Annulation 11 juin 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Châlons-en-Champagne, 3e ch., 11 juin 2025, n° 2500111 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne |
| Numéro : | 2500111 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 19 juin 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 janvier 2025 et le 27 janvier 2025,
M. B A, représenté par Me Mainnevret, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Marne de statuer expressément sur sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision attaquée n’est pas motivée.
La requête a été communiquée au préfet de la Marne, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l’instruction a été fixée au 3 mars 2025 par une ordonnance
du 15 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— le code des relations entre le public et l’administration ;
— le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Le rapport de M. Deschamps, président, a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né le 17 novembre 2001, déclare être entré en France en 2016. Il a adressé aux services de la préfecture de la Marne, une demande de titre de séjour dont il n’est pas contesté qu’elle était fondée sur l’exercice d’une activité professionnelle. Estimant que le silence gardé par le préfet de la Marne durant les quatre mois suivant la réception de cette demande avait fait naître une décision implicite de rejet de sa demande, M. A a demandé au préfet de la Marne, par courrier électronique le 19 novembre 2024, la communication des motifs de cette décision implicite. Par la présente requête, M A demande au tribunal d’annuler
la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. D’une part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet », et l’article R. 432-2 de ce code énonce que « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. ».
3. D’autre part, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d’être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l’exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () « . Aux termes de l’article L. 232-4 du même code : » Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n’est pas illégale du seul fait qu’elle n’est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l’intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu’à l’expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. Il n’est pas contesté que M. A a adressé une demande de titre de séjour en vue d’exercer une activité professionnelle par un courrier reçu le 17 janvier 2024 par les services
de la préfecture de la Marne. Il n’est pas non plus contesté que le dossier de cette demande était complet. Dans ces conditions, et en application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du même code, une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour de M. A est née le 17 mai 2024 du silence gardé par le préfet de la Marne. Le 19 novembre 2024, le requérant a demandé au préfet de la Marne, par courrier électronique, la communication des motifs
de la décision implicite de rejet, et il n’a pas été répondu à cette demande. Faute d’accusé de réception de celle-ci, le délai de recours contre cette décision implicite n’a pas commencé à courir. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que, en méconnaissance des dispositions précitées de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration, la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est entachée d’un défaut de motivation.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite rejetant la demande de titre de séjour présentée par M. A doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d’injonction :
6. Eu égard au motif d’annulation, l’exécution du présent jugement implique que la demande de titre de séjour présentée par M. A soit réexaminée. Il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Marne de procéder à ce réexamen par une décision explicite qui interviendra dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
8. Dans les circonstances de l’espèce de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Dès lors qu’aucune demande d’aide juridictionnelle n’a été adressée
à la juridiction, cette somme sera versée à M. A, et non à son conseil.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet de la Marne a rejeté la demande de titre de séjour de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Marne de statuer par une décision explicite sur la demande de M. A dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L’Etat versera à M. A la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Marne.
Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.
Délibéré après l’audience du 21 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
Mme Alibert, première conseillère,
M. Amelot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2025.
L’assesseure la plus ancienne
dans l’ordre du tableau,
B. ALIBERT
Le président-rapporteur,
A. DESCHAMPS
Le greffier,
A. PICOT
La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre
les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Juge des référés ·
- Décision administrative préalable ·
- Statuer ·
- Injonction ·
- Titre ·
- L'etat ·
- Demande ·
- Droit d'asile
- Justice administrative ·
- Algérie ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Commissaire de justice ·
- Suspension ·
- Handicap ·
- Légalité ·
- Voyage ·
- État
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Aide juridictionnelle ·
- Carte de séjour ·
- Juge des référés ·
- Titre ·
- Liberté fondamentale ·
- Travail ·
- Étranger ·
- Droit d'asile
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Détachement ·
- Fonction publique ·
- Commune ·
- Fonctionnaire ·
- Maire ·
- Licenciement ·
- Justice administrative ·
- Retrait ·
- Administration ·
- Période d'essai
- Territoire français ·
- Commissaire de justice ·
- Annulation ·
- Pays ·
- Destination ·
- Interdit ·
- Justice administrative ·
- Manifeste ·
- Père ·
- Public
- Territoire français ·
- Pays ·
- Asile ·
- Guinée ·
- Liberté fondamentale ·
- Étranger ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Illégalité ·
- Stipulation
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Courrier ·
- Maintien ·
- Délai ·
- Enseignement supérieur ·
- Conclusion ·
- Réception ·
- Donner acte
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Délai ·
- Police ·
- Consultation ·
- Électronique ·
- Réception ·
- Naturalisation ·
- Donner acte
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Finances publiques ·
- Désistement ·
- Réception ·
- Délai ·
- Maintien ·
- Consultation ·
- Donner acte ·
- Confirmation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Réseau ·
- Germain ·
- Justice administrative ·
- Désistement ·
- Désignation ·
- Expert ·
- Propriété privée ·
- Travaux publics ·
- Acte ·
- Tribunaux administratifs
- Médiation ·
- Commission ·
- Justice administrative ·
- Recours ·
- Habitation ·
- Département ·
- Logement-foyer ·
- Logement social ·
- Décision implicite ·
- Urgence
- Commune ·
- Traitement ·
- Maire ·
- Recette ·
- Suspension ·
- Justice administrative ·
- Intérêt ·
- Fonction publique ·
- Titre ·
- Rémunération
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.