Infirmation 29 juillet 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 29 juil. 2025, n° 25/04096 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 25/04096 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 6 août 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 340-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 29 JUILLET 2025
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : Q N° RG 25/04096 – N° Portalis 35L7-V-B7J-CLW4K
Décision déférée : ordonnance rendue le 27 juillet 2025 , à 15h13, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny
Nous, Catherine Lefort, conseillère à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Ekaterina Razmakhnina, greffier aux débats et au prononcé de l’ordonnance
APPELANT
LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR REPRÉSENTÉ PAR LE PRÉFET DE POLICE
représenté par Me Alexis Ndiaye, du cabinet Adam-Caumeil, avocat au barreau de Paris
INTIMÉE
Mme [R] [X] [T]
née le 08 janvier 1977 à [Localité 1], de nationalité colombienne
Libre, non comparante, non représentée, convoquée en zone d’attente à l’aéroport de [3], dernier domicile connu
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE :
— réputée contradictoire
— prononcée en audience publique
— Vu l’ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny du 27 juillet 2025 à 15h13, rejetant les moyens de nullité/d’irrecevabilité, disant n’y avoir lieu de prolonger le maintien de Mme [R] [X] [T], en zone d’attente de l’aéroport de [3] ;
— Vu l’appel motivé interjeté le 28 juillet 2025, à 12h13, par le conseil du préfet de police ;
— Après avoir entendu les observations du conseil du préfet de police tendant à l’infirmation de l’ordonnance ;
SUR QUOI,
En application d’une jurisprudence constante, le juge judiciaire, saisi d’une demande de prolongation du maintien d’un étranger en zone d’attente, n’est pas compétent pour apprécier la légalité des décisions administratives de refus d’admission sur le territoire et de placement en zone d’attente en particulier les motifs retenus par l’administration à cette fin.
Il résulte des articles L 342-1 et L 342-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dans sa rédaction issue de la loi n°2011-672 du 16 juin 2011 que 'le maintien en zone d’attente au-delà de quatre jours à compter de la décision initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention statuant sur l’exercice effectif des droits reconnus à l’étranger, pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours’ et que ' l’existence de garanties de représentation de l’étranger n’est pas à elle seule susceptible de justifier le refus de prolongation de son maintien en zone d’attente'.
Le législateur, dans la loi précitée de 2011, avait souhaité exclure la faculté pour le juge judiciaire de décider d’une remise en liberté sur le seul critère de l’existence de garanties de représentation.
En l’espèce, en estimant que Mme [X] [T] présentait non seulement l’ensemble des garanties exigées mais également un discours clair, circonstancié et justifié par des documents s’agissant du motif de son voyage et justifiait en outre de sa situation professionnelle et personnelle en Colombie ainsi qu’il résultait d’une attestation de travail de son employeur, le juge des libertés et de la détention a en réalité remis en cause la décision de refus d’entrée, dont l’examen de la légalité échappe au juge judiciaire pour relever de la seule compétence du juge administratif, en se fondant uniquement sur l’existence de garanties de représentation. Ainsi, le moyen soulevé n’était pas de nature à entraîner la remise en liberté de la personne.
Il convient donc d’infirmer l’ordonnance querellée et d’ordonner, en l’absence d’autres moyens et au regard de la régularité de la procédure quant à l’exercice effectif des droits reconnus à l’étranger, la prolongation du maintien en zone d’attente.
PAR CES MOTIFS
INFIRMONS l’ordonnance,
STATUANT à nouveau,
ORDONNONS la prolongation du maintien de Mme [R] [X] [T] en zone d’attente de l’aéroport de [3] pour une durée de huit jours,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 2], le 29 juillet 2025 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Salarié ·
- Employeur ·
- Salaire ·
- Décès ·
- Cameroun ·
- Sociétés ·
- Arrêt de travail ·
- Contrats ·
- Absence ·
- Père
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Salariée ·
- Titre ·
- Licenciement ·
- Congés payés ·
- Travail ·
- Syndicat ·
- Rappel de salaire ·
- Mise à pied ·
- Sociétés ·
- Indemnité
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Dessaisissement ·
- Appel ·
- Partie ·
- Désistement d'instance ·
- Adresses ·
- Procédure civile ·
- Accord ·
- Action ·
- Homme ·
- Instance
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Autres demandes relatives à une mesure conservatoire ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Saisies et mesures conservatoires ·
- Saisine ·
- Caducité ·
- Déclaration ·
- Observation ·
- Etablissement public ·
- Appel ·
- Mesures conservatoires ·
- Date ·
- Copie ·
- Carolines
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Maladie professionnelle ·
- Arrêt de travail ·
- Expertise ·
- État antérieur ·
- Adresses ·
- Articulation ·
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Demande ·
- Consolidation
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Contrat de travail ·
- Rémunération ·
- Rupture ·
- Travail dissimulé ·
- Dommages et intérêts ·
- Promesse d'embauche ·
- Statut professionnel ·
- Intérêt ·
- Dommage ·
- Bulletin de paie
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations avec les personnes publiques ·
- Honoraires ·
- Taxation ·
- Partage ·
- Résultat ·
- Bâtonnier ·
- Dessaisissement ·
- Adresses ·
- Mandat ·
- Délai ·
- Acte
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Salariée ·
- Harcèlement moral ·
- Prime ·
- Courriel ·
- Achat ·
- Employeur ·
- Branche ·
- Télétravail ·
- Licenciement nul ·
- Fournisseur
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Salariée ·
- Développement ·
- Licenciement ·
- Employeur ·
- Travail ·
- Poste ·
- Titre ·
- Solde ·
- Reclassement ·
- Indemnité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Incapacité ·
- Handicapé ·
- Adulte ·
- Restriction ·
- Action sociale ·
- Allocation ·
- Personnes ·
- Emploi ·
- Accès ·
- Autonomie
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Déclaration ·
- Caducité ·
- Électronique ·
- Appel ·
- Mise en état ·
- Syndic ·
- Délai ·
- Adresses ·
- Observation ·
- Procédure civile
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Décision d’éloignement ·
- Étranger ·
- Menaces ·
- Ordre public ·
- Ordonnance ·
- Délivrance ·
- Durée ·
- Juge
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.