Rejet 20 octobre 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 20 oct. 2025, n° 2522842 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2522842 |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Rejet moyen (Art R.222-1 al.7) |
| Date de dernière mise à jour : | 25 octobre 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2025, Mme A… B… demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 14 mai 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales (CAF) de Paris a rejeté sa demande de remise de dette de prime d’activité d’un montant de 2 388,44 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre le recouvrement jusqu’à l’examen complet du dossier ;
3°) d’enjoindre à la CAF de lui communiquer l’intégralité des éléments de calcul du trop-perçu mis à sa charge.
Elle soutient que :
elle n’a reçu aucun document justifiant de manière détaillée le calcul du trop-perçu ni les bases exactes de la décision mettant à sa charge un indu, en méconnaissance de l’article L. 122-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
elle est de bonne foi et a le droit à l’erreur, l’indu en cause trouvant son origine dans un oubli de déclaration des revenus de l’un de ses enfants et dans la méconnaissance de l’obligation de déclaration de ces revenus dans le cadre de la demande de prime d’activité ;
elle se trouve actuellement dans une situation financière précaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7º Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. (…). ».
Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ».
Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d’activité est récupéré par l’organisme chargé de son service. (…) La créance peut être remise ou réduite par l’organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration. ».
Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
D’une part, dans sa requête, Mme B… soutient que l’indu mis à sa charge résulte d’un oubli de déclaration des revenus de l’un de ses enfants et de la méconnaissance de l’obligation de déclarer ces revenus et que la caisse d’allocations familiales (CAF) ne lui a pas communiqué les bases et le détail du calcul de cet indu. Toutefois, une décision statuant sur une demande de remise de dette présentée par un bénéficiaire de la prime d’activité ne trouve pas sa base légale dans la décision de récupération de cet indu et n’est pas davantage prise pour son application. Par suite, ledit bénéficiaire contestant le rejet de sa demande de remise de dette ne peut utilement exciper, à l’appui de ses conclusions tendant à l’annulation de la décision portant rejet de sa demande de remise de dette, de l’illégalité de la décision de récupération. Dès lors, les moyens invoqués par Mme B… tirés de sa méconnaissance des obligations déclaratives du bénéficiaire d’une prime d’activité et de la non communication par la CAF du détail du calcul de la dette en cause présentent le caractère de moyens inopérants qui n’ont aucune incidence sur la légalité de la décision litigieuse statuant sur sa demande de remise de dette. D’autre part, si Mme B… soutient se trouver dans une situation financière précaire et percevoir une allocation de retour à l’emploi, elle n’établit pas sa situation de précarité financière en l’absence de production de l’ensemble des pièces relatives à la situation financière de son foyer. Ainsi, Mme B…, à supposer la condition de bonne foi remplie, ne met pas le tribunal en mesure d’apprécier son éventuelle situation de précarité. Le greffe du tribunal a invité Mme B… à régulariser sa requête, en application des dispositions de l’article R. 772-6 précité du code de justice administrative, dans un délai de quinze jours, par un courrier recommandé avec avis de réception en date du 8 août 2025. Dans ce courrier, le greffe l’a invitée à fournir tous les éléments prouvant sa bonne foi et les justificatifs de l’intégralité des ressources et des charges actuelles de son foyer en l’informant des conséquences de son éventuelle carence. Ce courrier a été retourné au tribunal avec la mention apposée par les services postaux « Pli avisé et non réclamé ». Mme B… n’a pas procédé à la régularisation demandée dans le délai imparti de quinze jours, ni même à la date de la présente ordonnance.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B… ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A… B….
Fait à Paris, le 20 octobre 2025.
La vice-présidente de la 6e section,
S. Marzoug
La République mande et ordonne au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Médiation ·
- Hébergement ·
- Commission ·
- Logement-foyer ·
- Structure ·
- Décentralisation ·
- Aide juridictionnelle ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Aménagement du territoire
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Cartes ·
- Renouvellement ·
- Étranger ·
- Suspension ·
- Demande ·
- Légalité ·
- Titre ·
- Droit d'asile
- Territoire français ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Justice administrative ·
- Annulation ·
- Espace schengen ·
- Commissaire de justice ·
- Obligation ·
- Légalité ·
- Langue
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Autorisation provisoire ·
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Retrait ·
- Cartes ·
- Suspension ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile
- Médiation ·
- Logement social ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Décentralisation ·
- Commission ·
- Aménagement du territoire ·
- Commissaire de justice ·
- Île-de-france ·
- Logement-foyer
- Autorisation provisoire ·
- Territoire français ·
- Pays ·
- Enfant ·
- Justice administrative ·
- Liberté fondamentale ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile ·
- Convention européenne
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Irrecevabilité ·
- Commissaire de justice ·
- Régularisation ·
- Délai ·
- Hôpitaux ·
- Auteur ·
- Prothése ·
- Demande ·
- Citoyen
- Justice administrative ·
- Recours administratif ·
- Mobilité ·
- Action sociale ·
- Cartes ·
- Commissaire de justice ·
- Famille ·
- Personnes ·
- Auteur ·
- Adolescent
- Territoire français ·
- Aide juridictionnelle ·
- Départ volontaire ·
- Sous astreinte ·
- Annulation ·
- Pays ·
- Injonction ·
- Commissaire de justice ·
- Destination ·
- Bénéfice
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Carte de séjour ·
- Commissaire de justice ·
- Juge des référés ·
- Décision administrative préalable ·
- Sous astreinte ·
- Statuer ·
- Injonction ·
- Conclusion ·
- Demande
- Justice administrative ·
- Décret ·
- Commissaire de justice ·
- Journal officiel ·
- Légalité externe ·
- Administration centrale ·
- Exclusion ·
- Police nationale ·
- Sanction ·
- Délégation de signature
- Éducation nationale ·
- Justice administrative ·
- Enseignement supérieur ·
- Tribunaux administratifs ·
- Jeunesse ·
- Statuer ·
- Recherche ·
- Injonction ·
- Annulation ·
- L'etat
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.