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Sur la décision
| Référence : | TJ Pontoise, tpx de gonesse, 27 avr. 2026, n° 25/00682 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00682 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 9 mai 2026 |
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Texte intégral
RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
N° RG 25/00682 – N° Portalis DB3U-W-B7J-OZDG
MINUTE N° :
S.A. D’HLM [Localité 1]
c/
[W] [N], [I] [N], [S] [N]
Copie certifiée conforme
le :
à :
Madame [S] [N]
Copie exécutoire délivrée
le :
à :
COUR D’APPEL DE [Localité 2]
TRIBUNAL DE PROXIMITE DE GONESSE
[Adresse 1]
[Localité 3]
— -------------------
Au greffe du Tribunal de proximité de Gonesse, le 27 AVRIL 2026 ;
Sous la Présidence de Guillaume RIGOUSTE, Magistrat à titre temporaire au Tribunal judiciaire de Pontoise délégué au Tribunal de proximité de Gonesse, assisté de Nicoleta JORNEA, greffière placée ;
Après débats à l’audience publique du 09 Mars 2026, le jugement suivant a été rendu :
ENTRE
S.A. D’HLM [Localité 1]
[Adresse 2]
[Localité 4]
représentée par Me Fabienne BALADINE, avocat au barreau de PARIS,
DEMANDEUR
ET
Monsieur [W] [N]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 5]
non-comparant – non-représenté
Monsieur [I] [N]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 5]
non-comparant – non-représenté
Madame [S] [N]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 5]
comparante en personne
DÉFENDEURS
EXPOSE DU LITIGE
Par actes sous seing privé en date du 01 mars 1994 et du 23 avril 2008, la SA D’HLM [Localité 1] anciennement dénommée [Adresse 5] a donné en location à Monsieur et Madame [N] [K] et [X] un logement à usage d’habitation situé [Adresse 6]. En suite de leur décès, le bail a été transféré à leurs enfants, Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N], selon avenant en date du 6 août 2024.
Suite à des échéances impayées, la SA D’HLM [Localité 1] a fait délivrer le 6 mai 2025 à Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et à Madame [S] [N] un commandement de payer visant la clause résolutoire pour la somme de 2 742,67 euros au titre des loyers et charges impayés arrêté au mois d’avril 2025 inclus.
Par acte de commissaire de justice, la SA D’HLM [Localité 1] a fait assigner par acte remis à l’étude le 28 juillet 2025, Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 6] afin d’obtenir :
— la constatation de la résiliation des baux par acquisition de la clause résolutoire insérée dans le contrat de location pour défaut de paiement des loyers et subsidiairement le prononcé de la résiliation du contrat de bail ;
— la condamnation solidaire de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] au paiement de la somme de 1 979,84 euros en principal, correspondant à la dette locative du logement arrêtée au mois de juin 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 06 mai 2025 ;
— l’expulsion de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N], à défaut de départ volontaire ainsi que tous occupants de leur chef avec, si besoin est, le concours de la force publique du logement sis [Adresse 6] ;
— la condamnation solidaire de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] au paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et charges jusqu’à la complète libération des lieux sis [Adresse 7], [Localité 7] [Adresse 8] ;
— les autoriser à faire transporter les meubles et objets mobiliers garnissant les lieux, dans tout garde-meubles de leur choix, aux frais, risques et périls de qui il appartiendra ;
— la condamnation solidaire de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] à la somme de 500,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ainsi que les dépens.
L’assignation a été notifiée à la diligence du commissaire de justice au représentant de l’État dans le département le 30 juillet 2025.
Lors de l’audience, la SA D’HLM [Localité 1], représentée par son conseil, a réitéré ses demandes formulées dans l’acte introductif, sauf à actualiser les sommes dues. Par une note en délibéré, elle a été autorisée à produire un décompte actualisé compte tenu des derniers versements effectués et de la régularisation du sur loyer. Ainsi, s’agissant du montant de sa créance, la SA [Adresse 9] a indiqué qu’elle s’élève à la somme de 1 757,31 euros, février 2026 inclus.
De plus, la demanderesse a indiqué s’en rapporter à l’appréciation du Tribunal concernant l’octroi de délais de paiement.
A l’audience, Madame [S] [N] a sollicité des délais de paiement afin de régulariser leur situation. Madame [S] [N] a proposé de régler la dette par des mensualités de 150,00 euros en sus des échéances courantes. Madame [S] [N] a expliqué que les revenus du foyer étaient de 2 760,00 euros et que le foyer était composé de trois personnes. Monsieur [W] [N] et Monsieur [I] [N], bien que régulièrement convoqués, n’ont pas comparu.
Le paiement du loyer courant a été repris.
L’affaire a été appelée à l’audience du 9 mars 2026 et la décision a été mise en délibéré à la date du 27 avril 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, l’absence du défendeur ne fait pas obstacle à ce qu’une décision soit rendue sur le fond du litige, le juge faisant droit à la demande après examen de sa régularité, de sa recevabilité et de son bien fondé.
Sur la recevabilité
Il est justifié de la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 7 mai 2025, soit plus de deux mois avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi du 6 juillet 1989.
L’assignation a par ailleurs été adressée au service compétent de la Préfecture par voie dématérialisée le 30 juillet 2025 soit plus de six semaines avant la première audience, conformément à l’article 24 III de la loi du 6 juillet 1989.
La demande est donc recevable.
Sur la résiliation du bail et la demande en paiement concernant le logement
Les baux en date du 1er mars 1994, du 23 avril 2008 et du 6 août 2024 contiennent une clause résolutoire aux termes de laquelle, à défaut de paiement d’un seul terme de loyer, et deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit.
Or, dans le délai de deux mois suivant le commandement de payer signifié à Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] le 6 mai 2025 et qui reproduit les mentions par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] n’ont pas réglé leur dette locative réclamée à hauteur de 2 742,67 euros en principal.
La clause résolutoire est donc acquise au 7 juillet 2025.
La dette locative de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] s’élève à la somme de 1 757,31 euros, échéance de février 2026 incluse.
La loi prévoit que la solidarité doit être expressément prévue par la loi ou le contrat. En l’espèce, le contrat prévoit expressément la solidarité entre les co-contractants. Par conséquent, il sera fait droit à la demande de condamnation solidaire.
Par conséquent, il convient de condamner solidairement Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] au paiement de la somme de 1 757,31 euros, correspondant à la dette locative échue jusqu’au mois de février 2026 inclus, et ce avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur les délais de paiement
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 permet au juge, sur demande des parties, d’accorder des délais de paiement au locataire en situation de régler leurs dettes locatives et à condition qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience.
Compte tenu de la situation économique de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N], du paiement intégral du loyer courant et de la proposition de plan d’apurement de la dette de loyer faite lors de l’audience, des délais de paiements seront accordés et le bénéfice de la clause résolutoire sera suspendu, ainsi qu’il en sera disposé ci-après.
Il convient de préciser que les délais de paiement suspendent les effets de la clause résolutoire.
Cependant, en cas de non-respect d’une seule échéance à son terme, la résiliation du bail sera acquise. Ainsi, dans ce cas, il conviendra d’ordonner l’expulsion de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] et de tous occupants de son chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif ci-après.
Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] seront occupants sans droit ni titre causant ainsi un préjudice à la SA D’HLM [Localité 1] qui ne pourra disposer du bien à son gré.
Il convient donc de fixer une indemnité d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail et de condamner in solidum Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] au paiement de cette somme, et ce à compter du 1er mars 2026.
Sur la demande relative au sort des meubles
Il y a lieu de décider que le sort des meubles devra être réglé conformément aux articles L433-1 à L433-3 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur les demandes accessoires
Sur les dépens
Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N], qui succombent à l’instance, seront condamnés solidairement aux dépens qui comprendront notamment le coût de l’assignation (à l’exclusion de tout frais de copie, droits proportionnels (notamment article A444-15 du code de commerce) et honoraires), le coût de la dénonciation à la préfecture, ainsi que le coût du commandement de payer.
Sur l’article 700 du code de procédure civile
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, dans toutes les instances le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation.
En l’espèce, condamnés aux dépens, Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] verseront solidairement à la SA D’HLM [Localité 1] une somme qu’il est équitable de fixer à 360 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire
Il est rappelé que l’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe de la juridiction ;
DÉCLARE RECEVABLE l’action engagée et tendant à la résiliation du contrat de bail ;
CONSTATE à compter du 7 juillet 2025 l’acquisition de plein droit de la clause résolutoire insérée dans les contrats de bail liant les parties ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] à payer à la SA [Adresse 10] [Localité 1] la somme de 1 757,31 euros, mois de février 2026 inclus, et ce avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
AUTORISE Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] à se libérer en 12 mensualités de 150 euros, la dernière mensualité sera du montant du solde de la dette, le 10 de chaque mois en sus du loyer courant et pour la première fois le 10 du mois qui suit la signification de la présente décision ;
RAPPELLE que les procédures d’exécution qui auraient été engagées par la SA D’HLM [Localité 1] sont suspendues d’une part et que les majorations d’intérêts ou les pénalités encourues à raison du retard cessent d’être dues d’autre part, pendant le délai précité ;
SUSPEND pendant ces délais les effets de la clause résolutoire ;
DIT que la clause résolutoire sera réputée ne pas avoir joué si Madame [S] [N] se libère des sommes dues dans le délai précité ;
DIT qu’à défaut de paiement d’une seule mensualité à son échéance :
— la totalité de la somme deviendra immédiatement exigible ;
— la clause résolutoire reprendra ses effets ;
— ORDONNE l’expulsion, à défaut de départ volontaire, de Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] ainsi que celle de tous occupants de leur chef et ce au besoin avec le concours de la force publique à l’expiration d’un délai de deux mois suivant la signification d’un commandement de libérer les lieux ;
— FIXE le montant de l’indemnité d’occupation au montant du loyer et des charges qui auraient été dues en cas de non résiliation du bail ;
— CONDAMNE in solidum Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] à payer à la SA [Adresse 10] [Localité 1], à compter du 1er mars 2026, l’indemnité mensuelle d’occupation, jusqu’à la date de libération effective des lieux ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] à payer à la SA D’HLM [Localité 1] la somme de 1 757,31 euros correspondant à la dette locative, mois de février 2026 inclus, et ce avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
DIT que le sort des meubles sera réglé conformément aux articles L433-1 à L433-3 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] à payer à la SA [Adresse 9] la somme de 360 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [W] [N], Monsieur [I] [N] et Madame [S] [N] aux dépens qui comprendront notamment le coût de l’assignation (à l’exclusion de tout frais de copie, droits proportionnels (notamment article A444-15 du code de commerce) et honoraires), le coût de la dénonciation à la préfecture, ainsi que le coût du commandement de payer ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ;
DÉBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires.
Fait à [Localité 6], le 27 avril 2026.
La greffière Le juge
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