Confirmation 30 mai 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 30 mai 2026, n° 26/03074 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 26/03074 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Irrecevabilité |
| Date de dernière mise à jour : | 11 juin 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | LE PREFET DE L' ESSONNE |
|---|
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 30 MAI 2026
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03074 – N° Portalis 35L7-V-B7K-CNJVL
Décision déférée : ordonnance rendue le 29 mai 2026, à 10h54, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire d’Evry
Nous, Bertrand Gelot, conseiller à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Apinajaa Thevaranjan, greffière au prononcé de l’ordonnance,
APPELANT
M. [C] [V]
né le 30 juillet 2000 à [Localité 1], de nationalité algérienne
RETENU au centre de rétention : [Localité 2]
Informé le 30 mai 2026 à 14h38, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l’article R 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
INTIMÉ
LE PREFET DE L’ESSONNE
Informé le 30 mai 2026 à 14h38, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l’appel, en application des dispositions de l’article R 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE : contradictoire
— Vu l’ordonnance du 29 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire d’Evry, ordonnant la prolongation pour une durée de trente jours supplémentaires à compter du 30 mai 2026, de la rétention du nommé M. [C] [V] au centre d’hébergement du centre de rétention administrative de [Localité 2] ou dans tout autre centre d’hébergement ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire ;
— Vu l’appel interjeté le 30 mai 2026, à 09h59, par M. [C] [V] ;
SUR QUOI,
Aux termes de l’article L. 743-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en cas d’irrecevabilité ou dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, s’il apparaît qu’aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, l’appel peut être rejeté peut être rejeté sans convocation préalable des parties.
Dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article.
Selon l’article L. 742-23 alinéa 2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le premier président peut rejeter la déclaration d’appel sans avoir préalablement convoqué les parties s’il apparaît qu’aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l’appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu’il soit mis fin à la rétention.
En l’espèce, la déclaration d’appel relève que le requérant [C] [V] est un ressortissant algérien, qui déclare être arrivé en France en 2023, et avoir été éloigné en 2024, être revenu en Europe en 2025 avec un visa espagnol.
Il demande l’annulation et subsidiairement la réformation de l’ordonnance de 2e prolongation et de dire n’y avoir lieu à maintenir sa rétention.
1. En premier lieu, qu’il n’existe pas d’élément nouveau au soutien des prétentions et aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative au sens de l’article L. 743, alinéa 2 qui lui permettrait de critiquer la légalité de l’arrêté du préfet.
En particulier, la question des conditions des diligences de l’administration, des conditions de la prolongation de la rétention prévues par l’article L 742-4 du CESEDA et des perspectives d’éloignement ont bien été relevées par le premier juge et les éléments factuels étaient déjà dans le débat, notamment le fait que les autorités consulaires ont bien été saisies dès le jour du placement en rétention, que les demandes d’audition successives sont justifiées, que les conditions de l’article L 742-4 susvisées sont remplies dès lors que la menace à l’ordre public est suffisamment caractérisée par les deux condamnations pénales visées par le premier juge et que l’absence de perspectives d’éloignement n’est pas démontrée, même avec l’Algérie alors que les relations diplomatiques sont rétablies, étant enfin précisé qu’il n’appartient pas au juge judiciaire d’apprécier l’éloignement.
Par ailleurs, il résulte d’une jurisprudence constante que le juge administratif est seul compétent pour connaître de la légalité des décisions relatives à l’éloignement, quand bien même leur illégalité serait invoquée par voie d’exception à l’occasion de la contestation, devant le juge judiciaire, de la décision de placement en rétention (1re Civ., 27 septembre 2017, pourvoi n° 17-10.207). La critique sur l’éloignement ne relève donc pas de la compétence de notre juridiction qui ne saurait, sans excès de pouvoir, statuer sur ce point.
2. En second lieu, au surplus, qu’aucun élément fournis à l’appui de la demande dans les délais de l’appel, ne permettent de justifier qu’il soit mis fin à la rétention ou de l’impossibilité d’exécution dans les délais de la mesure d’éloignement, de sorte qu’il peut y être répondu sans convocation des parties.
Or la loi permet, dans ce cas (1., et surabondamment 2.), de rejeter la demande sans convocation des parties, dès lors qu’il n’est manifestement pas justifié qu’il soit mis fin à la rétention.
Pour le reste, la déclaration d’appel ne conteste pas utilement la motivation retenue par le premier juge.
En l’absence de toute illégalité susceptible d’affecter les conditions (découlant du droit de l’Union) de légalité de la rétention, et à défaut d’autres moyens présentés en appel, il y a lieu de rejeter l’appel.
PAR CES MOTIFS
REJETONS la déclaration d’appel,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à Paris le 30 mai 2026 à 16h40
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Délégation de signature ·
- Prolongation ·
- Sabah ·
- Ordonnance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ministère public ·
- Document ·
- Identité ·
- Régularité ·
- Public
- Cadre ·
- Statut ·
- Solde ·
- Indemnité ·
- Métallurgie ·
- Paye ·
- Ingénieur ·
- Demande ·
- Qualification ·
- Salarié
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande d'indemnités ou de salaires ·
- Relations individuelles de travail ·
- Heures supplémentaires ·
- Salarié ·
- Employeur ·
- Transport ·
- Congé ·
- Contrat de travail ·
- Sociétés ·
- Travail dissimulé ·
- Référence ·
- Horaire
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Prolongation ·
- Décision d’éloignement ·
- Grève ·
- Voyage ·
- Diligences ·
- Administration ·
- Ordonnance ·
- Étranger ·
- Tribunal judiciaire ·
- Empreinte digitale
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Ordonnance ·
- Aéroport ·
- Tribunal judiciaire ·
- Maintien ·
- Police ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Pourvoi en cassation ·
- Prolongation ·
- Ministère public
- Prêt d'argent, crédit-bail , cautionnement ·
- Contrats ·
- Caducité ·
- Déclaration ·
- Appel ·
- Crédit agricole ·
- Mise en état ·
- Délai ·
- Tribunal judiciaire ·
- Conférence ·
- Avocat ·
- Message
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Demande de remise de documents ·
- Astreinte ·
- Ordonnance de référé ·
- Homme ·
- Sociétés ·
- Document ·
- Attestation ·
- Titre ·
- Conseil ·
- Liquidation ·
- Procédure
- Société générale ·
- Comptable ·
- Personnes ·
- Mise en état ·
- Avocat ·
- Lettre simple ·
- Conseil ·
- Intimé ·
- Désistement ·
- Magistrat
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande d'indemnités ou de salaires ·
- Relations individuelles de travail ·
- Passerelle ·
- Aciérie ·
- Laminoir ·
- Four ·
- Licenciement ·
- Fusions ·
- Employeur ·
- Titre ·
- Ouvrier ·
- Sécurité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Baux d'habitation et baux professionnels ·
- Contrats ·
- Caducité ·
- Saisine ·
- Adresses ·
- Mise en état ·
- Paiement des loyers ·
- Siège ·
- Date ·
- Défaut de paiement ·
- Copie ·
- Observation
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Licenciement ·
- Salarié ·
- Usine ·
- Site ·
- Courriel ·
- Diffusion ·
- Holding ·
- Sociétés ·
- Faute grave ·
- Production
- Tribunal judiciaire ·
- Ordonnance ·
- Interprète ·
- Courriel ·
- Notification ·
- Mer ·
- Appel ·
- Droit des étrangers ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.