Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, j l d, 30 sept. 2025, n° 25/01598 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01598 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL DE [Localité 4]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE
ORDONNANCE
N° De MINUTE N° RG 25/01598 – N° Portalis DBX4-W-B7J-UPHH
Le 30 Septembre 2025
Nous, Catherine ESTEBE, Juge délégué au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, assistée de Margaux TANGUY, Greffier,
Nous trouvant à l’hôpital [1] conformément à la convention signée avec L’A.R.S, statuant en audience publique, contradictoirement et en premier ressort ;
En présence de Monsieur [B] [O], régulièrement convoqué, assisté de Me Mélaine BAHLER, avocat au barreau de Toulouse ;
En l’absence de Monsieur le directeur du CENTRE HOSPITALIER MARCHANT, régulièrement convoqué ;
En l’absence du tiers, régulièrement avisé ;
Vu la requête du 29 Septembre 2025 à l’initiative de Monsieur le directeur du CENTRE HOSPITALIER MARCHANT concernant Monsieur [B] [O] né le 05 Juillet 1996 à [Localité 3] (ALGERIE) ;
Vu les pièces annexées et répertoriées sous bordereau joint ;
Vu les réquisitions écrites de Monsieur le Procureur de la République ;
Vu la Loi n°2011-803 du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge ;
Vu les articles L3211-12 et suivants et R3211-7 et suivants du Code de la Santé Publique ;
Monsieur [B] [O] a été admis en soins psychiatriques sans consentement, sur décision du directeur d’établissement et dans le cadre de la procédure d’urgence, le 22 septembre 2025, en raison de troubles du comportement.
A l’audience de ce jour, le conseil de Monsieur [O] soulève que le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade n’est pas suffisamment caractérisé et sollicite la mainlevée de la mesure de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète.
Selon l’article L. 3212-1 du Code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur décision du directeur d’un établissement hospitalier que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
— ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
— son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une forme incluant des soins ambulatoires.
L’article L. 3212-3 du Code de la Santé publique dispose : ''En cas d’urgence, lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade, le directeur d’un établissement mentionné à l’article L.3222-1 peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d’un tiers l’admission en soins psychiatriques d’une personne malade au vu d’un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d’un médecin exerçant dans l’établissement.''
Par application des dispositions du II de l’article L3212-1 du Code de la Santé publique, le certificat médical d’admission doit constater l’état mental de la personne, ces constatations permettant d’établir l’existence de troubles mentaux, et indiquer les caractéristiques de sa maladie et la nécessité de recevoir des soins, ces indications permettant de faire ressortir les raisons pour lesquelles il est impossible d’obtenir de la personne un consentement à des soins que son état mental impose immédiatement.
Le certificat médical d’admission doit non seulement faire ressortir l’existence et la réunion des conditions de fond, mais encore faire mention de l’urgence en raison du risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Il résulte par ailleurs des articles L.3211-12-1, L.3216-1, L.3212-3 et R.3211-12 du code de la santé publique, que le juge qui se prononce sur le maintien de l’hospitalisation complète doit apprécier le bien-fondé de la mesure au regard des certificats médicaux qui lui sont communiqués, sans pouvoir porter d’appréciation médicale personnelle fondée notamment sur les propos tenus par le patient à l’audience.
En l’espèce, dans le certificat médical d’admission établi le 22 septembre 2025, le médecin atteste que le patient présente une tension interne, une désorganisation idéo-psychique ainsi qu’une interprétativité relationnelle avec un sentiment persécutoire envers le personnel soignant et ses parents. Il refusait alors la perspective des soins hospitaliers.
Le médecin conclut que ces troubles rendent impossible son consentement à des soins, pourtant indispensables de façon immédiate, sous surveillance constante en milieu hospitalier, d’autant qu’existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité de la malade.
Ce certificat médical fait bien ressortir l’existence et la réunion des conditions de fond présidant à une décision d’admission, c’est à dire l’existence de troubles mentaux et la nécessité de recevoir des soins immédiats pour lesquels il est impossible d’obtenir le consentement de la personne, et ensuite fait mention de l’urgence en raison du risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade apparaît suffisamment caractérisé par la description des troubles mentaux, étant souligné que le risque à l’intégrité du malade visé par l’article L3212-3 du CSP ne s’entend pas de la seule intégrité physique mais peut aussi porter sur l’intégrité psychique du malade.
Le certificat médical d’admission apparaît suffisamment précis et circonstancié, permettant de contrôler le bien fondé de la mesure de soins, appropriée à l’état psychique du patient.
Dès lors, le moyen d’irrégularité invoqué sera écarté.
Au regard des pièces de la procédure, il est relevé que les dispositions légales ont été respectées.
Selon l’avis motivé accompagnant la saisine du Juge, Monsieur [B] [O] présente à ce jour un contact étrange, une labilité de l’humeur, un délire floride sur thématique mystique et technologique, des éléments de persécution, ainsi qu’une absence de reconnaissance des troubles.
Les conditions apparaissent ainsi en l’état réunies pour que la mesure de soins psychiatriques sans consentement sous la forme d’une hospitalisation complète se poursuive.
PAR CES MOTIFS
Constatons que la procédure est régulière.
Autorisons le maintien de l’hospitalisation complète sous contrainte de Monsieur [B] [O].
Le Greffier Le Juge
Cette décision est susceptible d’appel dans un délai de 10 jours à compter de sa notification par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la Cour d’appel de [Localité 4] et de manière privilégiée sur la boîte structurelle [Courriel 2] en l’absence de télécopieur disponible.
Reçu copie et notification de la présente décision ainsi que des voies de recours ce jour, l’intéressé
□ reçu copie ce jour le requérant □ reçu copie ce jour l’avocat □ copie adressée par LS ce jour au tiers
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Clause de non-concurrence ·
- Adresses ·
- Activité ·
- Trouble manifestement illicite ·
- Bail commercial ·
- Restaurant ·
- Illicite ·
- Provision
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Sursis à statuer ·
- Pouvoir du juge ·
- Consolidation ·
- Assurance maladie ·
- Mise en état ·
- Assurances ·
- Accident du travail ·
- Juge
- Samoa ·
- Assureur ·
- Expertise ·
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Qualités ·
- Siège ·
- Jonction ·
- Résidence ·
- Adresses
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Adresses ·
- Expertise ·
- Tribunal judiciaire ·
- Laine ·
- Immeuble ·
- Technique ·
- Partie ·
- Contrôle ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Immobilier
- Délais ·
- Expulsion ·
- Exécution ·
- Habitat ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Logement ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Clause ·
- Locataire
- Loyer ·
- Locataire ·
- Clause resolutoire ·
- Commissaire de justice ·
- Adresses ·
- Bail ·
- Épouse ·
- Dette ·
- Délais ·
- Tribunal judiciaire
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Demande ·
- Facture ·
- Ligne ·
- Rétablissement ·
- Titre ·
- Dédommagement ·
- Paiement ·
- Procédure civile ·
- Internet
- Hospitalisation ·
- Consentement ·
- Santé publique ·
- Liberté individuelle ·
- Trouble mental ·
- Surveillance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Traitement ·
- Établissement ·
- Santé mentale
- Homologation ·
- Protocole d'accord ·
- Accord transactionnel ·
- Tribunal judiciaire ·
- Concession ·
- Procédure participative ·
- Partie ·
- Conciliateur de justice ·
- Ordre public ·
- Sociétés
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement ·
- Condamnation solidaire ·
- Commissaire de justice ·
- Bailleur ·
- Article 700 ·
- Adresses ·
- Procédure civile ·
- Charges ·
- Contentieux
- Saisie conservatoire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mainlevée ·
- Sociétés ·
- Ordonnance ·
- Exécution ·
- Rétractation ·
- Juge ·
- Mesures conservatoires ·
- Vices
- Bail ·
- Commandement de payer ·
- Résiliation ·
- Loyer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion ·
- Clause resolutoire ·
- Locataire ·
- Parking ·
- Louage
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.