Rejet 27 novembre 2025
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Sur la décision
| Référence : | TA Cergy-Pontoise, 27 nov. 2025, n° 2520376 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Cergy-Pontoise |
| Numéro : | 2520376 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 3 décembre 2025 |
Sur les parties
| Parties : | centre régional des œuvres universitaires et scolaires ( CROUS ) de l' académie de Versailles |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2025, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l’académie de Versailles demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner l’expulsion de Mme B… D… C… du logement n° A06 qu’elle occupe dans la résidence universitaire « Malaquais » sise 3, avenue du Palais à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) ;
2°) d’ordonner à Mme C… de restituer les clefs du logement et de la boîte aux lettres, ainsi que de son badge d’accès ;
3°) d’enjoindre à Mme C… de quitter le logement qu’elle occupe, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de Mme C… la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la juridiction administrative est compétente ;
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que le maintien irrégulier de Mme C… dans le logement qu’elle occupe empêche un autre étudiant d’y être logé, alors que la capacité d’accueil au sein du parc de logements du CROUS de Versailles est limitée, ce qui porte atteinte au bon fonctionnement du service public ;
- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que Mme C… a été destinataire d’une décision portant abrogation de son droit d’occupation en date du 7 mai 2024, qu’elle occupe son logement sans droit ni titre depuis le 1er septembre 2024, qu’elle a été vainement mise en demeure de le quitter le 31 mars 2025 et qu’elle est débitrice envers le CROUS d’une dette de 10 038,54 euros au 31 octobre 2025, non honorée.
La requête a été communiquée à Mme C…, qui n’a pas produit d’observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 25 novembre 2025 à 15 heures.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Moinecourt, juge des référés ;
- et les observations de Mme A…, représentant le CROUS de l’académie de Versailles ;
- Mme C… n’étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
Mme B… D… C… occupe, depuis le 30 août 2022, un logement « étudiant » dans la résidence universitaire « Malaquais » sise 3, avenue du Palais à Saint-Cloud dans le département des Hauts-de-Seine, géré par le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l’académie de Versailles. Par une décision du 7 mai 2024, le directeur général du CROUS de l’académie de Versailles a prononcé l’abrogation du droit au logement de Mme C… avec effet au 1er septembre 2024, puis l’a vainement mis en demeure, par courrier du 31 mars 2025, de quitter les lieux dans un délai de quinze jours à compter de sa notification. Par la présente requête, le CROUS de l’académie de Versailles demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner l’expulsion de Mme C… du logement qu’elle occupe sans droit ni titre.
Sur la demande présentée sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
D’autre part, aux termes de l’article 2 du règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS de l’académie de Versailles : « – occupant sans droit ni titre. L’occupant qui ne dispose pas d’une décision expresse d’admission ou de renouvellement ou qui perd son droit d’occupation en cours d’année devient occupant sans droit ni titre. Son maintien illégal dans les lieux entraîne la mise en œuvre d’une procédure d’expulsion (…) ». Selon l’article 19-1 de ce même règlement : « (…) En cas de maintien dans les lieux au-delà de l’échéance de la décision initiale, le résident devient sans droit ni titre. Une mise en demeure de quitter les lieux lui est alors notifiée. Il dispose d’un délai de quinze jours à compter de la notification pour quitter les lieux (…). A défaut, le Crous saisit le juge des référés du tribunal administratif territorialement compétent d’une requête aux fins d’expulsion. ».
Il résulte de l’instruction que Mme C…, qui ne le conteste d’ailleurs pas, s’est maintenue dans le logement qu’elle occupe malgré la décision du 7 mai 2024 portant abrogation de son droit d’occupation d’un logement en résidence universitaire, motifs pris de ce qu’elle n’a pas produit les pièces justificatives au renouvellement de son droit d’occupation et qu’elle n’a pas honoré sa dette d’un montant de 318 euros à la date du 31 mars 2024, qui a atteint 10 038,54 euros au 31 octobre 2025, malgré plusieurs relances. En application des dispositions précitées du règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS de l’académie de Versailles, Mme C… occupe donc son logement sans droit ni titre depuis le 1er septembre 2024, malgré la mise en demeure de quitter les lieux qui lui a été adressée le 31 mars 2025 par pli recommandé avec accusé de réception dont elle a régulièrement été avisée le 4 avril 2025. Ainsi, la demande du directeur général du CROUS de l’académie de Versailles ne se heurte à aucune contestation sérieuse. L’urgence et l’utilité de la mesure sollicitée sont caractérisées par la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du service public dont est chargé le CROUS de l’académie de Versailles, qui se trouve empêché de disposer du logement en cause pour y loger un autre étudiant alors que sa capacité d’accueil est limitée, seule une demande sur six pouvant être satisfaite. Par suite, il y a lieu d’enjoindre à Mme C… de libérer le logement qu’elle occupe indûment, en restituant l’ensemble des clefs et badges d’accès dont il dispose, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et, à défaut, d’autoriser le directeur général du CROUS de l’académie de Versailles à procéder à son expulsion.
Sur les frais liés au litige :
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions du CROUS de l’académie de Versailles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint à Mme B… D… C… de libérer le logement n° A06 qu’elle occupe sans droit ni titre dans la résidence universitaire « Malaquais » sise 3, avenue du Palais à Saint-Cloud dans le département des Hauts-de-Seine, en restituant l’ensemble des clefs et badges d’accès dont elle dispose, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A défaut pour Mme C… de déférer à cette injonction, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l’académie de Versailles pourra faire procéder à son expulsion des lieux.
Article 2 : Les conclusions de la requête du CROUS de l’académie de Versailles sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au CROUS de l’académie de Versailles et à Mme B… D… C….
Fait à Cergy, le 27 novembre 2025.
La juge des référés,
signé
L. Moinecourt
La République mande et ordonne au ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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