Rejet 31 juillet 2025
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Sur la décision
| Référence : | TA Montpellier, 31 juil. 2025, n° 2505580 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Montpellier |
| Numéro : | 2505580 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 2 août 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2025 et un bordereau de pièces enregistré le 30 juillet 2025, M. A Revilliod demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l’avenant de transfert du contrat de délégation de service public conclu entre la ville d’Agde et la SODEAL ;
2°) d’enjoindre à la commune d’Agde de ne pas procéder à la mise en œuvre de cet avenant.
Il soutient que :
— l’urgence est caractérisée : l’exécution de l’avenant prend effet au 1er juin 2025 et entraîne à cette date le transfert de la gestion des ports de la commune à la commune d’Agde, mettant en péril les droits des usagers, cocontractants et victimes. ;
— il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : le document portant transfert de responsabilités n’est pas signé, est entaché d’une clause de non-reprise du passif et des obligations antérieures, ne se réfère pas clairement à sa date de prise d’effet et ne lui a pas été communiqué ; l’avenant contesté porte atteinte au principe de continuité du service public, à la responsabilité de l’autorité délégante et aux droits des tiers ; le maintien d’un différentiel tarifaire plus élevé sur le prix des places de port entraîne un prejudice économique immédiat et injustifié.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. Revilliod, conseiller portuaire, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’avenant de transfert conclu entre la ville d’Agde et la SODEAL dans le cadre de la gestion et de l’exploitation du port du Cap d’Agde.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ». Aux termes de l’article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique () ». Aux termes enfin de l’article L 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L.522-1 ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.
4. M. Revilliod, pour démontrer l’urgence qu’il y aurait à suspendre l’exécution de l’avenant contesté, fait valoir que celui-ci doit prendre effet au 1er juin 2025 et entraîne à cette date le transfert de la gestion des ports de la commune à la commune d’Agde, mettant en péril les droits des usagers, cocontractants et victimes. Cependant, les circonstances ainsi alléguées par M. Revilliod ne suffisent pas à constituer des circonstances particulières permettant de caractériser la nécessité pour celui-ci de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Dès lors, en l’état de l’instruction, il n’apparaît pas que la situation du requérant revêtirait ainsi le caractère d’une situation d’urgence, au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision qu’il conteste soit suspendue. Par suite, la condition d’urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions de la requête présentées par M. Revilliod sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en ce compris ses conclusions à fin d’injonction.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. Revilliod est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A Revilliod.
Fait à Montpellier, le 31 juillet 2025.
Le juge des référés,
J. Charvin
La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 juillet 2025.
La greffière,
A. Farrel
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