Confirmation 31 mars 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 31 mars 2026, n° 26/01752 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 26/01752 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Meaux, 29 mars 2026 |
| Dispositif : | Irrecevabilité |
| Date de dernière mise à jour : | 9 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | LE PREFET DE LA SEINE |
|---|
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 31 MARS 2026
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/01752 – N° Portalis 35L7-V-B7K-CM7GJ
Décision déférée : ordonnance rendue le 29 mars 2026, à 13h07, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux
Nous, Bertrand Gelot, conseiller à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Marie Bounaix, greffière au prononcé de l’ordonnance,
APPELANT :
M. X se disant [T] [I]
né le 28 juin 2001 à [Localité 1], de nationalité tunisienne
RETENU au centre de rétention : [Adresse 1]
Informé le 30 mars 2026 à 17h26, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l’article R 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
INTIMÉ :
LE PREFET DE LA SEINE [Localité 2]
Informé le 30 mars 2026 à 17h26, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l’appel, en application des dispositions de l’article R 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE : contradictoire
— Vu l’ordonnance du 29 mars 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux déclarant la requête du préfet de la Seine-Saint-Denis recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de M. X se disant [T] [I] au centre de rétention administrative n° 3 du [Etablissement 1] (77), ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée de trente jours à compter du 29 mars 2026 ;
— Vu l’appel interjeté le 30 mars 2026, à 10h38, par M. X se disant [T] [I] ;
SUR QUOI,
Aux termes de l’article L. 743-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en cas d’irrecevabilité ou dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, s’il apparaît qu’aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, l’appel peut être rejeté sans convocation préalable des parties.
Dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article.
En l’espèce, la déclaration d’appel relève que le requérant X se disant [T] [I] est un ressortissant tunisien, qui déclare être arrivé en France en 2020, être hébergé [Localité 3] et travailler comme soudeur métallique.
Il demande la réformation de l’ordonnance de 2e prolongation et de dire n’y avoir lieu à son maintien en rétention.
En premier lieu, qu’il n’existe pas d’élément nouveau au soutien des prétentions et aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative au sens de l’article L. 743, alinéa 2 qui lui permettrait de critiquer la légalité de l’arrêté du préfet.
En particulier, les questions de l’insuffisance des diligences de l’administration et de l’assignation à résidence ont bien été relevées par le premier juge qui y a répondu et les éléments factuels étaient déjà dans le débat, notamment les diligences entreprises par l’administration dès son placement en rétention et l’impossibilité d’une assignation à résidence en l’absence de remise préalable d’un passeport en cours de validité, étant précisé que l’administration n’a pas de pouvoir d’injonction à l’encontre d’autorités étrangères et qu’il n’appartient pas au juge judiciaire d’apprécier l’éloignement.
En effet, il résulte d’une jurisprudence constante que le juge administratif est seul compétent pour connaître de la légalité des décisions relatives à l’éloignement, quand bien même leur illégalité serait invoquée par voie d’exception à l’occasion de la contestation, devant le juge judiciaire, de la décision de placement en rétention (1re Civ., 27 septembre 2017, pourvoi n° 17-10.207). La critique sur l’éloignement ne relève donc pas de la compétence de notre juridiction qui ne saurait, sans excès de pouvoir, statuer sur ce point.
En second lieu, au surplus, qu’aucun élément fournis à l’appui de la demande dans les délais de l’appel ne permet de justifier qu’il soit mis fin à la rétention ou de l’impossibilité d’exécution dans les délais de la mesure d’éloignement, de sorte qu’il peut y être répondu sans convocation des parties. Les allégations générales sur l’insuffisance des diligences de l’administration ne permettent pas, à ce stade, de considérer qu’aucune réponse ne sera apportée dans le temps de la rétention.
Or la loi permet, dans ce cas (1., et surabondamment 2.), de rejeter la demande sans convocation des parties, dès lors qu’il n’est manifestement pas justifié qu’il soit mis fin à la rétention.
Pour le reste, la déclaration d’appel ne conteste pas utilement la motivation retenue par le premier juge.
En l’absence de toute illégalité susceptible d’affecter les conditions (découlant du droit de l’Union) de légalité de la rétention, et à défaut d’autres moyens présentés en appel, il y a lieu de rejeter l’appel.
PAR CES MOTIFS
REJETONS la déclaration d’appel,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 4] le 31 mars 2026 à 09h41
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande en paiement de prestations ·
- Protection sociale ·
- Consolidation ·
- Assurance maladie ·
- Recours ·
- Jonction ·
- Commission ·
- État de santé, ·
- Procédure civile ·
- Incapacité ·
- Indemnités journalieres ·
- Expert
- Action déclaratoire ou négatoire de nationalité ·
- Droit des personnes ·
- Nationalité ·
- Nationalité française ·
- Possession d'état ·
- Parents ·
- Algérie ·
- Déclaration ·
- Tribunal judiciaire ·
- Code civil ·
- Curatelle ·
- État ·
- Délai raisonnable
- Adresses ·
- Commission de surendettement ·
- Partie ·
- Motif légitime ·
- Procédure ·
- Appel ·
- Capacité ·
- Rééchelonnement ·
- Écrit ·
- Audience
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Garde à vue ·
- Alimentation ·
- Ordonnance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Privation de liberté ·
- Contrôle de régularité ·
- Personnes ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Atteinte
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Ordonnance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Délai ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Police ·
- Légalité ·
- Maintien ·
- Administration ·
- Ministère
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Saisies et mesures conservatoires ·
- Caution ·
- Saisie des rémunérations ·
- Adresses ·
- Bail ·
- Épouse ·
- Titre exécutoire ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Locataire ·
- Jugement ·
- Acte notarie
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Licenciement ·
- Autorisation administrative ·
- Industrie ·
- Salarié protégé ·
- Sociétés ·
- Séparation des pouvoirs ·
- Surseoir ·
- Conseil d'etat ·
- Conseil ·
- Cause
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Pension de retraite ·
- Calcul ·
- Vieillesse ·
- Salaire ·
- Demande ·
- Cotisations ·
- Effets ·
- Date ·
- Assurances ·
- Recours
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Certificat médical ·
- Hospitalisation ·
- Hôpitaux ·
- Ordre public ·
- Psychiatrie ·
- Siège ·
- Discours ·
- Personnes ·
- Trouble mental ·
- Consentement
Sur les mêmes thèmes • 3
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Ordonnance ·
- Aéroport ·
- Tribunal judiciaire ·
- Maintien ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Pourvoi en cassation ·
- Prolongation ·
- Police ·
- Ministère public
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Adresses ·
- Exception d'incompétence ·
- Avocat ·
- Incident ·
- Gérant ·
- Ags ·
- Sociétés ·
- Conseil ·
- Mise en état ·
- Faute de gestion
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Signification ·
- Déclaration ·
- Commissaire de justice ·
- Caducité ·
- Appel ·
- Sociétés ·
- Acte ·
- Vice de forme ·
- Erreur ·
- Irrégularité
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.