Rejet 25 mars 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Lille, juge unique (2), 25 mars 2025, n° 2308964 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Lille |
| Numéro : | 2308964 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 12 juillet 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 11 octobre 2023 et 21 novembre 2023, Mme B A demande au tribunal d’annuler la décision du 28 septembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a rejeté son recours préalable obligatoire formé contre la décision du 8 juin 2023 lui refusant le bénéfice de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».
Elle soutient que :
— elle bénéficie d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ;
— elle a des difficultés à marcher en raison de ses problèmes de santé.
Par des pièces et un mémoire en défense, enregistrés les 24 octobre 2023 et 27 mai 2024, le département du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que Mme A ne remplit pas les conditions d’attribution de cette carte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’action sociale et des familles ;
— l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lemée, conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Le rapport de M. Lemée a été entendu au cours de l’audience publique.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a sollicité l’attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » le 31 mars 2023. Le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a rejeté sa demande le 8 juin 2023. Le 8 août 2023, Mme A a formé un recours administratif préalable obligatoire à l’encontre de cette décision. Par une décision du 28 septembre 2023, le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a maintenu sa décision. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d’annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. D’une part, aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I.-La carte » mobilité inclusion « destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention » stationnement pour personnes handicapées « est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. () ». Aux termes de l’article L. 241-6 du même code : « I.-La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est compétente pour : () 3° Apprécier : / a) Si l’état ou le taux d’incapacité de la personne handicapée justifie l’attribution, pour l’enfant ou l’adolescent, () de la carte » mobilité inclusion " mentionnée à l’article L. 241-3 du présent code ; () « . Enfin, aux termes de l’article R. 241-12-1 de ce code : » I.-La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l’article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l’équipe pluridisciplinaire mentionnée à l’article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d’évaluer sa capacité de déplacement. () IV.-Pour l’attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées », un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur. () ".
3. D’autre part, aux termes de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / – la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / – la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / – une aide humaine ; / – une prothèse de membre inférieur ; – une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / – un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / – la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. () 3. Dispositions communes : / La réduction de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied ou le besoin d’accompagnement doit être définitif ou d’une durée prévisible d’au moins un an pour attribuer la mention « stationnement pour personnes handicapées » de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n’est cependant pas nécessaire que l’état de la personne soit stabilisé. / Lorsque les troubles à l’origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d’attribution de cette carte tient compte de l’évolutivité potentielle de ceux-ci ".
4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Il résulte des dispositions précitées que l’obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » est subordonnée à la démonstration d’une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à
200 mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
6. Pour demander l’annulation de la décision lui refusant l’attribution d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement », Mme A fait valoir qu’elle bénéficie d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et qu’il lui est très difficile de marcher lors des crises provoquées par la maladie de Ménière dont elle est atteinte. Cependant, il résulte de l’instruction, notamment du certificat médical annexé à sa demande, établi le 24 mars 2023 par un médecin généraliste, que Mme A a un périmètre de marche illimité et qu’elle n’a pas besoin d’aide technique ou humaine lors de ses déplacements et qu’elle marche et se déplace aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur sans difficulté et sans aucune aide même si, en fonction de ses symptômes, son périmètre de marche peut être réduit et des pauses peuvent être nécessaires. L’intéressée ne produit aucun autre certificat médical contredisant ces constats. Ainsi, il ne résulte pas de l’instruction que Mme A, alors même qu’elle bénéficie d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, souffrirait d’une déficience physique ayant pour effet de réduire de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied sur une distance inférieure à 200 mètres, ni qu’elle aurait l’obligation de recourir systématiquement pour ses déplacements extérieurs à une aide humaine, un appareillage, un véhicule pour personnes handicapées ou une oxygénothérapie ou qu’elle souffrirait d’une altération de ses fonctions mentales, cognitives, psychiques ou sensorielles imposant qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans tous ses déplacements. Dans ces conditions, Mme A n’établit pas remplir les conditions posées par l’arrêté du 3 janvier 2017 permettant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 28 septembre 2023 du président du conseil départemental du Pas-de-Calais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Pas-de-Calais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
M. Lemée
Le greffier,
Signé
A. Dewière
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Construction ·
- Justice administrative ·
- Public ·
- Finances publiques ·
- Taxes foncières ·
- Département ·
- Bâtiment ·
- Propriété ·
- Commissaire de justice ·
- Or
- Admission exceptionnelle ·
- Territoire français ·
- Pays ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Destination ·
- Illégalité ·
- Vie privée ·
- Liberté fondamentale ·
- Départ volontaire
- Justice administrative ·
- Commune ·
- Conclusion ·
- Licenciement ·
- Maire ·
- Fins de non-recevoir ·
- Défense ·
- Fonction publique ·
- Annulation ·
- Décret
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Suspension ·
- Congés maladie ·
- Annulation ·
- Commissaire de justice ·
- Copie ·
- Mesures d'urgence ·
- Exécution ·
- Garde des sceaux
- Territoire français ·
- Carte de séjour ·
- Justice administrative ·
- Pays ·
- Destination ·
- Création d'entreprise ·
- Recherche d'emploi ·
- Autorisation provisoire ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers
- Justice administrative ·
- Exécution ·
- Jugement ·
- Astreinte ·
- Commissaire de justice ·
- Délai ·
- Tribunaux administratifs ·
- Retard ·
- Notification ·
- L'etat
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Ville ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Juge des référés ·
- Logement ·
- Loyer ·
- Île-de-france ·
- Habitat ·
- Acte
- Regroupement familial ·
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Statuer ·
- Immigration ·
- Commissaire de justice ·
- Demande ·
- Rejet ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers
- Militaire ·
- Sanction disciplinaire ·
- Justice administrative ·
- Radiation ·
- Violence conjugale ·
- Suspension ·
- Armée de terre ·
- Résiliation ·
- Peine ·
- Violence
Sur les mêmes thèmes • 3
- Communauté de communes ·
- Justice administrative ·
- Insuffisance professionnelle ·
- Urgence ·
- Légalité ·
- Maladie ·
- Congé ·
- Indemnités de licenciement ·
- Suspension ·
- Bénéfice
- Tribunaux administratifs ·
- Justice administrative ·
- Territoire français ·
- Pays ·
- Lieu de résidence ·
- Compétence du tribunal ·
- Union européenne ·
- Juridiction administrative ·
- Conseil d'etat ·
- Droit d'asile
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Demande ·
- Délai ·
- Séjour des étrangers ·
- Commissaire de justice ·
- Titre ·
- Concubinage ·
- Décision administrative préalable
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.