas ;
Qu’en l’espèce, le syndicat des copropriétaires ne justifie d’aucune disposition légale ou stipulation contractuelle permettant de retenir la solidarité entre Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] de sorte qu’il n’y a pas lieu de prononcer une condamnation solidaire à leur encontre ;
Attendu que Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] seront donc condamnés au paiement des sommes suivantes exigibles en vertu des dispositions précitées :
1 716, 21 € au titre des charges échues impayées arrêtées à l’appel de fond pour la période du 1er octobre au 31 décembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 15 octobre 2024 sur la somme de 1 332,92 € et à compter de l’assignation en justice pour le surplus, 1 335,78 € au titre des provisions pour charges arrêtées à l’appel de fonds pour la période du 1er janvier au 30 septembre 2025, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation en justice, les provisions n’étant pas exigibles à une date antérieure, 300, 56 € au titre des frais nécessaires ;
Sur la demande de dommages-intérêts
Attendu que l’article 1231-6 du Code civil dispose que « les dommages-intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de sommes d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages-intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages-intérêts distincts de l’intérêt moratoire» ;
Que l’article 1353 du Code civil prévoit que « celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver » ;
Attendu que la simple résistance à une action en paiement ne constitue pas un abus de droit et que le syndicat des copropriétaires n’apporte la preuve d’aucun préjudice distinct de celui lié au retard de paiement déjà indemnisé par le versement des intérêts légaux ;
Qu’en l’espèce, le syndicat des copropriétaires justifie de la carence répétée de Monsieur [H] [B] et de Madame [U] [X] dans le paiement des charges de copropriété, manquement à une obligation essentielle qui constitue une faute à l’égard du syndicat des copropriétaires ;
Que pour autant, il se contente d’affirmer l’existence d’un préjudice financier distinct de celui réparé par les intérêts moratoires et d’une résistance abusive de Monsieur [H] [B] et de Madame [U] [X], sans en faire la démonstration ni en justifier par aucune pièce produite aux débats ;
Qu’en conséquence, il sera débouté de sa demande de dommages-intérêts pour résistance abusive ;
Sur les demandes accessoires
Attendu que Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] seront condamnés in solidum à payer au Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [Adresse 9], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER, la somme de 1000 € en application de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens ;
PAR CES MOTIFS,
JUGEANT PAR DECISION PRONONCEE PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, REPUTEE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,
CONDAMNE Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] à payer au Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier PARC DU 12ème situé [Adresse 3], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER, les sommes suivantes :
1 716, 21 € au titre des charges échues impayées arrêtées à l’appel de fond pour l période du 1er octobre au 31 décembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 15 octobre 2024 sur la somme de 1 332,92 € et à compter de l’assignation en justice pour le surplus, 1 335,78 € au titre des provisions pour charges arrêtées à l’appel de fonds pour la période du 1er janvier au 30 septembre 2025, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation en justice du 08 janvier 2025, 300, 56 € au titre des frais nécessaires ;
DÉBOUTE le Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier PARC DU 12ème situé [Adresse 3], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER de sa demande de dommages-intérêts ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] à payer au Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier PARC DU 12ème situé [Adresse 3], représenté par son syndic en exercice la SARL CABINET LAGIER la somme de 1000 € en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [H] [B] et Madame [U] [X] dépens ;
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit.
LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Oiseau ·
- Défense au fond ·
- Désistement d'instance ·
- Carolines ·
- Dessaisissement ·
- Part ·
- Ordonnance ·
- Mise en état ·
- Défense
- Adresses ·
- Désistement d'instance ·
- Finances ·
- Mise en état ·
- Tribunal judiciaire ·
- Veuf ·
- Action ·
- Accord ·
- Juge ·
- Dessaisissement
- Temps de travail ·
- Syndicat ·
- Collecte ·
- Organisation syndicale ·
- Minute ·
- Accord d'entreprise ·
- Déchet ménager ·
- Accord collectif ·
- Salarié ·
- Hebdomadaire
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Exécution ·
- Saisie-attribution ·
- Sociétés ·
- Commissaire de justice ·
- Contestation ·
- Titre ·
- Document ·
- Demande ·
- Astreinte ·
- Procédure civile
- Habitat ·
- Réparation ·
- Bailleur ·
- Préjudice de jouissance ·
- Demande ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Remise en état ·
- Dégât ·
- Contentieux
- Rhône-alpes ·
- Contrainte ·
- Opposition ·
- Tribunal judiciaire ·
- Signification ·
- Sécurité sociale ·
- Cotisations ·
- Urssaf ·
- Lettre recommandee ·
- Tribunal compétent
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Adoption simple ·
- Tribunal judiciaire ·
- Matière gracieuse ·
- Jugement ·
- Eaux ·
- Substitut du procureur ·
- Ministère public ·
- Code civil ·
- Ministère ·
- Procédure civile
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Dette ·
- Clause resolutoire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Délais ·
- Bailleur ·
- Logement ·
- Défaut de paiement ·
- Délai
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Clôture ·
- Syndic ·
- Résidence ·
- Chambre du conseil ·
- Dépôt ·
- Immeuble ·
- Procédure civile ·
- Au fond
Sur les mêmes thèmes • 3
- Provision ·
- Sociétés ·
- Bon de commande ·
- Demande ·
- Référé ·
- Siège ·
- Contestation sérieuse ·
- Resistance abusive ·
- Procédure civile ·
- Ordonnance
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Étranger ·
- Délivrance ·
- Guinée ·
- Identification ·
- Atlantique ·
- Éloignement ·
- Interprète ·
- Ordonnance
- Contrainte ·
- Mise en demeure ·
- Cotisations sociales ·
- Mentions ·
- Urssaf ·
- Travailleur indépendant ·
- Bourgogne ·
- Sécurité sociale ·
- Travailleur ·
- Prénom
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.