Rejet 13 mars 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 3e sect. - 2e ch. - r.222-13, 13 mars 2025, n° 2400055 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2400055 |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Blondel, demande au tribunal :
1°) de condamner l’État à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l’État le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Il soutient que :
— la responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation dès lors qu’il n’a reçu aucune offre de relogement alors qu’il a été reconnu prioritaire par une décision de la commission de médiation du 27 octobre 2022 ;
— il subit des troubles dans ses conditions d’existence et un préjudice moral du fait de la carence fautive de l’État à le reloger.
La requête a été communiquée au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris qui n’a pas produit d’observations en défense.
Par une lettre du 21 janvier 2025, le tribunal a demandé au requérant de produire la décision du bureau d’aide juridictionnelle qui a été prise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de la construction et de l’habitation ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Armoët en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Armoët a été entendu au cours de l’audience publique.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la responsabilité de l’Etat :
1. Lorsqu’une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d’urgence par une décision d’une commission de médiation en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, la carence fautive de l’État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l’égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d’existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l’intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l’État prévu par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l’État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l’État, qui court à compter de l’expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l’article R. 441-16-1 du code de la construction et de l’habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
2. Il résulte de l’instruction que M. A, qui a présenté une demande sur le fondement de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement répondant à ses besoins et ses capacités par une décision du 27 octobre 2022 de la commission de médiation du département de Paris, valant pour une personne, au motif qu’il était dépourvu de logement. Il est cependant constant que le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris n’a pas proposé à M. A un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l’habitation à compter de l’édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’État à l’égard de M. A à compter du 27 avril 2023.
Sur le préjudice :
3. Il est constant que la situation qui a motivé la décision de la commission de médiation perdure, M. A étant toujours dépourvu de logement. Dans ces conditions, compte tenu de ces conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l’État, et de la durée de cette carence, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par M. A dans ses conditions d’existence, y compris de son préjudice moral, en lui allouant une somme de 1 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
4. Dès lors que M. A n’est pas bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, ses conclusions présentées sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique doivent être rejetées. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L’État est condamné à verser à M. A une somme de 1 000 euros.
Article 2 : L’Etat versera à M. A la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre chargée du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2025.
La magistrate désignée,
E. ArmoëtLa greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Territoire français ·
- Système d'information ·
- Interdiction ·
- Kosovo ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Durée ·
- Règlement (ue) ·
- Justice administrative ·
- Parlement européen
- Décision implicite ·
- Justice administrative ·
- Renouvellement ·
- Prolongation ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Aide juridictionnelle ·
- Rejet ·
- Titre ·
- Demande
- Mayotte ·
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Légalité ·
- Comores ·
- Suspension ·
- Sérieux ·
- Délai ·
- Territoire français
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Assurance chômage ·
- Justice administrative ·
- Travail ·
- Allocation ·
- Aide au retour ·
- Emploi ·
- Commissaire de justice ·
- Agence ·
- Juridiction administrative ·
- Aide
- Solidarité ·
- Revenu ·
- Amende ·
- Département ·
- Fausse déclaration ·
- Recette ·
- Titre exécutoire ·
- Justice administrative ·
- Avis ·
- Action sociale
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Délai ·
- Juge des référés ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Délivrance ·
- Demande ·
- Commissaire de justice ·
- Prolongation
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Infraction ·
- Retrait ·
- Permis de conduire ·
- Route ·
- Information ·
- Amende ·
- Justice administrative ·
- Titre exécutoire ·
- Contravention ·
- Réclamation
- Valeur ajoutée ·
- Chiffre d'affaires ·
- Justice administrative ·
- Rémunération ·
- Salaire ·
- Titre ·
- Impôt ·
- Procédures fiscales ·
- Assujettissement ·
- Contrôle fiscal
- Justice administrative ·
- Admission exceptionnelle ·
- Décision implicite ·
- Autorisation de travail ·
- Demande ·
- Urgence ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Légalité ·
- Délai
Sur les mêmes thèmes • 3
- Centre hospitalier ·
- Justice administrative ·
- Décès ·
- Titre ·
- Santé ·
- Victime ·
- Solidarité ·
- Préjudice ·
- Établissement ·
- Dommage
- Justice administrative ·
- Prolongation ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Décision implicite ·
- Commissaire de justice ·
- Aide juridique ·
- Attestation ·
- Légalité ·
- Aide juridictionnelle
- Militaire ·
- Garde des sceaux ·
- Reprise d'ancienneté ·
- Administration pénitentiaire ·
- Décision implicite ·
- Défense ·
- Armée ·
- Cadre ·
- Service ·
- Surveillance
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.