Annulation 12 mars 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Bordeaux, juge social, 12 mars 2026, n° 2405191 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Bordeaux |
| Numéro : | 2405191 |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 21 mars 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2024, M. A… B…, doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision en date du 6 juin 2024, prise après exercice d’un recours administratif préalable obligatoire par laquelle le président du conseil départemental de la Gironde a refusé de lui délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention «stationnement pour personnes handicapées » ;
Il soutient qu’il a subi deux chirurgies lombaires (arthrodèses) qui lui provoquent des lombalgies et des douleurs dans les membres inférieurs qui ont pour conséquences d’importantes difficultés de déplacement.
Par mémoire en production de pièces, sur le fondement de l’article R. 772-8 du code de justice administrative, enregistré le 10 septembre 2024, et par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2026, la maison départementale des personnes handicapées de la Gironde, représentée par sa directrice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l’action sociale et des familles ;
l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Cornevaux, président rapporteur,
- les observations de M. B….
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Le 29 mars 2023, M. B… a sollicité une carte “mobilité inclusion” mention “stationnement”. Par une décision du 17 juillet 2023, le président du conseil départemental de la Gironde lui a opposé un refus. Le 28 septembre 2023, l’intéressé a formé un recours administratif préalable obligatoire, qui a été rejeté par le président du conseil départemental le 6 juin 2024. M. B… demande au tribunal l’annulation de cette dernière décision.
Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. La carte “mobilité inclusion” destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. (…) / 3° La mention “stationnement pour personnes handicapées” est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) ».
Aux termes de l’article R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles : « (…) / IV. Pour l’attribution de la mention “stationnement pour personnes handicapées”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur. / (…) ».
Aux termes de l’annexe relative aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement de l’arrêté interministériel du 3 janvier 2017 : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / – la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / – la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / – une aide humaine ; / – une prothèse de membre inférieur ; / – une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / – un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / – la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / (…) ».
Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l’administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d’une personne en matière d’aide ou d’action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d’emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner les droits de l’intéressé, en tenant compte de l’ensemble des circonstances de fait qui résultent de l’instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l’article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d’annuler ou de réformer, s’il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l’intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l’administration afin qu’elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d’un contentieux portant sur une demande de carte de stationnement pour personnes handicapées ou de carte “mobilité inclusion” mention “stationnement pour personnes handicapées”, c’est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.
Il résulte de l’instruction que la demande de M. B…, né en 1960 est motivée par des douleurs résultant d’une arthrodèse postérieure L4 – L5, et des douleurs d’arthrose au niveau des membres supérieurs avec des atteintes ostéo articulaires qui altèrent de façon importante sa marche et rendent pénibles sa station debout. En outre, le docteur C… a établi par un certificat médical du 28 février 2023 ainsi que par un second certificat du 16 février 2026 que la capacité et l’autonomie de déplacement à pied de M. B… étaient réduites à un périmètre de marche de 150 mètres et qu’il ressent une difficulté à la station debout prolongée liés à une lombalgie et à une cervicalgie chronique. Dès lors, M. B… est fondé à soutenir qu’en refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion, le président du conseil départemental de la Gironde a entaché sa décision d’une erreur d’appréciation et à demander l’annulation de la décision litigieuse.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
Le présent jugement implique nécessairement qu’il soit enjoint au département de la Gironde de délivrer une CMI mention « stationnement pour personnes handicapées » pour une durée » de trois ans à M. B… dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 6 juin 2024 du président du conseil départemental de la Gironde est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au département de la Gironde de délivrer une carte mobilité inclusion mention « stationnement pour personnes handicapées » à M. A… B… pour une durée de trois ans dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A… B… et au département de la Gironde.
Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2026.
Le président-Rapporteur,
G. CORNEVAUX
La greffière,
P. GAULON
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Informatique ·
- Commissaire de justice ·
- Consultation ·
- Délai ·
- Désistement ·
- Communication ·
- Maintien ·
- Finances publiques ·
- Notification
- Logement ·
- Justice administrative ·
- Médiation ·
- L'etat ·
- Commission ·
- Décentralisation ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Aménagement du territoire ·
- Carence
- Justice administrative ·
- Cartes ·
- Conclusion ·
- Annulation ·
- Commissaire de justice ·
- Administration ·
- Sous astreinte ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Cantine ·
- Etablissement pénitentiaire ·
- Tarifs ·
- Prix ·
- Service ·
- Catalogue ·
- Différences ·
- Mode de gestion ·
- Accord-cadre ·
- Justice administrative
- Justice administrative ·
- Radiation ·
- Commissaire de justice ·
- Département ·
- Solidarité ·
- Contrat d'engagement ·
- Revenu ·
- Dépôt ·
- Action sociale ·
- Allocation
- Justice administrative ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Territoire français ·
- Vie privée ·
- Commissaire de justice ·
- Annulation ·
- Titre ·
- Refus ·
- Cartes
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunaux administratifs ·
- Justice administrative ·
- Mobilité ·
- Fonctionnaire ·
- Affectation ·
- Congé ·
- Notification ·
- L'etat ·
- Emploi ·
- Préjudice moral
- Mayotte ·
- Justice administrative ·
- Titre ·
- Décision implicite ·
- Demande ·
- Garde ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Immigration ·
- Commissaire de justice
- Justice administrative ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Territoire français ·
- Pays ·
- Destination ·
- Titre ·
- Injonction ·
- Résidence ·
- Commissaire de justice
Sur les mêmes thèmes • 3
- Mobilité ·
- Cartes ·
- Personnes ·
- Autonomie ·
- Justice administrative ·
- Recours ·
- Commissaire de justice ·
- Action sociale ·
- Critère ·
- Capacité
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- L'etat ·
- Juge des référés ·
- Décision administrative préalable ·
- Statuer ·
- Aide juridictionnelle ·
- Réfugiés ·
- Application ·
- Famille
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Décision administrative préalable ·
- Statuer ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Cartes ·
- Prolongation ·
- Urgence
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.