Rejet 29 avril 1987
Résumé de la juridiction
L’ambassadeur de Turquie en France et son chauffeur ont été victimes d’un attentat commis à Paris le 24 octobre 1975 vers 13h30, alors qu’ils circulaient en automobile sur le pont Bir-Hakeim et se dirigeaient vers les locaux de l’ambassade distants de quelques centaines de mètres.
Dans les circonstances de l’affaire, la mise en jeu de la responsabilité de l’Etat à raison d’une éventuelle insuffisance des mesures prises pour assurer la protection due aux victimes compte tenu de leur appartenance à une mission diplomatique ne met pas en cause la conduite des relations internationales de la France, mais dépend seulement de l’appréciation portée sur la façon dont les services de police se sont acquittés de leur mission de sécurité, qui était en l’espèce détachable desdites relations.
Il ne résulte pas de l’instruction que, compte tenu des circonstances de temps et de lieu, les autorités de police auraient dû prendre des mesures de surveillance plus poussées que celles qui avaient déjà été prises. Notamment, il ne résulte pas des pièces du dossier que l’ambassadeur de Turquie ait formulé, dans les jours qui ont précédé l’attentat, une demande de "protection rapprochée". Ainsi les services de police n’ont pas, en s’abstenant de prendre de telles mesures, commis une faute lourde de nature à engager la responsabilité de l’Etat.
En l’absence de dispositions législatives le prévoyant expressément, la responsabilité de l’Etat ne saurait être engagée sur le fondement du risque du fait d’actes de terrorisme survenus sur le territoire français.
Commentaires • 4
pendant 7 jours
Sur la décision
| Référence : | CE, sect., 29 avr. 1987, n° 46313 46314, Lebon |
|---|---|
| Juridiction : | Conseil d'État |
| Numéro : | 46313 46314 |
| Importance : | Publié au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Décision précédente : | Tribunal administratif de Paris, 7 juillet 1982 |
| Dispositif : | Rejet |
| Identifiant Légifrance : | CETATEXT000007725358 |
Sur les parties
| Président : | M. Combarnous |
|---|---|
| Rapporteur : | M. Barbeau |
| Rapporteur public : | M. Vigouroux |
| Parties : | Consorts Yener et consorts Erez |
Texte intégral
Vu 1° sous le n° 46 313, la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 18 octobre 1982 et 4 février 1983 au secrétariat du Contentieux du Conseil d’Etat, présentés pour Mme Saniye E…, demeurant X…
D… Yildiz, appartement 13/11 Turquie , Mme C… YENER et M. Sabri E…, demeurant à Ankara Ieker Mahallesi n° 587, Dikmen Turquie , et tendant à ce que le Conseil d’Etat :
1° annule le jugement en date du 7 juillet 1982 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté leur demande tendant à la condamnation de l’Etat à leur verser diverses indemnités en réparation du préjudice résultant pour eux de l’assassinat de M. E…, chauffeur de l’ambassadeur de Turquie en France, survenu le 24 octobre 1975 à Paris ;
2° leur alloue diverses indemnités en réparation de ce préjudice,
Vu 2° sous le n° 46 314, la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 18 octobre 1982 et 4 février 1983 au secrétariat du Contentieux du Conseil d’Etat, présentés pour Mme Fatma, Nacla Y…, A… Ayse Canan Y…, épouse Z… et Mlle Hatice B…
Y…, demeurant à Istambul, Akasyoli n° 2, Bostanci Turquie , et tendant à ce que le Conseil d’Etat :
1° annule le jugement en date du 7 juillet 1982 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté leur demande tendant à la condamnation de l’Etat à leur verser diverses indemnités en réparation du préjudice résultant pour eux de l’assassinat de M. Y…, ambassadeur de Turquie en France survenu le 24 octobre 1975 à Paris ;
2° leur alloue diverses indemnités en réparation de ce préjudice,
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu le décret du 29 mars 1971 portant publication de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques ;
Vu l’ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;
Vu la loi du 30 décembre 1977 ;
Après avoir entendu :
– le rapport de M. Barbeau, Conseiller d’Etat,
– les observations de Me Parmentier, avocat des consorts E…, et Y…,
– les conclusions de M. Vigouroux, Commissaire du gouvernement ;
Considérant que les requêtes des consorts Y… et des consorts E… présentent à juger les mêmes questions ; qu’il y a lieu de les joindre pour y être statué par une seule décision ;
Considérant que M. Y…, ambassadeur de Turquie en France, et M. E…, son chauffeur, ont été victimes d’un attentat, commis à Paris le 24 octobre 1975 vers 13 h 30, alors qu’ils circulaient en automobile sur le pont de Bir-Hakeim et se dirigeaient vers les locaux de l’ambassade distants de quelques centaines de mètres ; que, dans les circonstances de l’affaire, la mise en jeu de la responsabilité de l’Etat à raison d’une éventuelle insuffisance des mesures prises pour assurer la protection due aux victimes compte tenu de leur appartenance à une mission diplomatique ne met pas en cause la conduite des relations internationales de la France, mais dépend seulement de l’appréciation portée sur la façon dont les services de polie se sont acquittés de leur mission de sécurité qui était en l’espèce détachable desdites relations ;
Considérant qu’il ne résulte pas de l’instruction que compte tenu des circonstances de temps et de lieu, les autorités de police auraient dû prendre des mesures de surveillance plus poussées que celles qui avaient déjà été prises ; que, notamment, il ne résulte pas des pièces du dossier que l’Ambassadeur de Turquie ait formulé dans les jours qui ont précédé l’attentat une demande de « protection rapprochée » ; qu’ainsi les services de police n’ont pas, en s’abstenant de prendre de telles mesures, commis une faute lourde de nature à engager la responsabilité de l’Etat ;
Considérant qu’en l’absence de disposition législative le prévoyant expressément, la responsabilité de l’Etat ne saurait être engagée sur le fondement du risque du fait d’actes de terrorisme survenus sur le territoire français ;
Considérant qu’il résulte de ce qui précède que les consorts Y… et les consorts E… ne sont pas fondés à soutenir que c’est à tort que, par les jugements attaqués, le tribunal administratif de Paris a rejeté leurs demandes tendant à ce que l’Etat soit déclaré responsable des conséquences de l’attentat en cause et soit condamné à leur verser des indemnités ;
Article ler : Les requêtes susvisées des consorts Y… et des consorts E… sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée aux consorts Y…, aux consorts E…, au ministre de l’intérieur et au ministre des affaires étrangères.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Fonctionnaires et agents publics ·
- Entrée en service ·
- Légalité ·
- Maire ·
- Stage ·
- Tribunaux administratifs ·
- Conseil d'etat ·
- Commune ·
- Attaque ·
- Licenciement ·
- Disposition législative ·
- Stagiaire
- Service public penitentiaire -responsabilité ·
- Juridictions administratives et judiciaires ·
- Responsabilité de la puissance publique ·
- Exécution des jugements ·
- Exécution des peines ·
- Frais et dépens ·
- Existence ·
- Jugements ·
- Procédure ·
- Tribunaux administratifs ·
- Décret ·
- Décès ·
- Cellule ·
- L'etat ·
- Conseil d'etat ·
- Surveillance ·
- Réparation ·
- Purger ·
- Garde des sceaux
- Aide à l'emploi -contrats emploi-formation ·
- Article 1er du décret du 22 septembre 1982 ·
- Actes législatifs et administratifs ·
- Validité des actes administratifs ·
- Contrats emploi-formation ·
- Formation professionnelle ·
- Politiques de l'emploi ·
- Existence -emploi ·
- Travail et emploi ·
- Erreur de droit ·
- Ambulance ·
- Emploi ·
- Tribunaux administratifs ·
- Sociétés ·
- Recours gracieux ·
- Législation du travail ·
- Infraction ·
- Décret ·
- Contrats
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Existence -exportation illégale de capitaux ·
- Faute d'une gravite suffisante ·
- Licenciement pour faute ·
- Salariés protégés ·
- Licenciement ·
- Banque ·
- Tribunaux administratifs ·
- Mise à pied ·
- Solidarité ·
- Comités ·
- Suppléant ·
- Excès de pouvoir ·
- Travail ·
- Conseil d'etat
- Questions propres aux différentes catégories d'enseignement ·
- Principes interessant l'action administrative ·
- Continuite du service public -violation ·
- Violation directe de la règle de droit ·
- Actes législatifs et administratifs ·
- Validité des actes administratifs ·
- Enseignement du second degré ·
- Principes généraux du droit ·
- Questions générales ·
- Méconnaissance ·
- Enseignement ·
- Scolarite ·
- Tribunaux administratifs ·
- Conseil d'etat ·
- Excès de pouvoir ·
- Service public ·
- Contentieux ·
- Baccalauréat ·
- Éducation nationale ·
- Jugement ·
- Conseil
- Compétence du Conseil d'État en premier et dernier ressort ·
- Compétence à l'intérieur de la juridiction administrative ·
- Compétence ·
- Tribunaux administratifs ·
- Écrivain ·
- Culture ·
- Conseil d'etat ·
- Poète ·
- Acte réglementaire ·
- Annulation ·
- Décret ·
- Prix littéraire ·
- Excès de pouvoir
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Établissements publics d'hospitalisation ·
- Responsabilité de la puissance publique ·
- Service public de santé ·
- Existence d'une faute ·
- Centre hospitalier ·
- Stérilisation ·
- Tribunaux administratifs ·
- Intervention ·
- Ligature des trompes ·
- Conseil d'etat ·
- Trouble psychique ·
- Accouchement ·
- Jugement ·
- Chirurgien
- Absence -projet de lotissement dans une commune rurale ·
- Expropriation pour cause d'utilité publique ·
- Notion d'utilité publique ·
- Notions générales ·
- Lotissement ·
- Tribunaux administratifs ·
- Commune ·
- Décentralisation ·
- Conseil d'etat ·
- Logement ·
- Réalisation ·
- Commissaire du gouvernement ·
- Expropriation ·
- Excès de pouvoir
- Obligation de résider au lieu d'exercice de leurs fonctions ·
- Questions propres aux différentes catégories d'enseignement ·
- Responsabilité non réservée aux professeurs d'université ·
- Modalités de répartition des fonctions d'enseignement ·
- Respect de l'indépendance des enseignants-chercheurs ·
- Absence de violation du principe d'égalité ·
- Statuts, droits, obligations et garanties ·
- Enseignement supérieur et grandes écoles ·
- Enseignants -enseignement supérieur ·
- Direction des travaux de recherche ·
- Fonctionnaires et agents publics ·
- Gestion des universites ·
- Enseignants-chercheurs ·
- Obligations de service ·
- Dispositions communes ·
- Gestion du personnel ·
- Statuts particuliers ·
- Enseignement ·
- Prérogatives ·
- Universites ·
- Légalité ·
- Professeur ·
- Université ·
- Enseignement supérieur ·
- Décret ·
- Statut ·
- Conférence ·
- Fonctionnaire ·
- Concours ·
- Recherche ·
- Conseil d'etat
Sur les mêmes thèmes • 3
- Actes constituant des décisions susceptibles de recours ·
- Décisions pouvant ou non faire l'objet d'un recours ·
- Erreur eu égard à la gravité de la faute commise ·
- Conseils supérieurs de la fonction publique ·
- Erreur manifeste d'appréciation -existence ·
- Statuts, droits, obligations et garanties ·
- Substitution d'une sanction à une autre ·
- Actes législatifs et administratifs ·
- Conducteur de transports en commun ·
- Validité des actes administratifs ·
- Fonctionnaires et agents publics ·
- Décision susceptible de recours ·
- Existence -fonction publique ·
- Introduction de l'instance ·
- Substitution de sanctions ·
- Erreur manifeste ·
- Discipline ·
- Existence ·
- Procédure ·
- Sanctions ·
- Ville ·
- Fonction publique territoriale ·
- Conseil d'etat ·
- Avis ·
- Excès de pouvoir ·
- Sanction disciplinaire ·
- Recours ·
- Décret ·
- Maire ·
- Exclusion
- Existence -décision attaquée rapporté ·
- Incidents ·
- Procédure ·
- Non-lieu ·
- Tribunaux administratifs ·
- Agriculture ·
- Pierre ·
- Forêt ·
- Conseil d'etat ·
- Commissaire du gouvernement ·
- Excès de pouvoir ·
- Connaissance ·
- Stage ·
- Statuer
- Saisine sur renvoi d'une juridiction ·
- Difficulté sérieuxse de compétence ·
- Tribunal des conflits ·
- Crédit et banques ·
- Procédure ·
- Banque centrale ·
- Compensation ·
- Décret ·
- Compétence ·
- Conseil d'etat ·
- Sociétés ·
- Cacao ·
- Juridiction administrative ·
- Tribunaux administratifs
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.