Rejet 29 mars 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Mayotte, 29 mars 2026, n° 2601227 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Mayotte |
| Numéro : | 2601227 |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 21 avril 2026 |
Sur les parties
| Avocat(s) : |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2026, Mme B… A… demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et de désigner un avocat commis d’office ;
2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 28 mars 2026 du préfet de Mayotte portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;
3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de trois mois et dans l’attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) le cas échéant en cas d’exécution de la mesure d’éloignement, d’enjoindre au préfet de Mayotte d’organiser son retour sur le territoire dans un délai de huit jours sous astreinte de 300 euros par jour à compter de la notification de l’ordonnance.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie en raison de la rétention administrative dont elle fait l’objet et du caractère exécutoire de l’obligation de quitter le territoire ;
- l’arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie privée et familiale normale ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme B… A… née le 2 novembre 2005 de nationalité comorienne, a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire sans délai assortie d’un interdiction d’y revenir pendant un an et a été placé au centre de rétention administrative, à la suite d’un contrôle de police lors duquel elle n’a pu justifier de la régularité de son séjour. Par sa requête présentée sur le fondement de l’article L521-2 du code de justice administrative, elle demande au juge des référés de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte l’obligeant à quitter le territoire français sans délai.
Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…) ». Enfin l’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. »
Mme A… soutient être arrivée en France avant l’âge de 13 ans, y avoir été scolarisée. Elle produit un certificat de scolarité établi en 2019 regroupant les années 2012 à 2015 et des certificats de scolarité pour les années de lycée jusqu’en 2022-2023, certains étant corroborés par des bulletins de notes. Toutefois en l’absence d’autre élément, elle n’établit pas de manière probante l’ancienneté ni la stabilité de sa présence sur le territoire, étant observé que la notification de l’arrêté attaqué a été faite par l’intermédiaire d’un interprète en langue comorienne. Quant à la vie privée et familiale dont elle se prévaut, elle se borne à produire des documents de séjour de frères et sœurs avec lesquels elle démontre d’autant moins avoir de relations suivies que, contrairement à ce qu’elle indique elle n’est pas bénévole à l’association Les Apprentis d’Auteuil, mais bénéficie d’une prise en charge récente, datant de 2026, attestant justement l’absence d’étayage familial. Dans ces conditions elle n’est manifestement pas fondée à soutenir que l’arrêté contesté porterait une atteinte grave et manifestement illégale à la vie privée et familiale dont il se prévaut. Par suite, l’ensemble des conclusions de la requête peut être rejeté sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président. / (…) ». Toutefois, l’article 7 de cette loi énonce : « L’aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l’action n’apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive (…) ».
Il résulte de ces dispositions que, la requête de Mme A… étant dénuée de fondement, sa demande d’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B… A… et au préfet de Mayotte.
Copie au ministre de l’intérieur.
Fait à Mamoudzou, le 29 mars 2026.
Le juge des référés,
N.TOMI
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Outre-mer ·
- Visa ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Recours administratif ·
- Maroc ·
- Acte ·
- Tribunaux administratifs ·
- Droit commun
- Naturalisation ·
- Recours administratif ·
- Décret ·
- Nationalité française ·
- Ajournement ·
- Justice administrative ·
- Réintégration ·
- Insertion professionnelle ·
- Commissaire de justice ·
- Recours
- Commune ·
- Conseil municipal ·
- Justice administrative ·
- Trêve ·
- Maire ·
- Collectivités territoriales ·
- Propos ·
- Publication ·
- Liberté d'expression ·
- Liberté d'opinion
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Mayotte ·
- Commissaire de justice ·
- Timbre ·
- Terme ·
- Tribunaux administratifs ·
- Juridiction ·
- Droit commun ·
- Pourvoir ·
- Conclusion
- Université ·
- Côte ·
- Justice administrative ·
- Suspension ·
- Urgence ·
- Légalité ·
- Juge des référés ·
- Sanction ·
- Sérieux ·
- Procédure disciplinaire
- Mayotte ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Union des comores ·
- Communication ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Informatique ·
- Territoire français ·
- Notification
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Territoire français ·
- Interdiction ·
- Suspension ·
- Algérie ·
- Juge des référés ·
- Légalité ·
- Éloignement ·
- Commissaire de justice
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Demande ·
- Juridiction ·
- Administration ·
- Saisie ·
- Terme ·
- Tribunaux administratifs ·
- Comptes bancaires ·
- Voies de recours
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Territoire français ·
- Justice administrative ·
- Pays ·
- Liberté fondamentale ·
- Vie privée ·
- Refus ·
- Liberté ·
- Convention européenne
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Demande ·
- Autorisation de travail ·
- Juge des référés ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Commissaire de justice ·
- Urgence ·
- Référé
- Recours gracieux ·
- Décret ·
- Ingénieur ·
- Mer ·
- Fonction publique ·
- Montant ·
- Fonctionnaire ·
- Service ·
- Travaux publics ·
- Indemnité
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Maintien ·
- Ordonnance ·
- Désistement ·
- Conclusion ·
- Vacation ·
- Délai ·
- Réception ·
- Acte
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.