Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, réf., 31 mars 2026, n° 26/00062 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00062 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 15 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
N° RG 26/00062 – N° Portalis DBX4-W-B7K-UXU4
MINUTE N° :
DOSSIER : N° RG 26/00062 – N° Portalis DBX4-W-B7K-UXU4
NAC: 50D
FORMULE EXÉCUTOIRE
délivrée le
à Maître Georges DAUMAS de la SCP GEORGES DAUMAS
à Maître Antoine ROSSI-LEFEVRE de la SCP ROSSI-LEFEVRE
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 31 MARS 2026
DEMANDERESSE
Mme [C] [B], demeurant [Adresse 1]
représentée par Maître Antoine ROSSI-LEFEVRE de la SCP ROSSI-LEFEVRE, avocats au barreau de TOULOUSE
DÉFENDEUR
M. [U] [M], demeurant [Adresse 2]
représenté par Maître Georges DAUMAS de la SCP GEORGES DAUMAS, avocats au barreau de TOULOUSE
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Lors des débats à l’audience publique du 12 février 2026
PRÉSIDENT : Carole LOUIS, Vice-Président
GREFFIER : Audrey LEUNG KUNE CHONG, Greffier
ORDONNANCE :
PRÉSIDENT : Carole LOUIS, Vice-Président
GREFFIER : Audrey LEUNG KUNE CHONG, Greffier
Prononcée publiquement par mise à disposition au greffe, délibéré initialement prévu au 13 mars 2026 et prorogé successivement jusqu’au 31 mars 2026
FAITS, PROCEDURE ET PRETENTIONS
Par acte de commissaire de justice du 29 décembre 2025, auquel il convient de se reporter pour un plus ample exposé, Madame [C] [B] a fait assigner Monsieur [U] [M] devant le juge des référés du Tribunal judiciaire de Toulouse, pour obtenir la désignation d’un expert sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile, du fait de désordres constatés sur une motocyclette de marque TRIUMPH, modèle STREET TRIPLE, immatriculé [Immatriculation 1], acquis le 17 septembre 2024. La demanderesse sollicite également la condamnation du défendeur à la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile et au surplus, qu’il soit condamné au paiement des entiers dépens.
Suivant ses dernières conclusions, Monsieur [U] [M] fait connaître qu’il ne s’oppose pas à l’expertise, en faisant valoir les protestations et réserves d’usage. Il sollicite également que soit rejeté sa condamnation au titre de l’article 700 du code de procédure civile et que la demanderesse soit condamnée aux entiers dépens.
SUR QUOI, LE JUGE,
Suivant l’article 145 du code de procédure civile, peuvent être ordonnées en référé, toutes mesures légalement admissibles chaque fois qu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige.
Il appartient au juge de s’assurer souverainement que la mesure correspond à un juste motif dont la pertinence se trouve dans l’établissement d’une preuve dont la production est susceptible d’influer sur la solution d’un litige futur, concernant des prétentions qui, dans leurs fondements, ne doivent pas apparaître comme manifestement irrecevables ou vouées à l’échec.
En l’espèce, la demanderesse a acquis le 17 septembre 2024, une motocyclette de marque TRIUMPH, modèle STREET TRIPLE, immatriculée [Immatriculation 1] auprès de Monsieur [U] [M], selon le certificat de cession. Postérieurement à son achat, la demanderesse énonce avoir constaté des désordres sur ladite motocyclette.
Les pièces produites aux débats (notamment les factures en date du 17 octobre et 20 novembre 2025 produites par le garage automobile TRIUMPH, et le rapport d’expertise amiable contradictoire réalisé le 17 octobre 2025 par Monsieur [R] [O]) rendent vraisemblables les désordres allégués par le demandeur sur la motocyclette litigieuse, tels qu’un défaut de branchement électrique, une fuite d’huile au niveau du joint spy gauche et une déformation importante de l’ensemble du fourreau et du tube de fourche avant droit et avant gauche, la couleur du cadre ne semble pas être la couleur d’origine. L’expert amiable constate que la motocyclette est immobilisée et n’est pas fonctionnelle dans son état actuel puisque les désordres rendent la motocyclette impropre à son usage.
De plus, il a été relevé que la demanderesse a parcouru 932 kilomètres depuis l’acquisition de la motocyclette et que les désordres présents pourraient être à l’origine d’un choc frontal d’intensité moyenne avec une chute sur la face gauche.
L’expert amiable a pu relever que la motocyclette avait subi un sisnitre en date du 22 août 2011.
Dans ce contexte, la responsabilité du vendeur, à savoir Monsieur [U] [M], est susceptible d’être recherchée dans ce présent litige. Ces éléments confortent, l’existence d’un motif légitime pour ordonner l’expertise judiciaire, au contradictoire du vendeur, aux fins de déterminer, notamment, les causes des désordres, les travaux de reprise, les responsabilités encourues et les potentiels préjudices subis.
Toute demande, fondée sur l’article 700 du code de procédure civile, est prématurée.
Les dépens seront à la charge du demandeur, Madame [C] [B] , afin d’assurer l’efficacité de la mesure, rappelant en outre que le fondement de l’action s’analyse comme une recherche probatoire au bénéfice de la partie qui en prend l’initiative, justifiant qu’il en assume la charge dans un premier temps.
N° RG 26/00062 – N° Portalis DBX4-W-B7K-UXU4
PAR CES MOTIFS
Nous, Carole Louis, vice-présidente du Tribunal Judiciaire de Toulouse, statuant en référé, par ordonnance contradictoire, publiquement, par mise à disposition au greffe, en premier ressort et par décision exécutoire par provision,
Vu l’article 145 du code de procédure civile,
Vu les articles 263 et suivants du code de procédure civile,
Au principal, renvoyons les parties à se pourvoir comme ils en aviseront,
Mais, sans délai,
Tous droits et moyens étant réservés sur le fond,
Rejetant toutes autres conclusions contraires ou plus amples,
Donnons acte aux parties comparantes ou concluantes de leurs protestations et réserves,
Ordonnons une expertise et commettons en qualité d’expert
[N] [A]
[Adresse 3]
[Localité 1]
Port. : 06.20.91.19.19 Mèl : [Courriel 1]
ou en cas d’indisponibilité
[Y] [F]
Cabinet MAILHE [Adresse 4]
[Localité 2]
Tél : [XXXXXXXX01]
Port. : 06.12.73.73.22 Mèl : [Courriel 2]
Avec mission de :
— se faire remettre tous les documents utiles (facture d’achat, de maintenance, de réparation, le carnet d’entretien etc.),
— entendre tous sachants,
— examiner le véhicule en cause,
— rappeler dans quelles conditions il a été acquis et si les désordres invoqués sont en relation avec cette vente ; s’ils existaient antérieurement à celle-ci et s’ils étaient décelables ou s’ils présentaient les caractéristiques au plan technique d’un vice caché par opposition aux vices apparents, y compris au regard des visites techniques réglementaires,
— dire s’ils rendent le véhicule non conforme ou impropre à sa destination,
— décrire, en tout état de cause, son état actuel, ses dysfonctionnements et dire depuis quand il se trouve ainsi, en précisant le siège du (ou des) désordre(s) relevé(s) ainsi que les interventions auxquelles le dit véhicule a été soumis (nature et date),
— rechercher les causes des dysfonctionnements (dire en particulier s’il s’agit d’un défaut de fabrication, d’un défaut d’entretien, de travaux de réparation faits sans respecter les règles de l’art ou les préconisations du constructeur, d’une utilisation non conforme à celle pour laquelle il a été vendu etc.),
— rechercher si le véhicule a fait l’objet de dysfonctionnements antérieurement,
— donner son avis sur son kilométrage et la valeur du véhicule au jour de l’expertise,
— déterminer les réparations utiles à remettre ce véhicule en état de marche conformément à sa destination normale,
— chiffrer ces réparations tant dans leur coût que dans leur durée,
— chiffrer le coût de l’immobilisation (par référence aux tarifs d’une location selon devis d’au moins deux entreprises de location),
— recueillir tous les éléments permettant de faire les comptes entre parties.
MODALITES TECHNIQUES
Rappelons à l’expert qu’il doit, dès sa saisine, adresser au greffe de la juridiction l’acceptation de sa mission et un engagement d’impartialité. Tout refus ou tout motif d’empêchement devra faire l’objet d’un courrier circonstancié, adressé dans les 8 jours de sa saisine.
Demandons à l’expert de s’adresser à la boite structurelle de la juridiction dédiée à l’expertise ([Courriel 3]).
Indiquons à l’expert qu’il devra procéder à la première réunion dans un délai maximum de 45 jours, à charge pour les parties de lui adresser spontanément leurs pièces et conclusions. Pour les dossiers complexes, et obligatoirement en matière de construction, patrimoniale ou comptable, l’expert adressera à son issue au juge chargé de la surveillance des expertises, une fiche récapitulative établie et adressée en la forme simplifiée, reprenant tous les points ci-dessous visés, en vue d’assurer un déroulement efficace de ses opérations.
Disons que, sauf bénéfice de l’aide juridictionnelle, Madame [C] [B] devra consigner au greffe du tribunal, une somme de mille sept cent cinquante euros (1.750 €), par chèque libellé à l’ordre du régisseur d’avances du Tribunal judiciaire de Toulouse, dans le mois de la notification de l’avis d’appel de consignation faite par le greffe, sous peine de caducité de la présente désignation conformément l’article 271 du code de procédure civile. Il est rappelé que l’avance des frais ne préjuge pas de la charge finale du coût de l’expertise qui peut incomber à l’une ou l’autre des parties en la cause.
La consignation initiale et les éventuelles consignations complémentaires devront se faire par virement bancaire auprès du régisseur d’avances et de recettes du tribunal, en indiquant en début d’intitulé du virement le numéro RG du dossier, sur le RIB suivant :
IBAN (International Bank Account Number) : [XXXXXXXXXX01]
BIC (Bank Identifier Code) : TRPUFRP1
Invitons instamment les parties à adresser, spontanément et dans les délais les plus brefs, et dès avant la première réunion, à l’expert les pièces répertoriées suivant bordereau d’accompagnement.
Ordonnons par ailleurs en tant que de besoin la communication de renseignements et le versement de toutes pièces utiles à l’expertise judiciaire, détenus par des tiers ou organismes de gestion.
Fixons à l’expert un délai maximum de SIX MOIS à compter de sa saisine (date figurant sur l’avis de consignation du greffe) pour déposer son rapport accompagné seulement des pièces complémentaires recueillis par ses soins ou auprès de tiers, sauf prorogation accordée.
Indiquons que l’expert, dès sa saisine, précisera sans délai aux parties le calendrier de ses opérations, le coût prévisible de sa mission sous réserve de l’évolution de celle-ci et de la décision finale du juge taxateur. Il devra au fur et à mesure de sa mission solliciter les provisions nécessaires à fin que celles-ci soient le plus proche possible du coût final.
Disons que l’expert devra procéder dans le respect absolu du principe du contradictoire, établir un inventaire des pièces introduites entre ses mains ainsi que des documents utilisés dans le cadre de sa mission et répondre aux dires que les parties lui communiqueront en cours d’expertise ou avant le dépôt du rapport final, dans le cadre du pré-rapport qu’il établira de façon systématique, éventuellement en la forme dématérialisée pour éviter un surcoût, en rappelant aux parties qu’elles sont irrecevables à faire valoir des observations au-delà du délai fixé.
N° RG 26/00062 – N° Portalis DBX4-W-B7K-UXU4
Rappelons que, selon les nouvelles modalités de l’article 276 du code de procédure civile : “Lorsque l’expert a fixé aux parties un délai pour formuler leurs observations ou réclamations, il n’est pas tenu de prendre en compte celles qui auraient été faites après l’expiration de ce délai, à moins qu’il n’existe une cause grave et dûment justifiée, auquel cas, il en fait rapport au juge. Lorsqu’elles sont écrites, les dernières observations ou réclamations des parties doivent rappeler sommairement le contenu de celles qu’elles ont présentées antérieurement. A défaut, elles sont réputées abandonnées par les parties. L’expert doit faire mention, dans son avis, de la suite donnée aux observations ou réclamations présentées”.
Demandons à l’expert de vérifier le contenu de sa mission, la qualité des parties et des intervenants aux opérations ainsi que la nécessité de provoquer dans les plus brefs délais la mise en cause éventuelle d’autres acteurs, à la diligence des parties, sous le contrôle, le cas échéant, du magistrat chargé de la surveillance des expertises. Ce magistrat sera notamment informé de toutes difficultés affectant le bon déroulement de la mesure. Il accordera, à titre exceptionnel, toute prorogation du délai imparti sur demande motivée de l’expert. Le magistrat fixera, s’il y a lieu, toute provision complémentaire. Il sera saisi de toute demande particulière conditionnant, au niveau matériel ou financier, la poursuite de l’expertise. Il décidera aussi, saisi sur incident et après note spéciale de l’expert, de l’exécution de travaux urgents, au besoin pour le compte de qui il appartiendra.
Autorisons l’expert, en vertu de l’article 278 du code de procédure civile, à s’adjoindre tout technicien ou homme de l’art, distinct de sa spécialité.
Rappelons que l’expert n’autorise aucun travaux de reprise, sauf urgence, après débats éventuels devant le juge chargé du suivi des expertises ou de la mise en état, selon le cas.
Soulignons qu’il n’entre pas dans la mission de l’expert de diriger ou de contrôler l’exécution des travaux dont la bonne fin est réceptionnée conformément au cadre légal.
Dans le but de limiter les frais d’expertise, invitons les parties, pour leurs échanges contradictoires avec l’expert et la communication des documents nécessaires à la réalisation de la mesure, à utiliser la voie dématérialisée via l’outil OPALEXE. Cette utilisation se fera dans le cadre déterminé par le site http://www.certeurope.fr et sous réserve de l’accord exprès et préalable de l’ensemble des parties.
Invitons le demandeur à communiquer sans délai à l’expert une version numérisée de son assignation.
Déboutons les parties de toute demande sur l’article 700 du code de procédure civile.
Condamnons le demandeur, Madame [C] [B], au paiement des entiers dépens.
La minute a été signée par le président et le greffier aux jour, mois et an énoncés en en-tête.
Le greffier, Le président,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Crédit ·
- Déchéance ·
- Intérêt ·
- Consommation ·
- Dépassement ·
- Directive ·
- Tribunal judiciaire ·
- Sociétés ·
- Paiement ·
- Capital
- Loyer ·
- Locataire ·
- Bailleur ·
- Expulsion ·
- Clause resolutoire ·
- Paiement ·
- Dette ·
- Commandement de payer ·
- Adresses ·
- Résiliation
- Pin ·
- Homme ·
- Devis ·
- Décompte général ·
- Marches ·
- Avenant ·
- Réception ·
- Prix ·
- Titre ·
- Révision
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Lésion ·
- État antérieur ·
- Accident du travail ·
- Médecin ·
- Tribunal judiciaire ·
- Consolidation ·
- État de santé, ·
- Expertise ·
- Date ·
- Lien
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Jugement d'orientation ·
- Créanciers ·
- Administrateur provisoire ·
- Vente aux enchères ·
- Saisie immobilière ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Administrateur ·
- Exécution
- Droit de la famille ·
- Enfant ·
- Tribunal judiciaire ·
- Autorité parentale ·
- Pensions alimentaires ·
- Education ·
- Emprisonnement ·
- Recouvrement ·
- Changement ·
- Débiteur ·
- Amende
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Enfant ·
- Parents ·
- Débiteur ·
- Prestation familiale ·
- Pensions alimentaires ·
- Vacances ·
- Madagascar ·
- Etat civil ·
- Education ·
- Changement
- Tribunal judiciaire ·
- Détention ·
- Liberté ·
- Hospitalisation ·
- Centre hospitalier ·
- Contrainte ·
- Juge ·
- Adresses ·
- Certificat médical ·
- Curatelle
- Commissaire de justice ·
- Rapport d'expertise ·
- Fumée ·
- Utilisation ·
- Combustion ·
- Bois ·
- Juge des référés ·
- Adresses ·
- Référé ·
- Air
Sur les mêmes thèmes • 3
- Mutuelle ·
- Tribunal judiciaire ·
- Assurances ·
- Juge des référés ·
- Intervention volontaire ·
- Habitat ·
- Expertise ·
- Responsabilité civile ·
- Bois ·
- Intervention
- Lot ·
- Adresses ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Procédure accélérée ·
- Investissement ·
- Charges de copropriété ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ensemble immobilier ·
- Commissaire de justice ·
- Immobilier
- Clause resolutoire ·
- Loyer ·
- Dette ·
- Commandement de payer ·
- Bateau ·
- Délais ·
- Bail ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Paiement ·
- Montant
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.