Infirmation 6 janvier 1995
Cassation 9 juillet 1996
Résumé de la juridiction
°
Dès lors que la négociation a été régulièrement menée jusqu’à son terme par l’employeur avec toutes les organisations syndicales qui ont pu constamment exprimer leurs propositions, motiver leur refus, formuler des contre-propositions dont certaines ont été retenues, la validité de l’accord n’est pas subordonnée à la signature de l’ensemble des organisations syndicales.
Les syndicats qui ont participé à la négociation d’un accord collectif qu’ils n’ont pas signé sont recevables à agir en nullité absolue contre cet accord.
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Sur la décision
| Référence : | Cass. soc., 9 juil. 1996, n° 95-13.010, Bull. 1996 V N° 269 p. 189 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour de cassation |
| Numéro(s) de pourvoi : | 95-13010 |
| Importance : | Publié au bulletin |
| Publication : | Bulletin 1996 V N° 269 p. 189 |
| Décision précédente : | Cour d'appel de Versailles, 6 janvier 1995 |
| Dispositif : | Cassation partielle. |
| Date de dernière mise à jour : | 6 août 2024 |
| Identifiant Légifrance : | JURITEXT000007037815 |
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Texte intégral
Attendu, selon l’arrêt attaqué, que la société IBM France a invité les organisations syndicales représentatives à négocier un accord d’entreprise pour la sauvegarde de l’emploi et a établi un calendrier des négociations du 13 janvier 1994 au 10 février 1994, le syndicat national IBM ayant seul signé l’accord le 11 février 1994 ;
Sur le premier moyen :
Attendu que la Fédération générale des mines et de la métallurgie CFDT, la Fédération des cadres métallurgie CGE-CGC et la Fédération générale de la métallurgie CFTC font grief à l’arrêt attaqué de les avoir déboutées de leur demande en nullité de l’accord d’entreprise du 11 février 1994, alors, selon le moyen, d’abord, qu’il résulte des constatations de l’arrêt attaqué que au cours des quinze réunions prévues, le système de rémunération flexible, objet de l’accord litigieux, n’avait été évoqué que lors de la onzième réunion et que ce n’était qu’à la dernière réunion du 10 février 1994 que la direction avait formulé ses propositions finales, précisant que le document d’accord d’entreprise serait disponible pour signature dans la journée du lendemain ; que, ce jour-là, l’accord d’entreprise n’avait pas été, pour des raisons techniques, diffusé au même moment à l’ensemble des organisations syndicales concernées, mais que les organisations syndicales intéressées avaient eu la possibilité d’étudier le projet après la signature du syndicat national autonome ; que s’en déduit nécessairement l’absence pour les organisations syndicales de possibilité de faire des propositions, de ce chef, de motiver leur refus et de formuler des contre-propositions ; qu’en s’abstenant de tirer de ses constatations les conséquences légales nécessaires la cour d’appel a violé les articles L. 132-19 et L. 412-2 du Code du travail ; alors, en outre, qu’en l’état de ces constatations la cour d’appel ne pouvait ensuite, sans se contredire, affirmer qu’au cours des huit séances de négociation les parties avaient négocié de bonne foi et tenté de trouver un accord, notamment sur la mise en place d’un salaire flexible ; que, de ce chef, elle n’a pas satisfait aux exigences de l’article 455 du nouveau Code de procédure civile ; alors, en tout cas, qu’il n’a pas été répondu aux conclusions des organisations syndicales demanderesses selon lesquelles, pour la première fois, des précisions relatives à la « rémunération flexible » avaient été apportées par la direction à la réunion du 10 février, présentées, selon le procès-verbal de la réunion, vers 22 heures, le document d’accord d’entreprise devant être disponible pour signature dans la journée du 11 février ; que, cependant, il n’était toujours pas disponible le lendemain 20 heures, de sorte que certains représentants syndicaux n’en avaient eu connaissance que le lundi matin, 14 février ; qu’entre-temps, à un moment indéterminé, entre le vendredi 20 heures et le lundi 11 heures, l’accord avait été signé par une seule organisation syndicale, le SNA ; qu’ainsi la consultation des salariés n’avait pu avoir lieu et que la signature du SNA, acquise dans une clandestinité complète, avait mis un terme à toute possibilité de véritable négociation ; qu’ainsi la cour d’appel n’a pas, derechef, satisfait aux exigences de l’article 455 du nouveau Code de procédure civile ;
Mais attendu que, répondant aux conclusions et après avoir relevé que la négociation avait été menée jusqu’à son terme par l’employeur avec toutes les organisations syndicales qui avaient pu constamment exprimer leurs propositions, motiver leur refus, formuler des contre-propositions dont certaines ont été retenues, la cour d’appel a exactement décidé que la négociation avait été régulièrement menée et que la validité de l’accord n’était pas subordonnée à la signature de l’ensemble des organisations syndicales ; que le moyen n’est pas fondé ;
Mais sur le second moyen :
Vu les articles 1129, 1174 du Code civil et L. 411-11 du Code du travail ;
Attendu que pour déclarer la Fédération générale des mines et de la métallurgie CFDT, la Fédération des cadres métallurgie CGE-CGC et la Fédération générale de la métallurgie CFTC irrecevables à invoquer la nullité de l’accord d’entreprise du 11 février 1994 pour indétermination de son objet et pour avoir été contractée sous une condition potestative de la part de l’employeur, l’arrêt attaqué énonce que lesdites organisations syndicales n’ont pas signé l’accord collectif et ne sont pas parties aux contrats ; qu’à leur égard les décisions prises concernant notamment la flexibilité des salaires revêtent le caractère de décisions unilatérales ; qu’elles ne sont pas en conséquence recevables à invoquer un vice de nullité relative relevant du droit privé ;
Attendu, cependant, que les syndicats qui ont participé à une négociation sont recevables à agir en nullité contre un accord collectif dès l’instant qu’ils invoquent une nullité absolue, même s’ils ne l’ont pas signé ; qu’en statuant comme elle l’a fait, alors que les nullités invoquées, quelle que soit leur valeur, relevaient du régime des nullités absolues, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce que l’arrêt a déclaré la Fédération générale des mines et de la métallurgie CFDT, la Fédération des cadres métallurgie CGE-CGC et la Fédération générale de la métallurgie CFTC irrecevables à invoquer la nullité de l’accord d’entreprise du 11 février 1994 pour indétermination de son objet et en raison de l’existence d’une condition potestative de la part de l’employeur, l’arrêt rendu le 6 janvier 1995, entre les parties, par la cour d’appel de Versailles ; remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris.
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