Rejet 9 décembre 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Amiens, 9 déc. 2025, n° 2502306 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif d'Amiens |
| Numéro : | 2502306 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet irrecevabilité manifeste alinéa 4 |
| Date de dernière mise à jour : | 18 décembre 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2025, Mme A… B…, représentée par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision en date du 9 juillet 2022, jamais notifiée, par laquelle le ministre de l’intérieur l’a informé de la perte de validité de son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 5 février 2025 ;
2°) d’annuler les décisions de retrait de points ayant conduit à cette situation à la suite des infractions commises les 13 et 20 août 2021, 16 mai 2019, 19 août, 3, 6, 11 septembre et 6 novembre 2017, 5 janvier et 21 février 2015, 1er et 15 avril 2014, 23 mars et 7 octobre 2013, 10 avril et 2 septembre 2012 ;
3°) d’enjoindre la restitution de l’entier bénéfice de son capital points ainsi que celui de son permis de conduire dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir.
Elle soutient que :
- elle est recevable dans son action n’ayant pas été destinataire de la décision la concernant ;
- la réalité des infractions imputées n’est pas établie ;
- elle n’a pas bénéficié de l’information requise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet d’une requête, à titre principal, irrecevable et, subsidiairement, non fondée.
Vu l’ensemble des pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les magistrats (…) ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ».
2. Il incombe à l’administration, lorsqu’elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d’une action introduite devant une juridiction administrative, d’établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l’intéressé. En cas de retour à l’administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l’adresse de l’intéressé, dès lors du moins qu’il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l’enveloppe, soit, à défaut, d’une attestation du service postal ou d’autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d’instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière, le pli recommandé renvoyé à l’administration auquel est rattaché le volet « avis de réception » sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du pli et qui porte, sur l’enveloppe ou l’avis de réception, l’indication du motif pour lequel il n’a pu être remis.
3. D’une part, le ministre de l’intérieur produit, dans la présente instance, une copie de l’avis de réception du courrier émanant du fichier national des permis de conduire (FNPC) mentionnant le numéro du permis de conduire de Mme A… B… précédé de la lettre « S ». Ces mentions impliquent, sauf justification contraire non produite par la requérante, que le pli contenait la décision référencée « 48 SI » par laquelle le ministre de l’intérieur récapitule les retraits de points intervenus et prononce la perte de validité du permis de conduire de l’intéressée pour solde de points nul. Cette même décision, établie selon un modèle-type et dont le ministre fournit une copie, comportait au verso la mention des voies et délais de recours.
4. D’autre part, il résulte de l’instruction, et notamment de l’avis de réception produit par le ministre, que le pli de notification de la décision « 48 SI » portant invalidation du permis de conduire de Mme B… envoyé à l’adresse du domicile du destinataire, lui a vainement été présenté le 27 mai 2022. Ainsi, le délai de recours contentieux a commencé à courir au plus tard à cette date. Dans ces conditions, le ministre est fondé à soutenir que les conclusions de la requête à fin d’annulation présentée par Mme B… à l’encontre de la décision « 48 SI » contestée ainsi que les décisions de retrait de points ayant conduit à cette situation, enregistrée au greffe du tribunal le 4 juin 2025 sont tardives et doivent être rejetées en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative précité, ainsi, par voie de conséquence, que celles à fin d’injonction.
5 Si l’exercice d’un recours gracieux proroge en règle générale le délai de recours contentieux, celui-ci n’a été exercé que le 5 février 2025 et n’a ainsi pas eu pour conséquence de proroger le délai de recours contentieux, qui était déjà expiré. En conséquence, la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l’intérieur, tirée de la tardiveté de la requête de Mme B… doit être accueillie.
6. Au demeurant, si Mme B… indique vouloir attaquer non la décision 48 SI mais seulement la décision implicite de rejet de son recours gracieux, celle-ci n’est que purement confirmative de la décision 48 SI, devenue définitive ainsi qu’il a été dit.
7. Enfin, aux termes de l’article R. 223-3 du code de la route : « (…) III.- Lorsque le ministre de l’intérieur constate que la réalité d’une infraction entraînant retrait de point est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l’article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l’auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n’aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l’auteur de l’infraction, celui-ci est informé par le ministre de l’intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l’intérieur constate et notifie à l’intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des premier, deuxième, troisième et cinquième alinéas de l’article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l’auteur de l’infraction est informé par le ministre de l’intérieur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l’invalidation du permis de conduire et enjoint à l’intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d’outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. ».
8. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme B… a fait l’objet d’une décision 48 SI, qui lui a été régulièrement notifiée le 27 mai 2022. Par suite, à supposer même que l’intéressée n’ait pas reçu auparavant notification des décisions portant retrait de points en litige, le ministre les lui a rendues opposables en les mentionnant dans le récapitulatif des retraits de points qu’il a fait figurer dans la décision 48 SI, conformément aux dispositions de l’article R. 223-3 du code de la route, rappelées au point précédent. Dans ces conditions, ces décisions de retrait de points doivent également être regardées comme notifiées à l’intéressée au plus tard le 27 mai 2022, de sorte que, pour les mêmes raisons que celles exposées précédemment, à la date d’enregistrement du présent recours, celles-ci étaient devenues définitives et Mme B… n’était plus recevable à en demander l’annulation.
9. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de Mme B… qui est manifestement irrecevable, et ce compris les conclusions aux fins d’injonction.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A… B… et au ministre de l’intérieur et des outre-mer.
Fait à Amiens le 9 décembre 2025
Le magistrat désigné,
signé
G. Truy
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Mayotte ·
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Territoire français ·
- Commissaire de justice ·
- Liberté fondamentale ·
- Suspension ·
- Sauvegarde ·
- Exécution ·
- Liberté
- Urbanisme ·
- Déclaration préalable ·
- Maire ·
- Tacite ·
- Sursis à statuer ·
- Justice administrative ·
- Recours gracieux ·
- Commune ·
- Statuer ·
- Détachement
- Solidarité ·
- Justice administrative ·
- Travail ·
- Commissaire de justice ·
- Société par actions ·
- Emploi ·
- Économie ·
- Désistement ·
- Excès de pouvoir ·
- Acte
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Pays ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Aide juridictionnelle ·
- Liberté fondamentale ·
- Destination ·
- Justice administrative ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Réfugiés
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Justice administrative ·
- Liberté fondamentale ·
- Vie privée ·
- Mures ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Ingérence ·
- Commissaire de justice
- Handicapé ·
- Adulte ·
- Justice administrative ·
- Allocation ·
- Action sociale ·
- Commissaire de justice ·
- Juridiction administrative ·
- Famille ·
- Compétence ·
- Garantie de ressource
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Stage ·
- Stagiaire ·
- Carte de séjour ·
- Territoire français ·
- Délivrance ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Mentions ·
- Titre ·
- Justice administrative
- Naturalisation ·
- Justice administrative ·
- Demande ·
- Décret ·
- Commissaire de justice ·
- Ressortissant ·
- Nationalité française ·
- Délai ·
- Réintégration ·
- Erreur
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Délai ·
- Dette ·
- Pièces ·
- Allocations familiales ·
- Régularisation ·
- Insuffisance de motivation ·
- Sécurité sociale ·
- Sécurité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Centre hospitalier ·
- Indemnité ·
- Jour férié ·
- Décret ·
- Thérapeutique ·
- Justice administrative ·
- Titre ·
- Travail ·
- Traitement ·
- Préjudice
- Carte de séjour ·
- Séjour étudiant ·
- Visa ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Délivrance ·
- Enseignement supérieur ·
- Établissement d'enseignement ·
- Enseignement ·
- Justice administrative
- Logement ·
- Justice administrative ·
- Médiation ·
- Habitation ·
- Construction ·
- L'etat ·
- Commission ·
- Décentralisation ·
- Carence ·
- Trouble
Textes cités dans la décision
- Code de justice administrative
- Code de la route.
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.