Confirmation 16 juin 2024
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Sur la décision
| Référence : | CA Metz, retention administrative, 16 juin 2024, n° 24/00474 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Metz |
| Numéro(s) : | 24/00474 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 15 avril 2025 |
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Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE Metz
ORDONNANCE DU 16 JUIN 2024
3ème prolongation
Nous, Anne-Yvonne FLORES, Présidente de chambre, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d’appel de Metz, assistée de Julie CHRISTOPHE, greffière ;
Dans l’affaire N° RG 24/00474 – N° Portalis DBVS-V-B7I-GFVN ETRANGER :
M. X se disant [B] [I]
né le 01 Janvier 2000 à [Localité 1]
de nationalité Algérienne
Actuellement en rétention administrative.
Vu la décision de M. PREFET DE L’AUBE prononçant le placement en rétention de l’intéressé pour une durée n’excédant pas 48 heures;
Vu l’ordonnance rendue le 15 mai 2024 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Metz ordonnant la prolongation de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire et ce pour une durée maximale de 30 jours jusqu’au 14 juin 2024 inclus ;
Vu la requête en prolongation exceptionnelle de M. PREFET DE L’AUBE ;
Vu l’ordonnance rendue le 14 juin 2024 à 10h32 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire ordonnant la prolongation exceptionnelle de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire et ce pour une durée maximale de 15 jours jusqu’au 29 juin 2024 inclus ;
Vu l’acte d’appel de l’association assfam ' groupe sos pour le compte de M. X se disant [B] [I] interjeté par courriel le 14 juin 2024 à 18h02, contre l’ordonnance ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ;
Vu l’avis adressé à Monsieur le procureur général de la date et l’heure de l’audience ;
A l’audience publique de ce jour, à 10 H 30, en visioconference se sont présentés :
— M. X se disant [B] [I], appelant, assisté de Me Carole PIERRE, avocat de permanence commis d’office, présente lors du prononcé de la décision et de M. [K] [N], interprète assermenté en langue arabe, présent lors du prononcé de la décision;
— M. PREFET DE L’AUBE, intimé, représenté par Me Dominique MEYER, avocat au barreau de Metz substituant la selarl centaure avocats du barreau de Paris, présente lors du prononcé de la décision;
Me Carole PIERRE et M. X se disant [B] [I], par l’intermédiaire de l’interprète ont présenté leurs observations ;
M. PREFET DE L’AUBE, représenté par son avocat a sollicité la confirmation de l’ordonnance entreprise;
M. X se disant [B] [I], par l’intermédiaire de l’interprète, a eu la parole en dernier.
Sur ce,
— Sur la recevabilité de l’acte d’appel
L’appel est recevable comme ayant été formé dans les formes et délai prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
— Sur la compétence de l’auteur de la requête :
Dans son acte d’appel, M. X se disant [B] [I] soutient qu’il appartient au juge judiciaire de vérifier la compétence du signataire de la requête mais également qu’il est effectivement fait mention des empêchements éventuels des délégataires de signature et que si le signataire de la requête en prolongation n’est pas compétent, il appartient au juge judiciaire d’en tirer les conséquences et de prononcer sa remise en liberté.
Toutefois, l’article R 743-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dispose que la déclaration d’appel doit être motivée à peine d’irrecevabilité. Or le seul moyen soulevé selon lequel « il appartient au juge judiciaire de vérifier la compétence du signataire de la requête mais également qu’il est effectivement fait mention des empêchements éventuels des délégataires de signature », ne constitue pas une motivation d’appel au sens de l’article précité, à défaut pour l’appelant de caractériser par les éléments de l’espèce dûment circonstanciés, l’irrégularité alléguée. Par ailleurs, il est rappelé qu’aucune disposition légale n’oblige l’administration à justifier de l’ indisponibilité du délégant et des empêchements éventuels des délégataires.
Il y a donc lieu de déclarer l’appel irrecevable sur ce point.
— Sur la prolongation de la rétention
M. X se disant [B] [I] fait valoir que la prorogation est illégale en l’absence de démonstration de l’urgence absolue ou d’une menace à l’ordre public.
L’article L 742-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile prévoit qu’à titre exceptionnel, le juge des libertés et de la détention peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l’article L. 742-4, lorsqu’une des situations suivantes apparaît dans les quinze derniers jours :
1° L’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la décision d’éloignement ;
2° L’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d’éloignement :
a) une demande de protection contre l’éloignement au titre du 5° de l’article L. 631-3 ;
b) ou une demande d’asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public.
L’étranger est maintenu en rétention jusqu’à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d’une durée maximale de quinze jours.
Si l’une des circonstances mentionnées aux 1°, 2°ou 3° ou au 7ème alinea du present article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application du huitième alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas quatre-vingt-dix jours.
La cour considère que c’est par une analyse circonstanciée et des motifs particulièrement pertinents qu’il convient d’adopter que le juge des libertés et de la détention a écarté ce moyen soulevé devant lui et repris devant la cour d’appel. En effet, il résulte des pièces versées au dossier que M. X se disant [B] [I] est connu pour plusieurs faits de vols et a été condamné, dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate, à une peine d’emprisonnement de 4 mois avec mandat de dépôt le 22 décembre 2023 pour des faits de vol dans un local d’habitation, qu’il est sans domicile fixe, sans emploi ni ressource, avant et après son incarcération.
Au vu de l’ensemble de ces éléments, le risque que l’appelant recourt à des moyens illicites pour subvenir à ses besoins et qu’il commette à nouveau des actes délictueux, est majeur s’il était remis en liberté de sorte que la preuve qu’il représente une menace pour la sécurité et la tranquillité publiques est suffisamment rapportée.
En conséquence, l’ordonnance entreprise est confirmée.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement, en dernier ressort,
DÉCLARONS recevable l’appel de M. X se disant [B] [I] ;
DECLARONS irrecevable la contestation de la compétence du signataire de la requête saisissant le juge des libertés et de la détention ;
CONFIRMONS l’ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention de Metz le 14 juin 2024 à 10h32 ;
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance
DISONS n’y avoir lieu à dépens ;
Prononcée publiquement à Metz, le 16 JUIN 2024 à 11h11.
La greffière, La présidente de chambre,
N° RG 24/00474 – N° Portalis DBVS-V-B7I-GFVN
M. X se disant [B] [I] contre M. PREFET DE L’AUBE
Ordonnnance notifiée le 16 Juin 2024 par courriel, par le greffe de la chambre des libertés de la cour d’appel à :
— M. X se disant [B] [I] et son conseil, M. PREFET DE L’AUBE et son représentant, au cra de [Localité 2], au jld de Metz, au procureur général de la cour d’appel de Metz
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