Annulation 26 février 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Nice, 3e ch., 26 févr. 2025, n° 2403428 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Nice |
| Numéro : | 2403428 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, Mme A D, représentée par Me Almairac, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 17 avril 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Almairac en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, laquelle renonce par avance à percevoir la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
— l’arrêté litigieux est entaché d’un défaut de motivation ;
— il est entaché d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation ;
— il est entaché d’une erreur de droit en ce que le préfet des Alpes-Maritimes a fondé sa décision sur les dispositions de l’article L. 412-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— il est entaché d’une erreur de droit en ce que le préfet des Alpes-Maritimes s’est estimé lié par l’avis du collège des médecin de l’office français de l’immigration et de l’intégration ;
— il est entaché de plusieurs erreurs de fait ;
— il méconnaît les dispositions des articles L. 423-23, L. 423-7, L. 425-9 et L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
— il méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
— il méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
— il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
— il méconnaît la circulaire Valls.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Mme D a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2024 du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— la convention internationale des droits de l’enfant ;
— le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— la loi du 10 juillet 1991 ;
— le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
— le rapport de Mme Sorin, présidente-rapporteure ;
— et les observations de Me Almairac, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante comorienne né le 21 octobre 1992, a sollicité auprès du préfet des Alpes-Maritimes, la délivrance d’un titre de séjour en sa qualité de parent d’un enfant malade par une demande déposée le 13 mars 2023. Par un arrêté du 17 avril 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme D demande l’annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. Aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ». Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l’appui d’un recours pour excès de pouvoir, que, dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, l’autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l’intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
3. Il ressort des pièces du dossier que la requérante entretient une relation avec M. B C, ressortissant français, avec qui elle a eu un enfant né le 27 septembre 2023. Le concubin de la requérante ayant vocation à rester en France, il est constant que le refus de titre de séjour opposé à l’intéressée pourrait avoir pour effet de priver leur fils, au demeurant de nationalité française, de l’un de ses parents, lesquels sont de nationalités différentes. Par suite, dans les circonstances de l’espèce, le refus de titre de séjour opposé à Mme D porte atteinte à l’intérêt supérieur de son plus jeune fils, en méconnaissance de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme D est fondée à demander l’annulation de l’arrêté du 17 avril 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions aux fins d’injonction :
5. Eu égard au motif d’annulation retenu, le présent jugement implique qu’il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme D un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois suivant sa notification. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 900 euros à verser à Me Almairac sur le fondement des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 17 avril 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme D un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L’Etat versera à Me Almairac la somme de 900 (neuf cents) euros en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Almairac et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nice.
Délibéré après l’audience du 29 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
— Mme Sorin, présidente,
— Mme Raison, première conseillère,
— M. Loustalot-Jaubert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025
La présidente-rapporteure, L’assesseure la plus ancienne,
Signé Signé
G. Sorin L. Raison
La greffière,
Signé
S. Genovese
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Décision implicite ·
- Urgence ·
- Renouvellement ·
- Justice administrative ·
- Aide juridictionnelle ·
- Délai ·
- Suspension ·
- Juge des référés ·
- Légalité ·
- Autorisation provisoire
- Délibération ·
- Métropole ·
- Justice administrative ·
- Périmètre ·
- Parcelle ·
- Urbanisme ·
- Commission permanente ·
- Recours ·
- Conseil municipal ·
- Collectivités territoriales
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Décision implicite ·
- Urgence ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Commissaire de justice ·
- Plateforme ·
- Prolongation ·
- Décision administrative préalable
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- École supérieure ·
- Protection fonctionnelle ·
- Commissaire de justice ·
- Coopération culturelle ·
- Injonction ·
- Bénéfice ·
- Décision implicite ·
- Santé mentale ·
- Etablissement public
- Taxes foncières ·
- Administration fiscale ·
- Contribuable ·
- Impôt ·
- Propriété ·
- Cotisations ·
- Associé ·
- Exonérations ·
- Remise ·
- Immeuble
- Droit au logement ·
- Justice administrative ·
- Associations ·
- Commissaire de justice ·
- Légalité externe ·
- Recours contentieux ·
- Conseil municipal ·
- Réhabilitation ·
- Commune ·
- Illégalité
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Apostille ·
- Naturalisation ·
- Justice administrative ·
- Canada ·
- Demande ·
- Commissaire de justice ·
- Nationalité ·
- Excès de pouvoir ·
- Tribunaux administratifs ·
- Imposition
- Justice administrative ·
- Habitat ·
- Sociétés ·
- Désistement d'instance ·
- Communication de document ·
- Action ·
- Entreprise ·
- Renonciation ·
- Commissaire de justice ·
- Acte
- Asile ·
- Etats membres ·
- Suisse ·
- Transfert ·
- Règlement (ue) ·
- Pays ·
- Responsable ·
- Liberté fondamentale ·
- Examen ·
- Étranger
Sur les mêmes thèmes • 3
- Gauche ·
- Service ·
- Justice administrative ·
- Hôpitaux ·
- État antérieur ·
- Recours gracieux ·
- Consultation ·
- Radiographie ·
- Fonctionnaire ·
- Lésion
- Logement ·
- Justice administrative ·
- Médiation ·
- L'etat ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Carence ·
- Commission ·
- Décentralisation ·
- Loyer
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Statuer ·
- Injonction ·
- Titre ·
- Annulation ·
- L'etat ·
- Lieu ·
- Ordonnance ·
- Charges
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.